Weil demande à Ottawa d’assumer ses responsabilités

À Montréal, mercredi, des demandeurs d’asile ont fait la queue devant les nouveaux locaux du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile pour y remplir les documents nécessaires à leur requête.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À Montréal, mercredi, des demandeurs d’asile ont fait la queue devant les nouveaux locaux du Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile pour y remplir les documents nécessaires à leur requête.

La ministre de l’Immigration Katlheen Weil demande à Ottawa d’ouvrir son propre centre d’hébergement et d’accélérer l’octroi des permis de travail pour les demandeurs d’asile.

Mme Weil s’inquiète des conséquences des délais de traitement des requêtes des réfugiés et a demandé mercredi au gouvernement fédéral d’agir rapidement.

« On continue à faire pression. C’est difficile pour nous d’évaluer [les délais], parce que la machine gouvernementale fédérale est énorme. Il y a plusieurs paliers de validation, mais ils sont à l’écoute de toutes nos demandes et sont très sensibles », a-t-elle expliqué.

La ministre de l’Immigration du Québec réclame la mise sur pied d’un grand centre d’hébergement temporaire du fédéral qui servirait avant que les personnes soient transférées dans les centres d’accueil du Québec.

« Ottawa est responsable du traitement des demandes d’asile, et en partie responsable de l’accueil des personnes qui arrivent à la frontière », a-t-elle expliqué. « Lorsqu’on a un excédent de personnes, et qu’on ne peut les accueillir, c’est à eux de prendre la relève. »

Mme Weil souhaite également que les demandeurs d’asile obtiennent plus rapidement un permis de travail.

« Ces gens-là veulent travailler. […] C’est important d’accélérer le traitement », a-t-elle fait valoir.

Avant d’obtenir ce droit, les réfugiés doivent d’abord voir leur demande d’asile être jugée recevable.

Cette requête était jusqu’à tout récemment traitée sur-le-champ par les agents des services frontaliers.

Actuellement, le délai pourrait atteindre jusqu’à sept mois, confirme la ministre canadienne du Développement international, Marie-Claude Bibeau.

La ministre Bibeau assure être sensible à la « situation exceptionnelle » vécue au Québec à la suite de l’arrivée massive d’immigrants haïtiens.

Elle refuse de parler de crise et assure collaborer avec le gouvernement provincial.

« [La ministre Weil] partage à haute voix une demande qui est déjà en discussion. La collaboration est là et on tente d’être le plus efficace possible », a-t-elle fait valoir en entrevue avec Le Devoir.

Mme Bibeau a rappelé que du renfort a été envoyé aux agents des services frontaliers. Elle n’a toutefois pas précisé le nombre de ressources supplémentaires.

Les partis d’opposition autant au fédéral qu’au provincial continuent à dénoncer la gestion de l’arrivée massive de réfugiés.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a lui aussi demandé à Ottawa d’ajouter « du personnel pour étudier plus rapidement les dossiers ».

Il a aussi appelé Philippe Couillard à informer davantage les demandeurs d’asile qui traversent la frontière : « Qu’on leur dise qu’en majorité ces personnes-là ne se qualifient pas. » Le nombre d’immigrants et de réfugiés reçus par Québec dépasse selon lui la capacité d’intégration de la province.

La chef du Bloc québécois, qui est aussi députée à l’Assemblée nationale, Martine Ouellet, a accusé le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau d’être un « marchand d’illusion ».

Elle demande à Ottawa de suspendre temporairement l’Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis pour éviter deux systèmes en parallèle.

Cette entente signée entre le Canada et les États-Unis prévoit que les réfugiés doivent présenter une demande dans le premier des deux pays où ils sont arrivés. Un individu se présentant à un poste frontalier régulier en provenance des États-Unis pour revendiquer la protection du Canada sera ainsi immédiatement refoulé. Or, cette entente ne s’applique pas à ceux qui traversent la frontière de manière irrégulière, d’où l’affluence sur le chemin Roxham depuis la fin 2016.

9 commentaires
  • Lise Bélanger - Abonnée 17 août 2017 07 h 44

    Le Québec n'a même pas la possibilité de faire respecter l'intégrité de son territoire. De plus, le Québec doit assumer les frais du non respect du Canada de ses ropres lois. Le Canada nous traite comme une communauté ou province qu'il peut ignorer quand ça lui tente.

