Immigration: un Canadien sur quatre serait favorable à une restriction inspirée des États-Unis

Au cours des dernières semaines, des dizaines de demandeurs d’asile ont traversé illégalement la frontière canado-américaine pour demander le statut de réfugié au Canada.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Au cours des dernières semaines, des dizaines de demandeurs d’asile ont traversé illégalement la frontière canado-américaine pour demander le statut de réfugié au Canada.

Un Canadien sur quatre serait favorable à une restriction de l’immigration au Canada similaire à celle promue par Donald Trump aux États-Unis, selon un sondage publié lundi.

Entre novembre 2015 et février 2016, l’opinion publique avait évolué en faveur des politiques d’accueil des réfugiés, mais les récentes arrivées de migrants illégaux en provenance des États-Unis pourraient montrer « les limites de combien de migrants les Canadiens veulent accepter », selon le communiqué de l’Institut Angus Reid, à l’origine du sondage.

Au cours de ces dernières semaines, des dizaines de demandeurs d’asile ont traversé illégalement la frontière canado-américaine pour demander le statut de réfugié au Canada, faisant craindre à certains des problèmes de sécurité si les arrivées s’intensifiaient avec le retour des températures printanières.

La majorité des personnes interrogées (58 %) considère que le gouvernement accueille suffisamment de réfugiés (actuellement 40 000 par an) ou voudrait en accueillir davantage. En revanche, plus de 40 % estiment que « le nombre est déjà trop élevé et le Canada ne devrait pas accueillir davantage de réfugiés »,selon les résultats du sondage.

L’intégration

Sur la question de l’intégration des réfugiés syriens dans leur communauté d’accueil, plus de la moitié des Canadiens sont « plutôt d’accord » ou « totalement d’accord » avec le fait que les nouveaux venus « ne font pas assez d’efforts pour s’intégrer dans la société canadienne ».

La semaine dernière, la proposition d’une motion condamnant l’islamophobie par le gouvernement fédéral à la suite de la fusillade dans une mosquée de Québec et la hausse des actes antimusulmans a divisé le paysage politique, l’opposition conservatrice considérant le terme trop restrictif. À quelques mois de désigner le nouveau chef du parti, le débat entre les candidats conservateurs s’est notamment cristallisé autour de la notion de « valeurs canadiennes ».

Au cours de ses premières semaines à la Maison-Blanche, Donald Trump a signé une série d’ordres exécutifs visant à mettre en place ses promesses de campagne, l’un de ces décrets restreignait notamment l’immigration en provenance de sept pays à majorité musulmane, avant d’être suspendu par la justice fédérale américaine.

Le sondage, réalisé sur Internet entre le 6 et le 9 février et financé par l’Institut Angus Reid, s’appuie sur les réponses de 1508 Canadiens sélectionnés aléatoirement dans une base de données de l’institut et comprend une marge d’erreur d’environ 2,5 %.

1508
Le nombre de répondants au sondage de l’Institut Angus Reid publié lundi, réalisé entre le 6 et le 9 février
1 commentaire
  • Nadia Alexan - Abonnée 20 février 2017 23 h 14

    Où sont notre humanité et notre compassion ?

    Je suis horrifié de honte par les Canadiens qui veulent restreindre les réfugiés de s'établir chez nous. Pourquoi ne pas se mettre dans la peau des personnes qui fuit la guerre, la famine et l'enfer dans leurs propres pays? Où sont notre humanité et notre compassion ? Ce genre d'égoïsme est déplorable. Il faut accueillir les réfugiés qui se présentent chez nous.
    D’ailleurs, le terrorisme qui s'est survenu chez nous était commis par des personnes nées et grandies ici chez nous. Ce ne sont pas les immigrants ou les réfugiés qui ont commis ces atrocités.
    Si l'on veut vraiment éradiquer le terrorisme, il faudrait arrêter les messages de haine prononcée par les imams intégristes et les tenants de l'Islam politique qui sont déjà ici chez nous et qui recrutent et radicalisent les jeunes avec impunité.