Plus de 800 demandes de parrainage en deux semaines au Québec

La ministre québécoise de l’Immigration, Kathleen Weil, échange avec une réfugiée syrienne à Montréal, le 11 décembre dernier.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne La ministre québécoise de l’Immigration, Kathleen Weil, échange avec une réfugiée syrienne à Montréal, le 11 décembre dernier.

Un important nombre de demandes de parrainage de réfugiés a été déposé dans l’urgence depuis le début de janvier, alors que Québec suspend à partir d’aujourd’hui la réception de toute nouvelle requête. En profond désaccord, un mouvement citoyen s’est formé afin d’exiger que le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) revienne sur sa décision.

Par un arrêté signé le 9 janvier, la ministre de l’Immigration, Kathleen Weil, a ainsi emboîté le pas du gouvernement fédéral qui, peu avant Noël, avait limité le nombre de nouveaux dossiers de parrainage au privé qu’il allait désormais traiter. Pour les deux gouvernements, l’objectif est de pouvoir éliminer l’« inventaire » des demandes déjà reçues et qui s’empilent sur le bureau.

Depuis que Québec a pris cette décision, plus de 800 requêtes de parrainage visant 2200 réfugiés ont été acheminées en seulement deux semaines. Au total, depuis septembre, 1800 nouvelles demandes de parrainage collectif visant 5000 réfugiés (pas seulement syriens) ont été déposées et sont en cours de traitement.

Selon le MIDI, le délai moyen de traitement d’une requête déposée aujourd’hui est de cinq mois. Il rappelle que, compte tenu des cibles et des délais de traitement au fédéral, le réfugié ne doit pas espérer fouler le sol canadien avant 2019. À l’heure actuelle, 10 000 réfugiés dont le dossier a été traité sont toujours en attente de venir s’installer au pays.

« Inacceptable »

Le ministère dit ne pas savoir combien il aurait pu recevoir de demandes cette année. Mais pour Rafaëlle Sinave et Maude Ménard-Dunn, les deux marraines de la famille Darwish arrivée en décembre, il est « inacceptable » que le gouvernement « freine l’élan de générosité » de nombreux Québécois. « Que le gouvernement ouvre sa porte et la referme d’un coup en disant qu’il veut prioriser les dossiers en traitement, on n’accepte pas ça. Si on veut traiter le plus grand nombre de dossiers, qu’on mette des ressources supplémentaires », s’insurge Mme Ménard-Dunn, l’une des instigatrices du tout nouveau Collectif pour l’accueil des personnes réfugiées, qui vient de lancer une déclaration déjà appuyée par une centaine de personnes.

Elle déplore le manque de volonté politique et le « problème idéologique » du gouvernement québécois, et celui du fédéral. « L’accueil des réfugiés, ce n’est pas accueillir 25 000 personnes et fermer nos portes après. C’est une posture. Et comparativement à plein d’autres pays, on ne fait pas assez notre part. »

Dans leur déclaration commune, les réfugiés, les groupes de parrainage et les sympathisants exhortent les deux gouvernements à hausser leurs cibles d’accueil et à déployer les ressources nécessaires pour traiter les nombreuses demandes dans un délai raisonnable. « Ottawa et Québec prennent aujourd’hui une décision politique qui nous privera, comme citoyens et citoyennes, de notre droit à manifester notre solidarité envers les personnes réfugiées. Le refuge est un droit et non un privilège. »