Loterie vidéo: les zones à risque ciblées en priorité

Loto-Québec s’engage à réduire de 11 601 à 10 500 le nombre d’appareils de loterie vidéo exploités au Québec.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Loto-Québec s’engage à réduire de 11 601 à 10 500 le nombre d’appareils de loterie vidéo exploités au Québec.

Loto-Québec retirera 1000 appareils de loterie vidéo (ALV) en priorité dans les quartiers les plus vulnérables aux problèmes de jeu, affirme le ministre des Finances, Carlos Leitão.

La société d’État s’inspirera du rapport de la Direction de la santé publique de Montréal, publié dans Le Devoir de mercredi, pour cibler les endroits où les appareils de loterie vidéo doivent être retirés, a indiqué le ministre responsable de Loto-Québec. Ce rapport troublant de la DSP révèle que les résidants des quartiers les plus à risque de problèmes de jeu sont six fois plus exposés aux appareils de loterie vidéo que les gens qui vivent dans un secteur moins vulnérable.

À Montréal, les quartiers Parc-Extension, Centre-Sud, Saint-Michel, la Petite-Patrie, Hochelaga-Maisonneuve et Pointe-Saint-Charles sont les plus exposés — et les plus vulnérables — aux ALV. Les résidants de ces quartiers n’ont qu’à marcher 394 mètres en moyenne pour se rendre au bar le plus près de chez eux offrant des ALV. Dans les quartiers les moins vulnérables, les gens doivent parcourir en moyenne 1,8 kilomètre pour trouver un bar offrant des ALV.

Dans son plan d’action diffusé le 22 décembre, Loto-Québec s’engage à réduire de 11 601 à 10 500 (incluant les appareils situés dans les salons de jeu) le nombre d’ALV exploités au Québec. « Ça va se faire de façon ordonnée et ciblée. Oui, en effet, il faudra résilier certains contrats. L’objectif est non seulement de diminuer, d’arriver à 10 000 machines [dans les bars], mais que ces machines-là soient à l’endroit le moins dommageable en matière de santé publique et de protection des consommateurs », a dit le ministre Leitão à un groupe de journalistes, mercredi à Québec.

Trop peu, trop tard

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale critiquent la lenteur et la timidité du plan de Loto-Québec. Ils déplorent le retrait volontaire des appareils offert aux exploitants de bar qui ont des ALV.

« Il faut aller plus loin que cela. Le retrait volontaire ne se fera pas nécessairement dans les zones qui en ont le plus besoin, où se trouvent les personnes les plus vulnérables », dit Sylvain Pagé, du Parti québécois.

« Loto-Québec a continué de mettre des appareils dans les quartiers vulnérables même en connaissant très bien les impacts sur les plus démunis. Ça m’écoeure de voir qu’on est si lents et qu’on tolère ça depuis si longtemps », ajoute François Bonnardel, de la Coalition avenir Québec.

Amir Khadir, de Québec solidaire, affirme que l’étude de la DSP offre une bonne base pour commencer dès maintenant le retrait des ALV : il faut retirer de la circulation les appareils situés dans les quartiers à risque pour arriver à la parité avec les secteurs les moins vulnérables.