Thanabalasingham restera incarcéré

Sivaloganathan Thanabalasingham a comparu jeudi devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Sivaloganathan Thanabalasingham a comparu jeudi devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada.

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) refuse de libérer Sivaloganathan Thanabalasingham, puisqu’il représente un danger pour la société, a-t-elle tranché.

M. Thanabalasingham ne goûtera pas à la liberté malgré l’arrêt Jordan qui lui a été accordé, lui évitant son procès pour le meurtre présumé de sa femme. Après avoir passé cinq ans derrière les barreaux, l’homme originaire du Sri Lanka espérait aller vivre chez son frère et sa belle-soeur en attendant que son dossier d’expulsion, qu’il conteste, soit réglé.

Le commissaire à l’immigration Stéphane Morin n’a pas été convaincu que M. Thanabalasingham est apte à retrouver sa liberté. Selon la CISR, non seulement l’homme présente un risque de fuite du pays, mais il est aussi un danger pour la société.

La faute à la victime

Tout comme lui, sa famille attribue à sa défunte épouse, Anuja Baskaran, la responsabilité de ses démêlés judiciaires dans des dossiers de violence conjugale.

Son frère a fait de renversantes déclarations devant la CISR, affirmant que la victime « a fait une erreur » lorsqu’elle a téléphoné aux policiers pour dénoncer qu’elle se faisait battre par son époux.

« À ma connaissance, il n’a rien fait de mal. Ce que sa femme a fait, par contre, c’était mal, elle a appelé les policiers », a-t-il fait valoir.

La CISR a également entendu la belle-soeur de M. Thanabalasingham, avec qui il aurait cohabité s’il avait retrouvé la liberté. La femme, dont l’identité est protégée, a déclaré qu’elle ignorait que son beau-frère a été détenu pour le meurtre de son épouse.

« Sa femme lui a causé beaucoup de problèmes », a-t-elle répété au cours de l’audience.

Sa belle-soeur a assuré ne pas craindre pour sa sécurité ou celle de ses enfants en présence de son beau-frère.

Le commissaire Morin estime que la famille de M. Thanabalasingham n’a pas conscience de la gravité des crimes qu’il a commis. « Je ne peux pas vous laisser chez des gens qui pensent que vous n’avez rien fait et qui ne comprennent pas ce qu’est la violence conjugale », a-t-il souligné.

La CISR veut renvoyer M. Thanabalasingham au Sri Lanka, car avant le drame il n’était pas citoyen canadien et avait cumulé trois accusations dans des dossiers de violence conjugale envers son épouse.

Lorsqu’il a reçu une peine de cinq mois de prison, il était détenu et attendait son procès pour le meurtre de sa femme, Anuja Baskaran.

Le 6 avril dernier, le juge Alexandre Boucher a tranché que les délais écoulés depuis l’arrestation de M. Thanabalasingham, il y a 56 mois, étaient déraisonnables et a conséquemment arrêté les procédures.

Depuis qu’il a été libéré, il n’a toujours pas profité de sa liberté. Il restera au Centre de détention de Rivière-des-Prairies jusqu’à sa prochaine audience, prévue le 11 mai.

M. Thanabalasingham est le premier accusé de meurtre au Québec libéré grâce à l’arrêt Jordan.

Hier, la Couronne a porté en appel l’arrêt des procédures.

3 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 13 avril 2017 17 h 37

    Le coût

    Immigration Canada a décidé la déportation. Pourquoi s'investir dans un procès à nos frais. Serit-ce pour faire l'économie d'un recours à la clause dérogatoire?

  • Louise Collette - Abonnée 14 avril 2017 09 h 39

    Coupable

    Si je comprends bien l'article, ce procès est à nos frais...
    Et..sa femme est responsable de sa propre mort, because elle a appelé la police pour dire qu'elle subissait la violence de son mari,ah bon !....J'aurai tout lu.

  • Diane Guilbault - Inscrite 15 avril 2017 08 h 38

    Meurtre présumé de sa femme?

    Je pense que sa femme est bel et bien morte.

    À force d'avoir peur d'avoir peur, les médias oublient que le mot «présumé» devait être accolé à «innocent». Présumé innocent jusqu'à preuve du contraire. En attendant, le meurtre est avéré et non présumé.