Le cardinal George Pell plaidera non coupable, selon son avocat

Le cardinal George Pell au Vatican, après son inculpation pour des soupçons d'agression sexuelle, le 29 juin dernier.
Photo: Alberto Pizzoli Agence France-Presse Le cardinal George Pell au Vatican, après son inculpation pour des soupçons d'agression sexuelle, le 29 juin dernier.

Melbourne — Le cardinal George Pell, numéro trois du Vatican, qui s’est présenté mercredi pour sa première comparution devant les juges de Melbourne pour des soupçons d’agression sexuelle, plaidera non coupable, a indiqué son avocat.

Le cardinal, âgé de 76 ans et responsable des finances du Vatican, avait été inculpé fin juin pour « des délits d’agressions sexuelles » remontant à plusieurs décennies, sans aucune précision sur les faits supposés ni l’âge des victimes présumées, quand il était un responsable de l’Église catholique australienne.

Le cardinal rejette catégoriquement ces accusations. Le pape François lui a accordé un congé pour lui permettre d’assurer sa défense et le prélat a regagné l’Australie le 10 juillet à cette fin.

« Le cardinal Pell plaidera non coupable de toutes les charges » retenues contre lui, a déclaré devant la cour son avocat, Robert Richter, cité par le quotidien The Age de Melbourne.

La mine sombre et l’allure frêle, le prélat n’a fait aucun commentaire à son arrivée devant le palais de justice de Melbourne, escorté par des policiers et entouré d’une nuée de caméras et d’appareils photo de la presse.

Le cardinal Pell n’était pas tenu d’assister à cette audience préliminaire, à caractère essentiellement administratif, qui doit fixer la date de la prochaine audience dans un procès qui promet d’être long.

Numéro trois de facto de la hiérarchie du Vatican, le prélat a dû se plier aux contrôles de sécurité du palais de justice, où aucune disposition spéciale à son égard n’avait été prise.

Enquête nationale
L’annonce de son inculpation fin juin avait coïncidé avec la fin d’une longue enquête nationale portant sur les réponses institutionnelles apportées en Australie aux agressions sexuelles commises sur des enfants, finalement demandée par le gouvernement en 2012 après une décennie de pressions de la part des victimes.

La commission d’enquête royale ayant conduit pendant quatre ans ces investigations a recueilli des témoignages éprouvants de milliers de victimes.

L’avocate présidant ces travaux, Gail Furness, avait annoncé en février que 4444 faits de pédophilie avaient été signalés aux autorités de l’Église australienne et qu’entre 1950 et 2010, « 7 % des prêtres étaient des auteurs présumés » d’abus sexuels sur des enfants.

Le cardinal Pell avait été entendu trois fois dans ce cadre et avait reconnu devant la commission d’enquête avoir « failli » dans sa gestion des prêtres pédophiles dans l’État de Victoria dans les années 1970.

Mais il a déclaré le mois dernier à Rome : « Je suis innocent de ces accusations, elles sont fausses. La simple idée d’agression sexuelle m’est odieuse. »

L’ecclésiastique avait été ordonné prêtre en 1966 à Rome, avant de revenir en Australie en 1971 où il avait gravi les échelons de la hiérarchie catholique.

Nommé archevêque de Melbourne en 1996, puis de Sydney en 2001, il avait été accusé en 2002 d’abus sexuels pour des faits présumés très anciens, mais avait été innocenté par la suite.

Il avait été choisi en 2014 par le pape François pour mettre davantage de transparence dans les finances du Vatican.