    Il me semble que l'indépendance du Québec s'impose.

    • Jean Gadbois - Inscrit 17 août 2017 08 h 53

      Mme. Bélanger, l'indépendance du Québec?
      Le Québec n'a pas les moyens financiers, culturels et sociaux pour faire l'indépendance et n'en veut pas (deux fois plutôt qu'une). Il n'a ni l'esprit d'entrepreneurship, le flair du commerce, s'embourbe dans l'organisation socio-politique de ses infrastructures, méprise ses intellectuels, accepte de voir la françisation de son territoire se réduire comme peau de chagrin, massacre sa propre langue, déboulonne son système de santé et d'éducation et plonge de plein pied dans la sur-consommation, le juste pour rire, le divertissement, le narcissisme et l'implosion du repli sur soi, vote pour les partis de droite de Trudeau et de Couillard, veut magasiner et qu'on ne lui parle plus de souveraineté.
      Il a bien d'autres chats à fouetter. Deuxième province la plus pauvre au Canada, une chance que le fédéral est là pour encadrer sa propre désorganisation dans toutes les facettes de sa vie au quotidien. Il le sait alors oubliez cette lubie politique.

    • Danielle Houle - Inscrite 17 août 2017 12 h 55

      M. Gadbois,

      Le Québec a bien plus de moyens que vous le dites et ce n'est certainement pas l'esprit d'entrepreneurship qui manque.

      Quel colonisé vous faites!

    • Cyril Dionne - Abonné 17 août 2017 18 h 38

      Comme vous avez raison madame Houle au sujet de M. Gadbois. Nous sommes une succursale d'Ottawa sans pouvoir.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 août 2017 20 h 40

      M.Gadbois ,Cessons de voter pour Couillard.Rapatrions tous nos impots et
      on verra ce que les jeunes pourrons faire.
      Je répete d'abord debarassons-nous du toxique Couillard soumis a Ottawa.

  • David Cormier - Abonné 17 août 2017 09 h 31

    Je croyais que le projet était de les mettre sur l'aide sociale

    La ministre Weil veut maintenant mettre tous ces immigrants illégaux au travail. Pourtant, le 4 août, elle semblait vouloir les mettre rapidement sur l'aide sociale afin de « laisser la place » à d'autres immigrants illégaux dans les refuges :

    « Par ailleurs, l’obtention par les réfugiés de l’aide de dernier recours, communément appelée aide sociale, a été facilitée, a indiqué la ministre québécoise de l’Immigration, Kathleen Weil.

    "Une fois qu’ils l’obtiennent, ils peuvent se trouver un logement et laisser la place [dans les hébergements temporaires] aux suivants" indique la ministre. »

    http://www.tvanouvelles.ca/2017/08/04/laccueil-des

  • Gérard Garnier - Inscrit 17 août 2017 10 h 50

    L'obstination n'est pas raison

    Madame Bélanger, savez-vous que deux référendums ont déjà été organisés au Quebec avec les mêmes résultats ? Et je ne prends pas beaucoup de risques en affirmant qu'un troisième les confirmerait largement vu le désintérêt des jeunes électeurs pour l'indépendance. Il est normal que la Province de Quebec défende nos intérêts comme les autres le font pour les leurs. Mais ce n'est pas en ressassant toujours vos idées que cela se fera. Essayons simplement de faire respecter notre langue et certaines de nos traditions en les respectant nous-même.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 août 2017 20 h 28

      Est-ce les jeunes ou leurs parents colonisés qui préferent consommer et se fier sur Ottawa pour nous diriger comme Jean Gadbois dit plus haut.
      Sommes-nous nés pour un ptit pain.
      Combien envoie-t-on a Ottawa et combien nous retourne ces memes
      fédéralistes ?Si vos enfants et vous adultes connaissiez votre histoire ,
      vous n'accepteriez pas de vivre a genoux et cesseriez de vous assimiler comme des moutons de Panurge et Couillard.
      Ca fait dur et en meme temps pitié.

  • Michel Gélinas - Abonné 17 août 2017 11 h 54

    Québec, l'exécutant

    Ottawa décide, Québec exécute! C'est ça le fédéralisme canadien.
    C'est vrai pour les réfugiés, le Code criminel, la santé...
    Il y a aussi les chevauchements avec toujours la prépondérance à Ottawa et la job de bras au Québec. Facile alors de faire des lois à Ottawa.