En grève, parce que les inégalités perdurent

À Montréal, elles ont été quelques centaines à marcher à l’invitation de Femmes de diverses origines.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À Montréal, elles ont été quelques centaines à marcher à l’invitation de Femmes de diverses origines.

Commissions scolaires fermées aux États-Unis, départ hâtif du travail en France : la Journée internationale des femmes a été célébrée avec des coups d’éclat ailleurs dans le monde, tandis qu’au Québec, la mobilisation s’est faite davantage dans la sobriété.

Les Américaines, galvanisées par la Marche des femmes qui a suivi l’intronisation du président Donald Trump, ont participé à la « journée sans femmes », qui visait notamment à illustrer le poids économique qu’ont les citoyennes de sexe féminin. Elles ont été 300, parmi les 1400 enseignantes des écoles publiques d’Alexandria, en Virginie, à demander congé. Dans le comté de Prince George, au Maryland, 1700 membres du corps enseignant et 30 % de celles qui offrent les services de transport ont dit avoir l’intention de s’absenter du travail. En Caroline-du-Nord, à la Commission scolaire Chapel Hill-Carrboro, le nombre d’employées en congé a été tellement « important » qu’on y a décidé, comme dans les deux endroits précédents, de fermer les écoles.

72 %
Les femmes qui ont fait des études supérieures gagnent environ 72 % du salaire versé aux hommes.

Cette « grève internationale des femmes », une initiative de l’organisation de la Marche des femmes de Washington, a mené à des événements dans une cinquantaine de pays.

En France, une trentaine d’organisations féministes ont encouragé les travailleuses à cesser le boulot à 15 h 40. « En 2017, les femmes en France sont toujours payées 26 % de moins que les hommes. Comme si elles arrêtaient tous les jours d’être payées à 15 h 40 », lisait-on sur le site Web du collectif.

Et le Québec ?

Sur la carte des actions mondiales qui était présentée sur le site de la Marche des femmes, aucune action n’était identifiée sur le territoire canadien. L’une des organisatrices de la marche du 21 janvier à Montréal, Barbara Bedont, a expliqué : « Quand ça a été annoncé, on a discuté, on s’est demandé si on allait faire la même chose. Le problème, c’est que la possibilité de faire une grève est [plus grande] pour les femmes qui sont déjà assez privilégiées. C’est plus difficile pour des femmes qui travaillent pour d’autres, qui sont immigrantes, qui ont peu de pouvoir de faire une grève. »

Aussi, le droit de grève en France est bien différent de celui au Québec, a souligné Caroline Jacquet, du Collectif 8 mars. « Les syndicats ne voulaient pas appeler une grève illégale », a-t-elle affirmé. Au pays, « seul un syndicat accrédité peut faire la grève et seulement aux périodes prévues au Code du travail », a rappelé Denis Bradet, associé principal chez Poudrier Bradet Société d’avocats. « La grève au Canada, c’est dans le cadre des processus de conventions collectives qui impliquent un employeur et un syndicat », a-t-il déclaré.

Une marche

Les femmes du Québec ont donc été invitées à porter du rouge et à participer à la marche organisée à Montréal par le groupe Femmes de diverses origines. Cette rencontre montréalaise a attiré quelques centaines de marcheuses.

Au Canada, les femmes qui ont fait des études supérieures gagnent environ 72 % du salaire qu’empochent les hommes. Selon les dernières données de Statistique Canada, qui remontent à 2008, le salaire moyen des hommes est de 62 600 $ au pays, contre 44 700 $ pour les femmes.