Le CHU de Québec reçoit des menaces après le retrait d’un crucifix

L’hôpital Saint-Sacrement, à Québec
Photo: Morgan / Wikimedia Commons L’hôpital Saint-Sacrement, à Québec

La polémique à propos du retrait d’un crucifix dans un hôpital de Québec a pris une tournure plus sérieuse mardi. Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a fait savoir qu’il avait lancé une enquête sur des menaces visant l’hôpital et sa direction.

« Une importante menace à l’intégrité de l’hôpital et de ses dirigeants a été reçue », a fait savoir le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHU) mardi midi dans un communiqué. Le CHU n’a pas précisé la teneur de la menace, mais celle-ci a été jugée suffisamment sérieuse pour que la police de Québec lance une enquête.

« Le SPVQ rappelle à la population qu’elle peut exprimer ses idées en toute liberté, mais en respectant le cadre de la loi », a indiqué son porte-parole, Étienne Doyon.

Décision controversée

Il y a deux semaines, un patient de l’hôpital Saint-Sacrement avait porté plainte auprès de la direction concernant la présence d’un crucifix dans le hall d’entrée de l’hôpital. La direction avait cédé à ses critiques en se basant, disait-elle, sur le principe de neutralité religieuse de l’État dicté par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

Cette décision a suscité depuis un tollé, et une pétition la dénonçant a recueilli jusqu’à présent près de 10 000 signatures.

« C’est important parce que cet hôpital, qui s’appelle l’hôpital Saint-Sacrement, a été fondé par les soeurs de la charité qui est une institution chrétienne », peut-on lire dans le libellé de la pétition. « En outre, dans le contexte actuel où il faut respecter les religions qui s’établissent au Québec, certains sentent que les traditions des gens établis depuis longtemps sont remises en question. Toutes les religions doivent être respectées et la religion chrétienne en fait partie. »

Dimanche, des militants du Mouvement Tradition Québec ont posé un autre crucifix au même endroit, lequel a également été retiré par la direction.

L’archevêque de Québec, Gérald Cyprien Lacroix, a également dénoncé la décision du CHU. « Depuis quelques jours, nous sommes en conversation avec le CHU de Québec pour trouver une solution créative au retrait du crucifix de l’hôpital du Saint-Sacrement, a-t-il dit dans une déclaration. J’admire toutes celles et tous ceux qui ont osé faire connaître leur mécontentement avec respect et conviction. Si nous laissons passer le retrait de ce crucifix sans réagir, quelle sera la prochaine cible??»

36 commentaires
  • André Mongrain - Abonné 28 février 2017 15 h 43

    Mon dieu, mon dieu !!!!

    Je suis aller voir le site de ce groupe " Mouvement Tradition Québec" , et bien on est pas loin des talibans !!!

    • Serge Picard - Abonné 1 mars 2017 07 h 04

      L’hôpital Saint-Sacrement qui a été fondé par les soeurs de la charité qui est une institution chrétienne. Après avoir enlevé le crucifix dans le hall d'entré s'appellera à partir de maintenant l’hôpital Sacrement.

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 mars 2017 09 h 41

      Monsieur Picard cet hopital est une institution d'État, financée et dirigée par des fonctionnaires de l'État, sert tous les citoyens, religieux ou pas et pour se faire doit respecter la laïcité, Je ne vous embête pas avec votre religion, ne m'embêtez pas avec la vôtre.

    • Gilles Théberge - Abonné 1 mars 2017 11 h 25

      Vraiment madame Paulette, ça vous ennuie drôlement qu'un crucifix soit apposé sur un mur, en hommage à la foi des fondatrices de l'hôpital ?

      Ça vous empêche de dormir...?

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 mars 2017 13 h 17

      Je n'ai pas d'état d'âme individualiste, monsieur Théberge, je suis pour la laïcité de l'État, tout simplement!

