Le couple Algo et Polly n’a plus accès à son pilier d’autoroute

Les travaux de l’échangeur Turcot ont commencé en 2015 et devraient se terminer en 2020. 
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Les travaux de l’échangeur Turcot ont commencé en 2015 et devraient se terminer en 2020. 

Algo et Polly sont à la recherche, ces jours-ci, d’un nouveau site pour élever leurs petits. En raison de la reconstruction de l’échangeur Turcot, le couple de faucons pèlerins n’a plus accès au pilier autoroutier sur lequel il avait l’habitude de nicher.

Cela fait trois ans que les deux faucons pondent leurs oeufs sur un pilier de l’autoroute 15 qui enjambe le canal de Lachine. Nés en 2009 sur une corniche de la tour de l’Université de Montréal, Algo et Polly (qui sont frère et soeur) ont formé un couple et ont jeté leur dévolu sur l’échangeur Turcot pour nicher.

« Le dessus d’un pilier d’un échangeur ou d’un pont fait un très bon nid », note Marilou Skelling, directrice des opérations à Services environnementaux Faucon.

Sauf que l’échangeur Turcot doit être reconstruit. Les travaux ont commencé en 2015 et devraient se terminer en 2020. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) et le consortium KPH Turcot ont dû prendre des mesures pour s’assurer que le couple d’oiseaux ne reviendra pas nicher sur les piliers de Turcot.

Le faucon pèlerin étant classé comme une espèce vulnérable, la loi interdit de le perturber en période de nidification. Le MTQ et KPH Turcot ont donc bouché toutes les cavités des piliers susceptibles de servir de site de ponte aux faucons et retiré les deux boîtes de nidification qui étaient en place.

Le dessus d’un pilier d’un échangeur ou d’un pont fait un très bon nid

Même si les deux nichoirs n’ont jamais été utilisés par les oiseaux, ils ont été replacés sur deux bâtiments du secteur, le Centre récréatif Gadbois et l’ancien pensionnat Côte-Saint-Paul, qui se trouvent dans les limites de leur territoire habituel.
 

« Les faucons aiment nicher en hauteur, mais l’échangeur Turcot n’est pas si haut si on le compare à d’autres structures, note Marilou Skelling. Dans les environs, il y a peu de structures élevées. C’était difficile de trouver des caractéristiques qui répondaient à tous leurs critères. »

Le nouvel échangeur, qui sera quelques mètres plus bas que l’échangeur actuel, ne sera pas optimal, fait-elle remarquer.

Où iront Algo et Polly ?

Pour l’instant, les autorités ignorent quel site choisira le couple. Après leur périple hivernal dans le sud, les faucons sont revenus à l’échangeur Turcot ce printemps, confirme Martin Girard, porte-parole du MTQ. « Même si les faucons ont été aperçus, aucun nid n’a été vu », a-t-il précisé.

Un couple tolérant

Algo et Polly semblent s’accommoder de l’environnement animé de l’échangeur Turcot, de la présence humaine et du chantier. « Ils nichent au-dessus de la piste cyclable. Il y a des kayaks qui empruntent le canal de Lachine et des centaines, voire des milliers de personnes qui passent là chaque jour. On voit que ce couple-là en particulier est très tolérant », fait remarquer Marilou Skelling.

En revanche, les deux faucons semblent ne pas apprécier les chiens, dit-elle.