L’eau ne risque pas de baisser de sitôt au Québec

<p>Il semble que l’eau se soit infiltrée très rapidement et que les résidents sinistrés aient eu très peu de temps pour réagir.</p>
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Il semble que l’eau se soit infiltrée très rapidement et que les résidents sinistrés aient eu très peu de temps pour réagir.

Les zones touchées par des inondations n’auront pas de répit dans les prochains jours. Le niveau de l’eau de plusieurs rivières ne risque pas de baisser de sitôt puisque de fortes précipitations sont attendues vendredi et samedi dans plusieurs régions de la province.

Selon Environnement Canada, des accumulations de plus de 30 mm de pluie sont prévues d’ici vendredi dans plusieurs régions. Mercredi, plus d’une quinzaine de rivières étaient sous surveillance continue.

« Ce n’est pas de bon augure pour les gens qui sont déjà touchés par les débordements de rivières. La situation est critique et les niveaux d’eau ont continué à augmenter dans certains secteurs durant les deux derniers jours, alors qu’il n’y avait pas de pluie », souligne Alain Roberge, météorologue chez Environnement Canada.

Les municipalités de l’Outaouais demeurent sur la liste des villes les plus touchées par les crues printanières. « On s’attend à ce que ce soit particulièrement difficile pour elles parce que les niveaux des eaux ne baissent pas et c’est là que sont attendues les plus importantes précipitations », indique M. Roberge.

À Gatineau, 145 personnes ont volontairement quitté leur foyer depuis mardi, portant le nombre total de résidences évacuées à 82, a indiqué la Ville mercredi.

Inondations à Montréal

Les débordements d’eau ont aussi touché l’ouest de l’île de Montréal après que la rivière des Prairies est sortie de son lit en matinée mercredi.

Les pompiers de Montréal avaient été avertis la veille en soirée que le niveau de l’eau montait dans le secteur.

Il semble toutefois que l’eau se soit infiltrée très rapidement et que les résidents sinistrés aient eu très peu de temps pour réagir. Une cinquantaine de résidences de l’île Mercier, située dans la rivière des Prairies entre L’Île-Bizard et Sainte-Geneviève, ont été inondées. Des pompiers ont fait du porte-à-porte toute la journée pour inciter les habitants à quitter leur domicile pour des raisons de sécurité.

« Avec les précipitations attendues vendredi, on se prépare au pire. On est prêts à intervenir et effectuer des évacuations si nécessaire », indique Philippe Sabourin, porte-parole de la Ville de Montréal.

Des résidences au bord de l’eau dans l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro ont aussi été touchées par les inondations, mais il n’y avait pas eu d’évacuation mercredi.

Des équipes des travaux publics travailleront 24 heures sur 24 venir en aide aux gens dans le besoin, notamment en livrant des sacs de sable, souligne M. Sabourin.

Toujours à Montréal, l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville est surveillé puisque des résidences sont fortement à risque d’être inondées dans les prochains jours.

À Laval, la Ville a demandé aux citoyens de procéder rapidement à la mise en place de mesures de protection ou de conserver celles déjà en place.

À Rigaud, en Montérégie, des centaines de maisons sont menacées par les inondations. Le maire de la ville, Hans Gruenwald, affirme qu’environ 400 résidences pourraient être touchées par la montée des eaux.

Selon M. Gruenwald, le niveau de l’eau a augmenté de huit centimètres depuis les deux dernières semaines et pourrait avoir encore augmenté de cinq à sept centimètres mercredi.

Dans cette municipalité, 31 familles ont été évacuées.

La Mauricie est également menacée par la montée des eaux de la rivière Saint-Maurice.

À Saint-Boniface, près de Shawinigan, l’eau s’était retirée des routes mercredi et aucune des 22 résidences menacées n’avait été évacuée, a dit le maire de la municipalité, Claude Caron. « D’après moi, c’est temporaire, car on attend un coup d’eau prochainement, donc on restera sur le qui-vive », a-t-il affirmé.

3 commentaires
  • Jean-Marc Simard - Abonné 3 mai 2017 08 h 35

    Problématique environnementale alarmante...

    Qu'est-ce qui cause tant d'inondations dans des secteurs qui étaient rarement touchés auparavant ? Certes, les précipitations en pluie et neige ont été nombreuses et intenses cette année...Ce qui peut expliquer ce soudain amas d'eau...Mais la fonte des neiges a été plutôt au ralentie ce printemps, ce qui aurait dû retarder le pic de la montée des eaux...Mais n'y aurait-il pas une cause encore plus fondamentale liée à la montées des eaux des océans, due aux dérèglements du climat...Le rehaussement des eaux de l'océan atlantique n'aurait-il pas pour effet de refouler les eaux du Saint-Laurent jusqu'en amont, entraînant son débordement et celui de ses rivières affluentes en période de dégel ? C'est un pensez-y bien ? Si c'est le cas, ces inondations printannières seront de plus en plus récurrentes et de plus en plus destructrices, puisque le rehaussement des eaux océaniques vont aller en s'amplifiant, augmentant d'autant le refoulement des eaux du fleuve et de ses affluents vers leur amont...Alors là, bon courage aux sinistrés actuels, car leurs problèmes vont devenir de plus en plus répétitifs et la problématique environnementale de plus en plus alarmante...

  • Claude Bariteau - Abonné 3 mai 2017 08 h 50

    Les biais de la Presse canadienne

    Ce texte parle de la Rivière des Prairies comme si elle s'alimentait uniquement au Québec alors qu'une partie de ses eaux provient de la rivière Outaouais qu'un barrage a pour rôle de contenir.

    Or, le barrage provoque une hausse du niveau d'eau en Outaouais de sorte que le barrage allège cette hausse et contribue à hausser celle de l'environnement de la rivière des Prairies, qui s'alimente aussi des déversements du Lac des Deux-Montagnes.

    Une des conséquences est la hausse du niveau d'eau du fleuve Saint-Laurent dont la gestion, qui relève de la Commission mixte internationale qui, avec l’accord du gouvernement Couillard, a fusionné en un seul organisme les deux qui voyaient à la régulation des niveaux d’eau du Saint-Laurent.

    Peu de gens sont au fait de tout ça, car ça s’est passé au moment où le PM Couillard recevait à Québec des personnalités associées à cette gestion auxquelles il a cherché à vendre sa stratégie maritime.

    Monsieur Alexandre Shields est sûrement au fait de ça, car il s’agit d’environnement. Je doute que ses propos soient du même ordre que ceux de la Presse canadienne.

  • Danielle Houle - Abonnée 3 mai 2017 10 h 25

    Voulez vous bien me dire...

    pourquoi ailleurs au Canada lorsqu'il y a des innondations l'armée est présente pour aider les citoyens-nes et qu'au Québec elle n'est y pas???