La parole haineuse se fait entendre, mais aussi dénoncer

Le vandalisme sur une mosquée de Pointe-Saint-Charles n’a mené à aucune arrestation pour l’instant.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le vandalisme sur une mosquée de Pointe-Saint-Charles n’a mené à aucune arrestation pour l’instant.

Les élans de solidarité ne figurent pas seuls au bilan de cette semaine de deuil. L’attentat de Québec a aussi soufflé sur les braises de la parole haineuse en ligne.

En moins d’une semaine, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) rapporte que 12 crimes haineux ont été commis, contre 137 pour toute l’année 2016. À ces crimes s’ajoutent aussi au moins 41 incidents haineux, la plupart de ces deux cas concernant des propos tenus sur les réseaux sociaux.

Sans pouvoir dire combien mèneront à des accusations criminelles, la Sûreté du Québec (SQ) confirme avoir reçu 175 signalements depuis dimanche dernier, provenant de tout le territoire, incluant la ville de Québec.

En l’espace de quelques jours, les dénonciations des citoyens aux corps policiers auront conduit à au moins trois arrestations. À Québec et Mirabel, des hommes dans la vingtaine ont été accusés d’avoir incité à la haine dans des messages en ligne. Cette accusation pèse aussi sur un quadragénaire de Kirkland, en plus de menace de mort ou de lésion corporelle.

Le vandalisme sur une mosquée de Pointe-Saint-Charles n’a mené à aucune arrestation pour l’instant.

Depuis mai dernier, le SPVM comptabilise également les « incidents » haineux. Ainsi, même lorsqu’un signalement ne mène pas à des accusations criminelles, un rapport est produit, ce qui permet d’identifier les suspects récurrents, indique Caroline Cournoyer, porte-parole du SPVM.

Les « trolls » ne se transformeront heureusement pas tous en terroristes. Mme Cournoyer se veut rassurante : « La plupart du temps, quand on appelle ou qu’on rencontre une personne qui a tenu ces propos, elle arrête de faire des messages haineux dans un court laps de temps. » D’autres ont choisi de fermer leur page Facebook.

Sur les 137 crimes haineux répertoriés en 2016, 108 se rapportaient soit à une religion, soit à la race ou à l’origine ethnique. Cette semaine, les 53 événements (incidents ou crimes) visaient la communauté musulmane avant tout autre groupe, avoue le SPVM.

La méconnaissance de cette communauté est persistante, conclut-elle, et la vigilance ne doit pas s’évanouir une fois la commotion passée.