La prison Leclerc victime d'une panne de chauffage samedi

Des travaux évalués à 21 millions sont en cours de réalisation à l’Établissement Leclerc.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Des travaux évalués à 21 millions sont en cours de réalisation à l’Établissement Leclerc.

Alors qu’une vague de froid sévissait sur la région de Montréal la fin de semaine dernière, des détenus de la prison Leclerc ont été forcés de subir de plein fouet les rigueurs de l’hiver. Selon ce qu’a appris Le Devoir, une panne de chauffage a frappé l’établissement où sont incarcérées plus de 330 personnes, en majorité des femmes.

Tandis que le thermomètre dégringolait, pour avoisiner les -30 degrés Celsius samedi, l’Établissement Leclerc, situé à Laval, a subi une panne de son système de chauffage. Des femmes incarcérées dans cette prison « ont souffert du froid pendant toute la fin de semaine », a confié une source bien au fait de la situation, évoquant des femmes carrément « frigorifiées ».

Contacté lundi, le ministère de la Sécurité publique a d’ailleurs confirmé la panne, survenue en plein coeur de l’hiver. « Une panne de chauffage a eu lieu à l’Établissement de détention Leclerc de Laval dans certains secteurs spécifiques samedi dernier », a-t-on simplement indiqué, sans plus de précisions, dans une brève réponse transmise par courriel.

« La situation a été régularisée rapidement dans la même journée », a aussi indiqué le ministère. Une source a toutefois dit que le problème aurait persisté au cours de la journée de dimanche. Il n’a toutefois pas été possible d’obtenir davantage de précisions de la part du service de communications de la prison, qui n’a pas rendu les appels du Devoir.

Prison vétuste

Les problèmes vécus au cours des derniers jours mettent de nouveau en lumière les problèmes qui persistent à l’Établissement Leclerc. Il importe de rappeler que celui-ci est un ancien pénitencier fédéral fermé en 2012 en raison de sa vétusté, puis réquisitionné en 2014 par le gouvernement du Québec pour faire face à la surpopulation des prisons provinciales.

Selon des informations rendues publiques par Le Devoir en décembre dernier, le gouvernement doit injecter au moins 21 millions de dollars d’ici 2019 afin de réaliser divers travaux pour assurer la sécurité de l’établissement, mais aussi la santé et la sécurité des détenus et du personnel.

Parmi les travaux prévus, il est question de remplacer la génératrice principale, au coût d’un demi-million de dollars, mais aussi un réservoir de diesel qui a subi une fuite. Il n’a pas été possible lundi de savoir si cela a déjà été fait.

En décembre, la Société québécoise des infrastructures, responsable des travaux, avait toutefois indiqué que « plusieurs interventions ont porté sur les systèmes mécaniques et électriques des bâtiments (entrée électrique principale, distribution, groupes électrogènes, etc.), le tout selon les normes en vigueur ».

Fin de la mixité

Le ministre de Sécurité publique a par ailleurs prévu de mettre fin au cours des prochains mois à la mixité hommes-femmes dans la prison Leclerc. En plus d’y incarcérer 84 hommes, le gouvernement y a en effet transféré l’an dernier 248 femmes détenues auparavant à la prison Tanguay, fermée pour cause d’insalubrité.

Cette situation a donné lieu à de vives tensions au sein de l’établissement. L’attachée de presse du ministre, Marie-Ève Pelletier, a précisé lundi que le transfert des hommes « vers d’autres établissements de détention » est toujours bel et bien prévu « d’ici la fin juin 2017 ». Ils seront transférés dans les prochains mois vers les trois centres de détention en construction à Sept-Îles, à Amos et à Sorel-Tracy.

Selon ce qu’a confié une source, la situation actuelle « est très compliquée et aberrante », en raison de cohabitation forcée des hommes et des femmes. Cette source évoque même « un drame humain » vécu par les femmes transférées dans la prison Leclerc au début de 2016.