Les autorités peinent à mesurer le trafic d’opioïdes

Des drogues saisies par la police à Ottawa
Photo: La Presse canadienne / Service de police d’Ottawa Des drogues saisies par la police à Ottawa

Les drogues illégales ont toujours représenté un problème dans les villes portuaires, mais des experts soulignent que les puissants opioïdes qui contribuent à la crise de surdoses en Colombie-Britannique se fraient un chemin par de nouveaux moyens, présentant des défis pour les forces de l’ordre.

Les réglementations internationales, les commandes en ligne et la puissance de la drogue figurent parmi les éléments compliquant la tâche de stopper l’entrée de ces produits au Canada.

Plus de 1000 personnes sont mortes d’une surdose de drogue illégale en Colombie-Britannique depuis janvier 2016, dont bon nombre par la consommation de fentanyl et de carfentanil, de puissants opioïdes, qui proviendraient en grande partie de la Chine selon les autorités.

L’Agence des services frontaliers du Canada a indiqué que les saisies de fentanyl au Centre de courrier des douanes de Vancouver avaient plus que doublé l’an dernier, à 54, comparativement à 23 en 2015.

Néanmoins, le coordonnateur national de la lutte contre la drogue à la Gendarmerie royale du Canada, le sergent Luc Chicoine, a dit que bien que des vies soient sauvées par chacune des saisies, il est impossible de déterminer l’impact plus large de chacune d’entre elles sur le trafic de drogue.

La puissance considérable du fentanyl a permis aux trafiquants de transporter des petites quantités mêlées à d’autres importations, par l’entremise d’individus ou dans le courrier, compliquant le dépistage par les autorités.

« Par exemple, si nous saisissons 100 kilos d’une certaine drogue qui arrive au pays, est-ce qu’il s’agissait seulement de ces 100 kilos, ou est-ce qu’il y en avait un million de kilos ? Nous ne sommes pas en mesure de déterminer l’étendue véritable du trafic », a expliqué M. Chicoine.

Interception ardue

M. Chicoine a souligné que la grande puissance de la drogue combinée à la technologie moderne signifie que les usagers ou les trafiquants peuvent désormais commander en ligne des substances illicites de la Chine et les faire livrer directement à la porte de leur domicile, rendant plus ardue l’interception de ces produits.

L’Agence des services frontaliers du Canada a indiqué par communiqué que la détection de substances illicites était une priorité, et que tous les colis arrivant au Canada étaient ouverts et inspectés si nécessaire avant de suivre le circuit du système des postes.

L’agence a dit entrevoir des changements législatifs, actuellement à l’étude au Parlement, qui permettraient aux responsables d’ouvrir et d’inspecter du courrier pesant moins de 30 grammes, une pratique actuellement interdite en raison de craintes sur la protection de la vie privée.


La position de Santé Canada sur le tramadol est «indéfendable»

Ottawa — L’absence d’enregistrement par Santé Canada de l’opioïde tramadol sous la Loi réglementant certaines drogues et autres substances est indéfendable, affirme un chercheur en sécurité pharmaceutique, soulignant que le ministère avait envisagé une telle action en 2007, avant d’y renoncer.
 
Le docteur David Juurlink, établi à l’Université de Toronto, a soutenu que l’inaction de Santé Canada a contribué à alimenter l’impression que le tramadol est en quelque sorte plus sécuritaire que d’autres opioïdes — de puissants antidouleurs aux racines d’une crise de surdoses au Canada.
 
Le tramadol — mis en marché une première fois au Canada en 2005 et présenté comme un « analgésique opioïde » — est un médicament seulement disponible sur ordonnance, mais M. Juurlink a fait valoir qu’il devrait aussi être considéré comme une substance réglementée pour faire prendre conscience aux professionnels que le tramadol n’est pas différent des produits comme la codéine. Il a souligné que les États-Unis avaient procédé à un tel enregistrement.
 
M. Juurlink a dit croire que la classification actuelle par Santé Canada induit en erreur les médecins et d’autres professionnels de la santé, et possiblement même les patients, quant à la sécurité du médicament et l’ampleur de la dépendance reliée à son usage.
 
Santé Canada a indiqué qu’il continuerait de surveiller l’usage du tramadol et en planifierait l’inclusion dans la Loi réglementant certaines drogues et autres substances si des éléments de preuve indiquent la nécessité d’une telle action.
 
Le tramadol a été examiné par le comité d’experts sur la dépendance à la drogue de l’Organisation mondiale de la santé, qui n’a pas recommandé son contrôle à l’international, a souligné le ministère par communiqué.
 
Néanmoins, une publication en juillet 2007 de la Gazette du Canada — source d’informations gouvernementales sur les lois et les règlements — laisse croire que le ministère était sur le point d’ajouter le produit aux substances réglementées, soulignant que des études ont montré que le tramadol pouvait entraîner la dépendance d’une manière similaire à d’autres opioïdes, comme l’oxycodone et la morphine.
1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 27 février 2017 02 h 29

    la pillule

    c'est plus efficace et surtout moins complexe que l'aide a mourir, la pillule de la grande liberté , celle que chaque individu porte sur soi, au cas ou, enfin combien d'individus l'ont- ils déja consommée a cette fin