Cri du coeur du DPJ de la nation crie

Le DPJ du conseil cri de la santé et des services sociaux de la baie James, Robert Auclair
Photo: Commission Viens Le DPJ du conseil cri de la santé et des services sociaux de la baie James, Robert Auclair

Roulement de personnel, infrastructures insuffisantes, manque d’outils cliniques adaptés…

Le directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) de la nation crie lance un véritable cri du coeur : il n’arrive pas à offrir des services appropriés à la population dont il est responsable, et ce, alors qu’il traite sept fois plus de cas qu’ailleurs au Québec.

« Nous avons un territoire de plus de 450 000 kilomètres carrés. Essayez d’offrir des services dans ces territoires-là quand vous pouvez le faire seulement en avion, dans une autre langue que la vôtre et que vous devez le faire avec les valeurs d’un autre… À quel point peut-on être efficace dans ce contexte ? »

Il n’y a pas de programme de toxicomanie pour les jeunes et les thérapies familiales ne sont pas facilement accessibles

Témoignant à la commission d’enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics, le DPJ du conseil cri de la santé et des services sociaux de la baie James, Robert Auclair, s’est clairement dissocié du ministère et des autres directeurs de la protection de la jeunesse qui « ne représentent pas les besoins » des enfants et familles des autochtones.

« Dans le sud, les DPJ interviennent auprès de 5 % des enfants, alors que chez nous, on intervient auprès de 35 % des enfants. Ce taux augmente à 38 % chez les enfants de 0 à 5 ans, dont 50 % pour des situations de négligence. »

Le DPJ de la nation crie réclame un financement adéquat pour améliorer les services et travailler en prévention. « Il n’y a pas de programme de toxicomanie pour les jeunes et les thérapies familiales ne sont pas facilement accessibles », plaide-t-il.

Tant au ministère que dans les centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS), des dirigeants sont venus témoigner de différentes initiatives et projets-pilotes visant à adapter les services aux communautés autochtones.

« On veut vous démontrer notre engagement à faire des changements, mais il reste encore beaucoup à faire », a résumé Sylvain Plouffe, directeur du programme jeunesse au CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue.