Attentat de Québec: les réseaux d’aide se mobilisent pour les victimes

Lancée lundi soir, une campagne de financement a permis d’amasser 190 000 $, à la fois pour organiser les funérailles des victimes et pour venir en aide aux familles.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Lancée lundi soir, une campagne de financement a permis d’amasser 190 000 $, à la fois pour organiser les funérailles des victimes et pour venir en aide aux familles.

Au surlendemain de la tuerie de la grande mosquée de Québec, les fonds pour venir en aide aux proches des victimes affluaient durant la journée de mardi.

À Mississauga, Taha Ghayyur dirige le site dawa.net, qui collecte des fonds pour les initiatives musulmanes d’un bout à l’autre du pays. La Zakat, qui veut dire en arabe « aumône légale », fait d’ailleurs partie des cinq piliers de l’islam, et souligne l’importance de la participation sociale dans le monde musulman. Lancée lundi soir, la campagne de financement de dawa.net avait permis d’amasser 190 000 $, à la fois pour organiser les funérailles des victimes, dont certaines se dérouleront dans leur pays d’origine, et pour venir en aide aux familles.

« Au début, on cherchait à amasser 35 000 $ pour couvrir les frais des funérailles, mais nous avons maintenant comme objectif d’en amasser 250 000, pour venir en aide aux familles, puisque certaines victimes étaient endettées », explique M. Ghayyur. Plusieurs veuves des victimes n’avaient par ailleurs pas d’emploi, et se retrouvent démunies pour assurer la survie de leur famille.

Pendant ce temps, Mohammad Fakhi, propriétaire de la chaîne alimentaire Paramount, à Toronto, a lui aussi dit vouloir faire un don pour venir en aide aux familles.

À Québec, la Fondation Québec Philanthrope a annoncé la création d’un fonds pérenne pour « lutter contre l’intolérance sociale ».

Une attaque du type de celle qui a été subie à Québec peut toucher une communauté entière, et ce, que les personnes aient été ou non présentes

 

« J’en ai parlé avec quelques-uns des partenaires, disait mardi Karen Bouchard la directrice générale de la Fondation. […] Il y a des gens qui veulent faire des dons et ça sera transféré dans ce fonds. » La Fondation Québec Philanthrope crée des fonds pour agir à long terme sur des problèmes donnés. « On veut travailler à sensibiliser contre la radicalisation », poursuit Mme Bouchard.

Au réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC), on était mobilisé, au centre d’assistance psychosociale du Jeffery Hale de Québec, pour soutenir et accompagner des victimes, des proches des victimes, des témoins des événements ainsi que des membres de la population en général.

« On peut faire une intervention post-traumatique, on fait une évaluation des besoins, dit Jenny Charest, porte-parole du réseau des CAVAC. On peut les aider à remplir des formulaires et à accomplir les démarches techniques. On peut les accompagner en cour ». Le réseau des CAVAC emploie des intervenants qui parlent plusieurs langues, en particulier à Montréal.

« Une attaque du type de celle qui a été subie à Québec peut toucher une communauté entière, et ce, que les personnes aient été ou non présentes. Parmi les conséquences de cette violence insensée, on constate souvent une atteinte au sentiment de sécurité personnelle, mais également nationale, qui, une fois ébranlé, peut affecter plusieurs sphères de la vie », lit-on dans un communiqué publié par les CAVAC.

Par ailleurs, le ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, François Blais, a évoqué la possibilité, mardi, selon Le Soleil, d’accorder une aide financière à très court terme aux personnes touchées par la tuerie.

L'aide aux victimes et à leurs proches évaluée au cas par cas

Les proches des victimes et les victimes des attentats de la mosquée de Québec devraient être admissibles au programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels, mais les évaluations se feront toutes au cas par cas.

C’est ce que disait jeudi Pierre Turgeon, porte-parole de la Commission des normes, de l’équité, de la santé, et de la sécurité au travail (CNESST), qui gère le fonds attribué à ce programme.

Les blessés pourraient pour leur part obtenir une indemnisation advenant que soit démontrée leur incapacité à travailler.

« Chaque cas est particulier. La demande d’admissibilité doit être vérifiée », dit M. Turgeon, qui ajoute que les veuves des victimes mortes sous les coups de feu d’Alexandre Bissonnette sont manifestement des victimes d’actes criminels.

« Tous les proches peuvent bénéficier des services de réhabilitation », dit-il. Sur le plan des indemnités, les montants accordés varient. « Une veuve qui n’a pas d’enfant va recevoir moins d’argent qu’une veuve qui a quatre enfants », dit-il. Les rentes des veuves, si elles sont déclarées admissibles aux indemnités, peuvent varier entre 55 et 80 % du salaire de la victime, jusqu’à concurrence d’un salaire de 72 000 $ par année. Mais il y a « beaucoup d’exceptions », dit-il. Si la veuve a moins de 35 ans, cette indemnité peut se poursuivre durant cinq ans. Même chose pour la veuve qui se retrouve dans une nouvelle union civile. Les enfants peuvent bénéficier d’une rente jusqu’à l’âge de 18 ans. Cette rente peut se prolonger s’ils poursuivent des études avancées ou s’ils sont invalides.

Les blessés d’un acte criminel reconnus admissibles peuvent pour leur part percevoir jusqu’à 90 % de leur salaire jusqu’à ce qu’ils soient réhabilités.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 1 février 2017 07 h 23

    Qui mérite une épreuve pareille? Je vous aime.

    Peut-être que les maisons d’enseignement devraient être plus vigilantes, car, selon moi, il s’agit d’un problème de maladie mentale. Que savons nous de ce que vivent ces gens, leur enfermement? Le plus triste, c’est qu’il s’est attaqué à des gens biens.

    Admettons que le contexte actuel n’est pas le meilleur -- peut-être qu’il n’existe pas de bons moments --, mais j’ai juste envie de pleurer avec ces victimes. Qui mérite une épreuve pareille? Je vous aime.