L’adoption internationale à la baisse au Québec

Les enfants adoptés au Québec l’an dernier proviennent de 16 pays et même, dans certains cas, d’une autre province canadienne.
Photo: Rosemarie Gearhart Getty Images Les enfants adoptés au Québec l’an dernier proviennent de 16 pays et même, dans certains cas, d’une autre province canadienne.

De moins en moins de Québécois parviennent à adopter un enfant à l’international. En 2016, il y a eu quatre fois moins d’enfants adoptés qu’en 2010, révèle le plus récent rapport du Secrétariat à l’adoption internationale (SAI). Pour la seule année 2016, avec 134 enfants adoptés, la baisse est de 35 % par rapport à 2015.

Il y a de plus en plus d’embûches à l’adoption internationale. Selon le rapport, la situation socio-économique de plusieurs pays d’origine, qui s’est nettement améliorée, joue un rôle. L’adoption locale est souvent favorisée. Aussi, ajoute-t-on, plusieurs États ont ratifié la Convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale et « coopèrent pour la mise en place de systèmes de protection de l’enfance » à l’intérieure de leurs frontières.
 

 

La Chine est un bon exemple du phénomène. Alors que des centaines d’enfants chinois étaient adoptés au Québec chaque année dans les années 90, ils n’étaient plus que 29 en 2016.

Donald Foidart est vice-président directeur de la Société formons une famille, l’organisme agréé qui a organisé le plus grand nombre d’adoptions en 2016. Selon ses observations, l’amélioration des conditions économiques en Chine, jumelée à la fin de la politique de l’enfant unique, a changé la donne. « Mondialement, les rapports font état de trois ou quatre familles intéressées par enfant », illustre-t-il.

Les enfants adoptés au Québec l’an dernier proviennent de 16 pays et même, dans certains cas, d’une autre province canadienne. Plus de la moitié des enfants sont nés en Asie, 19 % en Amérique, 12 % en Afrique et 15 % en Europe. La Chine arrive première, suivie de la Colombie avec 18 enfants adoptés. Ce sont aussi 17 jeunes ukrainiens qui ont trouvé un foyer au Québec en 2016. La majorité avait plus de sept ans.
 

 

Le recul de l’adoption internationale au Québec ne signifie pas que des enfants ne sont pas à la recherche d’une famille, précise le rapport. Seulement, les parents d’intention doivent être ouverts à accueillir des enfants plus âgés, présentant des problèmes de santé physique, psychologique ou de développement ou être prêts à accueillir une fratrie.

La directrice du SAI, Josée-Anne Goupil, était en déplacement à l’étranger mardi et dans l’impossibilité de commenter.