Les clans continuent à se faire la guerre

Rocco Sollecito, l’ancien bras droit du parrain montréalais Vito Rizzuto, selon des documents de la police, a été tué en mai dernier à Laval.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Rocco Sollecito, l’ancien bras droit du parrain montréalais Vito Rizzuto, selon des documents de la police, a été tué en mai dernier à Laval.

La vague d’incendies criminels liée au crime organisé dans la région montréalaise laisse comprendre que la mafia demeure fortement divisée au Québec, estiment des experts.

Selon eux, le prochain successeur au charismatique Vito Rizzuto — qui a dirigé la mafia pendant trois décennies — devra avoir une approche différente de celle qui a prévalu jusqu’à maintenant.

Antonio Nicaso, un auteur et conférencier universitaire, dit que la mafia se régénère à travers les conflits et les morts. Ce qui émergera, estime-t-il, sera une structure plus démocratique et ouverte à des partenariats avec d’autres groupes criminels.

« Elle découvrira un autre type de structure organisationnelle, affirme-t-il. Ce ne sera pas le même type d’organisation qui contrôle Montréal depuis 30 ans, une sorte de monarchie mafieuse qui contrôle tout par l’entremise d’un patron charismatique. »

Succession

Rizzuto est mort de causes naturelles en 2013. Il était considéré comme un rassembleur de premier ordre. La mafia est entrée dans une ère de perturbations à la suite de son emprisonnement aux États-Unis et de son décès.

André Cédilot, un ancien journaliste qui a beaucoup écrit sur le crime organisé, dit que les clans calabrais s’opposent aux derniers fidèles de Rizzuto, la plupart des Siciliens.

Les Calabrais reçoivent l’aide de groupes établis en Ontario.

Selon M. Cédilot, ils souhaitent un partage plus équitable des territoires et des spécialisations avec les gangs de rue et les Hells Angels.

« C’est sûr que ça change, les organisations omnipuissantes comme le clan Rizzuto, on dirait que c’est en train de disparaître. La nouvelle génération n’en veut pas. Elle est en train de faire des consortiums », fait-il valoir.

Violences

Ces incendies criminels, comme celui ayant détruit un centre commercial à Laval au début de janvier, ont suivi une série de meurtres qui ont frappé les esprits, l’an dernier.

Lorenzo Giordano, décrit comme un lieutenant de Rizzuto, a été abattu en mars dernier tandis que Rocco Sollecito, l’ancien bras droit du parrain montréalais, selon des documents de la police, a été tué en mai. Un autre associé de Rizzuto a été assassiné en octobre.

Au moins trois tentatives de restructuration ont échoué au cours des récentes années, la dernière en novembre 2015 en raison des arrestations de Leonardo Rizzuto, de Stefano Sollecito, de motards et de membres de gangs de rue.

Selon la police, Sollecito et Rizzuto sont les principaux chefs de la mafia italienne. Tous deux souhaitaient une alliance entre la mafia, des groupes de motards criminels et des gangs de rue afin de contrôler le trafic de stupéfiants et le blanchiment d’argent à Montréal.


 
1 commentaire
  • Serge Picard - Abonné 23 janvier 2017 07 h 53

    Le bonheur

    Les clans continuent à se faire la guerre bravo moins de procès au frais des citoyens.