Le Barreau s’inquiète des délais

Les quelque 1100 avocats et notaires employés par les différents ministères et organismes gouvernementaux sont en grève générale illimitée depuis le 24 octobre dernier.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les quelque 1100 avocats et notaires employés par les différents ministères et organismes gouvernementaux sont en grève générale illimitée depuis le 24 octobre dernier.

Le Barreau s’inquiète sérieusement de l’impasse qui persiste dans les négociations entre le gouvernement du Québec et ses juristes. Il craint notamment l’allongement des délais déjà problématiques devant les tribunaux.

De plus, le processus législatif est ralenti à l’Assemblée nationale, puisque des membres des Avocats et notaires de l’État québécois (LANEQ) rédigent les règlements et les projets de loi.

Au cours d’une entrevue vendredi, la bâtonnière du Québec, Me Claudia P. Prémont, a dit souhaiter ardemment que les parties reprennent la négociation, pour leur bien et celui du public.

« Après trois mois, lorsqu’on parle de tout ce qu’ils ont à faire, et particulièrement par rapport aux tribunaux administratifs, où il y a un volume important, on s’inquiète beaucoup de l’impact postconflit et du fait qu’il y aura des dossiers, qui sont remis aujourd’hui, et qui vont être entendus, mais beaucoup plus tard. Pour le citoyen, pour la population, je crois qu’il y a lieu de s’inquiéter », a opiné Me Prémont.

Bien que le Barreau du Québec soit l’ordre professionnel qui représente les 26 000 avocats de la province, Me Prémont n’a pas voulu prendre position dans le dossier, puisque la mission du Barreau est la protection du public.

« Au Barreau, nous croyons vraiment important que les parties retournent négocier. Et on espère une solution négociée dans les délais les plus rapides possible », a-t-elle simplement commenté.

Les quelque 1100 avocats et notaires employés par différents ministères et organismes gouvernementaux sont en grève générale illimitée depuis le 24 octobre dernier. Ils assurent toutefois les services essentiels, comme les cas urgents. Et ils demandent une remise devant le tribunal lorsqu’il ne s’agit pas d’un cas urgent.

Jeudi, le président de LANEQ, Me Jean Denis, a confirmé la rupture des négociations avec Québec, après quatre rencontres exploratoires depuis la fin de décembre. Il a qualifié de « ridicule » la dernière offre reçue.