Amir Khadir gagne contre un ex-associé de Tony Accurso

Le député solidaire Amir Khadir
Photo: Améli Pineda Le Devoir Le député solidaire Amir Khadir

Le député de Québec solidaire Amir Khadir n’aura pas à verser un sou à un ancien associé de Tony Accurso, même s’il a « commis une faute » en le traitant de « bagman » lors d’une émission de radio en 2013.

Dans un jugement rendu mercredi, le juge Brian Riordan a rejeté la poursuite de Marcel Melançon, qui réclamait 300 000 $ à M. Kadhir.

M. Melançon, qui est aussi un ancien collecteur de fonds du Parti québécois, accusait M. Khadir d’avoir tenu des propos diffamatoires lors de deux émissions de Dutrizac, sur les ondes du 98,5 FM, en septembre et décembre 2013.

Le député solidaire avait laissé entendre lors de la première émission que M. Melançon organisait des cocktails de financement pour le PQ et qu’il donnait des « cours 101 » de financement illégal. Des propos pour lesquels M. Khadir s’est excusé dans une lettre envoyée à M. Melançon dans les semaines suivantes.

Le juge Riordan souligne dans son jugement qu’il « n’y avait ni mauvaise foi ni diffamation » lorsque M. Khadir a tenu ces propos.

Il mentionne également qu’il ne sera jamais faux de dire que M. Melançon a déjà fait affaire avec Tony Accurso, même si cela date d’une période antérieure à ses démêlés avec la justice.

Le magistrat note toutefois que le député a commis une faute quelques semaines plus tard lorsqu’il a qualifié M. Melançon de « bagman » pour désigner son rôle au sein du PQ dans les années 1990. « Il est allé trop loin », écrit le juge.

J'ai beaucoup de respect pour le juge Riordan, mais on diverge d'opinion sur les dommages causés à M. Melançon

 

Les dommages causés par ce qualificatif n’ont cependant pas été prouvés par M. Melançon, selon le juge.

« [M. Melançon] a sûrement dit vrai lorsqu’il parlait de l’impact sur sa vie, et sur celles de ses proches, de cette notoriété non voulue. Le Tribunal peut sympathiser avec lui, mais ne peut pas accepter que cette importunité soit causée par l’emploi du mot “bagman” par [M. Khadir] à la radio », note le juge Riordan.

M. Khadir avait de son côté demandé à ce que la poursuite de M. Melançon soit déclarée bâillon, ce que le juge a également rejeté.

L’avocat de M. Melançon a indiqué qu’il étudie actuellement la possibilité de porter la décision en appel. « J’ai beaucoup de respect pour le juge Riordan, mais on diverge d’opinion sur les dommages causés à M. Melançon », a indiqué Me Marc-André Blain.

M. Khadir, quant à lui, était à l’extérieur du pays, a indiqué l’attachée de presse de Québec solidaire, Stéphanie Guévremont. Elle a indiqué que la formation était contente du jugement.