  • Francois Cossette - Inscrit 28 février 2017 15 h 49

    Qui !!!

    On aimerait bien savoir qui était ce patient. Je suis a peu pres certain qu'il n'aura pas le courage de refaire cette demande publiquement qu'il va préférer rester cacher.

    Pour le reste, je ne suis pas religieux, mais ce que l'on est en train de faire c'est d'effacer notre histoire pour plaire a quelques fanatiques. On voit aussi a quel point nos institutions et leurs dirigents manquent de courages. On est vraiment rendu un peuple de moumoune qui ne mérite pas de survivre.

    • Robert Beauchamp - Abonné 28 février 2017 16 h 48

      Tout à fait d'accord. N'est-il pas curieux que l'on retire un symbole y étant affiché depuis les années 1920 par les religieuses fondatrices sur une simple demande d'un patient qui ne l'avait pourtant pas dans sa chambre. Et pourtant on se doit d'accomoder des étudiants qui demandent un lieu de prière dans des institutions d'état. On ferme les chapelles d'hôpitaux et on doit ouvrir des lieux de culte pour raison d'accomodement. Je dis aux administrateurs: vous avez une interprétation sur le sens de la neutralité d'état sélective et vous prenez des décisions accablantes. J'aimerais que Couillard et Taylor répondent à cette incongruité monstrueuse.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 1 mars 2017 06 h 42

      D'accord avec vous, messieurs.

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 mars 2017 10 h 03

      Pas d'accord madame et messieurs. C'est bien à cause de cet entêtement à ne pas vouloir accepter la laïcité de certains catholiques que nous somme pris avec les accommodements de tout acabit. Monsieur Cossette, on n'efface pas l'histoire en enlevant un crucifix. On efface l'histoire en ne la connaissant pas. La société St.Jean-Baptiste, par exemple et malgré ce que son nom pourrait laisser croire, est une institution laïque qui favorisait la laïcité. Monsieur Beauchamps, on ne ferme pas les chapelles d'hopitaux mais on en fait des lieux multi-confessionels, ouverts à tous. Si vous vous préoccupez tant du patrimoine, messieurs-dame, il y a une multitude de bâtiments en perdition au Québec qui méritent qu'on s'en occupe.Et j'espère bien que le patient demandeur ne se laissera pas intimider, monsieur Cossette.

  • Jean-Pierre Marcoux - Inscrit 28 février 2017 16 h 46

    Ça suffit à la fin !!!!

    Svp, pourrait-on vivre en paix dans les lieux publics sans tous ces symboles religieux catholiques, protestants, baptistes, musulmans, judaïques, hindouistes, sikhs, i tutti quanti.

    Retrouvons-les plutôt dans les églises, les chapelles, les synagogues, les mosquées et tous les autres lieux de prière de l'oécouménie planétaire.

    Pourquoi un crucifix dans une mairie, une banque, un hôpital, une école ou une assemblée nationale ??? Ne mêlons pas le bon dieu à nos salades du quotidien.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 1 mars 2017 05 h 16

      Jean-Pierre Marcoux

      Un peu de respect pour les fondatrices de cet hôpital fondé par des religieuses. Du respect pour notre histoire, pour notre patrimoine.

      La religion catholique n'est pas une religion de mort mais une religion d'amour: Aimez-vous les uns les autres. Tu ne tueras point. C'est basé sur ce principe que les soeurs de la charité ont fondé cet hôpital.

    • Hélène Gervais - Abonnée 1 mars 2017 06 h 45

      Je suis bien d'accord avec vous. Il ne devrait y avoir aucun signe religieux, quelqu'il soit, à part les endroits religieux, soit les églises et autres du même acabit.

  • Félix Lajoie - Abonné 28 février 2017 21 h 28

    À quand un parti populaire d'extrême droite au Québec ?

