Le chômage est en baisse chez les immigrants

De 2015 à 2016, le taux de chômage chez les immigrants est passé de 10,7 % à 9,8 %.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir De 2015 à 2016, le taux de chômage chez les immigrants est passé de 10,7 % à 9,8 %.

Le taux de chômage chez les immigrants au Québec vient de passer sous la barre des 10 % en 2016 et a diminué de façon importante au sein de la communauté maghrébine, selon des données récentes. Or, il reste beaucoup à faire pour réduire l’écart avec le reste de la population, plaident des organismes.

Obtenues auprès du ministère de l’Immigration du Québec, ces données découlent de la dernière mise à jour de Statistique Canada le 3 février. Elles révèlent que, de 2015 à 2016, le taux de chômage chez les immigrants est passé de 10,7 % à 9,8 %. Depuis 2012, ce taux oscille autour de 11 %.

11,5 %
Le taux de chômage chez les immigrants originaires du Maghreb. Il était auparavant de 17,3 %.

La diminution touche surtout l’immigration récente (cinq ans et moins) avec un taux de chômage passé de 18 à 15,1 %. Par ailleurs, on note une baisse importante du taux de chômage pour l’ensemble des immigrants originaires du Maghreb, qui passe de 17,3 % à 11,5 %.

« De bonnes nouvelles », pour la ministre de l’Immigration Kathleen Weil, qui y voit « le résultat » des politiques du gouvernement et de la croissance économique. Malgré tout, « il reste du travail à faire », notamment au chapitre de la reconnaissance des diplômes. La question de la discrimination systémique en emploi doit d’ailleurs être étudiée bientôt dans une consultation organisée par le gouvernement, a-t-elle souligné.

Quels emplois ?

La baisse du taux de chômage chez les immigrants ne doit pas non plus faire oublier l’écart avec le reste de la population, plaide Mya Homsy, de l’Institut du Québec, qui s’intéresse beaucoup à ce sujet. Le taux de chômage moyen au Québec oscille autour de 7 %, soit 3 % de moins, note-t-elle. « C’est quand même beaucoup plus important qu’ailleurs au Canada. En Ontario et en Colombie-Britannique, l’écart est de moins de 1 %. »

Elle ajoute que la baisse du taux de chômage au Québec combinée avec le vieillissement de la population réduit de plus en plus les options des employeurs. « Les immigrants deviennent peut-être une option plus intéressante pour eux », dit-elle.

De plus, ces nouveaux emplois ne sont pas nécessairement de qualité, plaide Lekbir Kherrati, coordonnateur du SIMO, un organisme qui aide les immigrants à se trouver du travail. « Les immigrants acceptent du travail qui n’a rien à voir avec leurs compétences », fait-il remarquer. « Ce sont des gens qui ne veulent rien savoir de l’aide sociale. » D’ailleurs, 95 % des gens qui sollicitent son organisme sont au minimum détenteurs d’un baccalauréat.