Faubourg Contrecoeur: le juge sert un avertissement aux avocats

Parmi les coaccusés figure l’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Parmi les coaccusés figure l’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino.

Le juge Yvan Poulin, qui préside le procès du Faubourg Contrecoeur, a prévenu jeudi les avocats de la Couronne et de la défense qu’il leur faudrait faire preuve de célérité afin que les procédures se déroulent rondement.

Après quelques jours de pause, les parties sont revenues devant le tribunal jeudi. Comme que le prescrivait l’ordonnance rendue par le juge la semaine dernière, la Couronne a remis à la défense des caisses de documents liés à l’écoute électronique effectuée en 2015 par la Sûreté du Québec dans le cadre de l’enquête sur les compteurs d’eau.

Depuis deux semaines, le procès du Faubourg Contrecoeur est embourbé dans diverses procédures relatives à l’interception de conversations entre certains accusés et leurs avocats.

Jeudi, avant d’ajourner l’audience une fois de plus, le juge Poulin a prévenu la Couronne qu’elle devra mettre « les bouchées triples, voire quadruples » pour que le procès puisse poursuivre son cours dans les meilleurs délais. Il a aussi insisté auprès de la défense pour que « les choses tournent rondement ».

Aucun témoin entendu

Le procès du Faubourg Contrecoeur a débuté il y a un an, mais à ce jour aucun témoin n’a été entendu, car le juge a dû traiter de nombreuses requêtes, provenant principalement de la défense.

Et le 23 janvier dernier, alors que les premiers témoins étaient attendus, la Couronne avait révélé l’existence d’écoute électronique concernant plusieurs des accusés.

La procureure de la Couronne, Me Marlène Archer, a indiqué jeudi que, après vérification, quatre communications de Frank Zampino avec son avocate — soit deux de plus que ce qui a été indiqué la semaine dernière — avaient été possiblement écoutées par les policiers.

Les parties reviendront en Cour lundi. Me Pascal Lescarbeau a soutenu que la Couronne était prête à aller de l’avant avec la présentation de la preuve.

Rappelons que les six accusés au procès du Faubourg Contrecoeur sont soupçonnés d’avoir manoeuvré pour favoriser l’entreprise Construction F. Catania dans la réalisation d’un projet immobilier de 1800 logements sur un terrain situé dans l’est de Montréal. Le terrain, qui appartenait à la Ville de Montréal, avait été vendu au rabais par la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) à Construction F. Catania.