    Pendant que les puissances mondiales finissent leur travail de destruction massive sur les pays occupés par des fanatiques, que la famine plane sur le Yémen et que des millions d'autres humains ont peine à survivre en toute dignité, au Québec les passions se soulèvent pour le retrait d'un crucifix dans un hôpital.

    Voilà où sont situées les grandes préoccupations des gens d'ici: dans la tradtion.

    C'est vrai, on devrait tous le savoir: la tradtion est un grand principe philosphique hautement valable qui a été retenu par tous les grands penseurs de l'histoire...........

    Non mais sérieusement, on approche du fanatisme ici aussi...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 1 mars 2017 06 h 41

      Le fanatisme, monsieur, c'est de demander le retrait d'un crucifix dans un hôpital fondé par un ordre religieux et qui était dans le hall d'entrée depuis 1917, sans déranger personne. Vouloir faire tsble rase avec notre passé et donner tous les droits et tous les accommodements à une autre religion, voilà ce qu'est du fanatisme.

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 mars 2017 10 h 08

      Madame Lapierre, les hôpitaux ont d'abord été fondés par des ordres religieux et d'enlever les crucifix ne change rien à l'histoire, car le nom même de l'hopital en fait foi. Une histoire qui continue par la prise en charge des hôpitaux par l'État, ce qui en fait des institutions laÏques.

    • Sylvain Auclair - Abonné 1 mars 2017 10 h 20

      Madame Lapierre,

      Ce n'est en rien fanatique de vouloir être moderne et le montrer. Cet hôpital n'est plus géré par une congrégation religieuse et n'est plus réservé aux catholiques.

      Celui qui s'était plaint des prières du maire Jean Tremblay était-il un fanatique pour vous? Après tout, la région du Saguenay a été colonisée par des catholiques...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 1 mars 2017 11 h 46

      Tout comme la tradition des crèches dans les mairies en France, je ne suis pas d'accord d'éliminer ces témoins de notre patrimoine dont la majorité ne veulent pas se départir.

      En France, même des statues de la Sainte-Vierge installées dans les villages depuis des décennies ont été visées par ces demandes.

      Donc, pour être "moderne", pour vous, M. Auclair, signifie d'être athée?

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 1 mars 2017 11 h 48

      Madame Paulette, l'on commence d'abord à demander le retrait de la croix, puis l'on exige de changer le nom de l'établissement, puis des rues, puis des villages... par des noms étrangers, de surcroît, étrangers à notre histoire.

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 mars 2017 13 h 20

      Madame Lapierre avec une loi sur la laïcité on règlerait une fois pour toutes les demandes. Vos noms de rue, village etc. c'est de la paranoïa.

  • Raynald Blais - Abonné 1 mars 2017 06 h 00

    Comme frein au progrès

    Voilà un individu, peut-être athée, d'une autre religion ou même catho qui excite les croyants catholiques pour une question de crucifix. Il a permis de mobiliser près de 10,000 croyants qui seront prêts au combat lors des affrontements prévisibles sur la question d'une charte de "LAÏCITÉ RELIGIEUSE".
    L'archevêque Mgr. Lacroix donne le ton de la présente campagne pour l'avancement de la religion catholique au Québec, en faisant de la question religieuse, une question culturelle, alors que l'Histoire regorge d'exemples de la lutte du peuple contre l'emprise religieuse comme frein au progrès.

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 mars 2017 10 h 14

      Ce qui nous démontre bien, monsieur Blais, que ce ne sont pas les tenants de la laïcité qui causent problème mais les religieux eux-mêmes et en même temps nous prouve la pertinence de la laïcité pour faire cesser les querelles des accommodements religieux.

    • Raynald Blais - Abonné 1 mars 2017 16 h 57

      Mais ce sont les catholiques eux-mêmes qui ont intérêt à obtenir une charte dite "de la laïcité" pour garantir actuellement leur grande influence sur la chose publique. Ils leurrent ceux qui misent sur la charte pour repousser toutes les religions dans le domaine privé.