Les crimes haineux visant une religion sont en hausse au Québec

Le ministère québécois de la Sécurité publique a recensé 93 infractions à caractère haineux — toutes religions confondues — en 2014, alors qu’il n’y en avait que 70 en 2010.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le ministère québécois de la Sécurité publique a recensé 93 infractions à caractère haineux — toutes religions confondues — en 2014, alors qu’il n’y en avait que 70 en 2010.

Même s’ils n’ont pas eu la violence de l’attaque mortelle de dimanche soir contre une mosquée de Québec, les crimes à caractère haineux visant une religion sont en hausse au Québec depuis quelques années.

Et depuis dimanche, les appels se multiplient au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, de même qu’au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Le ministère québécois de la Sécurité publique a recensé 93 infractions à caractère haineux — toutes religions confondues — en 2014, alors qu’il n’y en avait que 70 en 2010.

Beaucoup de ces infractions étaient des méfaits, ce qui inclut le vandalisme.

Le ministère a aussi pu préciser les crimes haineux commis spécifiquement contre la religion musulmane, mais seulement pour deux années récentes.

Il a commencé à détailler les crimes haineux visant une religion en 2013 et est en mesure de dire que, cette année-là, 20 visaient des musulmans, contre 35 en 2014, soit une hausse de 15 infractions.

Le SPVM estime lui aussi que les crimes haineux visant une religion sont en hausse. La police en a recensé 55 en 2016, comparativement à 24 en 2013, mais ne détaille pas les religions visées. Ces crimes n’ont par ailleurs pas tous débouché sur des accusations criminelles, a indiqué en entrevue Carolyn Cournoyer, commandante de la section des Relations avec la communauté.

Elle parle d’une hausse, mais invite à la prudence, en suggérant que la création en 2016 du Module incidents et crimes haineux au SPVM et celle du Centre de prévention de la radicalisation peut avoir incité plus des gens à porter plainte qu’avant.

Le SPVM a aussi indiqué avoir reçu depuis deux jours de nombreux appels de citoyens dénonçant des propos haineux ou islamophobes sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Certains de ces propos étaient de nature criminelle, par exemple des menaces.

Au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, qui existe depuis près de deux ans, on a relevé dans cette période 14 cas haineux (par exemple, visant l’origine ethnique ou l’orientation sexuelle) et 16 liés à l’islamophobie, pour un total de 30. De ce nombre, 14 cas ont été transmis à la police.

« C’est beaucoup », a laissé tomber en entrevue le directeur général du centre, Herman Okomba-Deparice.

Il rappelle que beaucoup de gens ne rapportent pas les crimes haineux. « Ils sont gênés, ou n’ont pas confiance », déplore le directeur.

Sursaut d’appels

Depuis 48 heures, il y a eu un sursaut d’appels au centre. Sur un total de 20 situations retenues, 10 étaient des actes d’islamophobie, note-t-il. Trois cas ont d’ailleurs été transmis à la police.

L’homme refuse d’être alarmiste : il signale que la police est efficace et qu’il y a des stratégies de prévention en place.

« Le risque zéro n’existe pas », précise-t-il toutefois.

Au Canada, le Code criminel prévoit quatre infractions spécifiques qui sont considérées comme des crimes de haine, soit l’encouragement au génocide, l’incitation publique à la haine, la fomentation volontaire de la haine et le méfait envers les biens religieux.

Le Service de police de la ville de Québec (SPVQ) et la Sûreté du Québec n’ont pas été en mesure de donner suite à nos demandes de statistiques mardi.

4 commentaires
  • Normand Bélair-Plessis - Inscrit 1 février 2017 00 h 51

    A h oui?

    Et se pose-t -on l'a question POURQUOI?
    Hmmm?
    il doit certainement avoir une raison, non?
    UNE PROVOCATION peut etre?
    Ose-t-on en discuter ou simplement présenter une version de la culpabilite des quebecois de souche?
    Hmmm?

    • Pierre Desautels - Abonné 1 février 2017 08 h 01

      Il n'y a aucune raison qui justifie ces actes honteux. Oui, certains Québécois de souche nous font honte.

    • Robert Dufresne - Inscrit 1 février 2017 13 h 45

      Pourquoi ? Parce qu'il y a des gens qui sont méchants et dont l'esprit est fermé comme une huitre.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 février 2017 10 h 29

      Monsieur Desautels, si on ne vous connaissait pas on croirait presque à vous lire que vous avez du peser tout cela avec une patiente minutie avant de conclure à la lumière de cette réflexion que quelles que soient les circonstances atténuantes liées à ceux à qui il s'est attaqué, acune n'était vraiment assez forte pour justifier le geste. Comme ce monsieur qui disait l'autre jour que l'assermentation niqabée était une provocation qui pouvait expliquer sans justifier. Enfin pas tout à fait. Mais on se comprend, je crois.