Toronto et Montréal, championnes canadiennes des embouteillages

Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir

Une nouvelle étude laisse croire que certains des pires points d’engorgement routier au Canada sont suffisamment imposants pour se comparer à ceux des grandes villes américaines telles que New York et Los Angeles.

L’étude commandée par l’Association canadienne des automobilistes (CAA) montre que la portion d’autoroute la plus fréquemment congestionnée au pays, une section de l’autoroute 401 traversant le centre de Toronto, figure au neuvième rang des artères les plus congestionnées au Canada et aux États-Unis.

Le tronçon le plus congestionné de Montréal, celui de l’autoroute 40 entre Pie-IX et l’autoroute 520, occupe la 3e position au Canada, et se comparerait aux bouchons enregistrés à Boston. Un autre qui suit de près, au 5e rang, est la portion de l’autoroute 15 située entre la 40 et le chemin de la Côte-Saint-Luc.

La CAA a identifié les pires congestions routières en analysant les données provinciales et municipales du volume de voitures et les données du système de géolocalisation (GPS) sur près de 3000 kilomètres de routes à travers le pays. L’organisme a indiqué que le rapport visait à cerner les secteurs sur lesquels les élus devraient s’attarder pour apaiser la congestion routière, faisant valoir qu’elle nuit à la productivité et fait augmenter de manière générale les émissions de gaz à effet de serre.

Le rapport indique que les 20 pires points d’engorgement au Canada comptent pour seulement 65 kilomètres sur les 3000 kilomètres analysés dans l’étude.

Toronto occupe la moitié des dix premières positions au pays, et également la moitié des 20 premières positions. Trois artères de Montréal figurent dans les dix pires points d’engorgement, et deux autres se retrouvent entre la 10e et la 20e position. Vancouver complète le tableau des dix premiers rangs, en neuvième et dixième positions. La ville de Québec obtient une mention au 17e rang, pour le tronçon de l’autoroute 73 (Henri-IV) entre le chemin des Quatre-Bourgeois et l’avenue Dalquier (sortie Versant-Nord/Chemin Sainte-Foy).

Selon CAA-Québec, cela fait de Québec la seule « agglomération de taille moyenne » au Canada à figurer dans cette étude, et met en lumière l’importance de l’élargissement de l’autoroute 73 à Québec, qui fait partie des projets à l’étude du Plan québécois des infrastructures 2016-2026.

« S’il restait le moindre doute quant à sa nécessité, notre étude le dissipe de façon éloquente », fait valoir par communiqué Sophie Gagnon, vice-présidente aux communications et aux affaires publiques chez CAA-Québec.

Pour CAA-Québec, il est prioritaire d’organiser la circulation des individus et des biens en anticipant les besoins à long terme « sans pour autant laisser de côté le potentiel des transports collectifs qui font partie de l’équation ».

« Finalement, ce ne sont pas les gestes spectaculaires qui comptent, mais bien l’efficacité. Et c’est aussi ce qui nous permet de dire que l’argent public est bien géré », souligne Mme Gagnon.

Les impacts de la congestion routière sont considérables et ont de multiples facettes, selon des chercheurs.

L’auteur de l’étude, Vijay Gill, de la firme CPCS, spécialisée en matière de transport, soutient que la congestion a un impact sur la productivité du travail et sur l’environnement, et qu’il s’agit surtout d’une question de « qualité de vie ».

Selon CAA-Québec, les impacts annuels des cinq zones d’engorgement à Montréal citées dans l’étude représentent plus de 3 millions d’heures de retard et une surconsommation de 7 millions de litres de carburant.

LES 10 PIRES POINTS D’ENGORGEMENTS AU CANADA

Le 10 pires points d’engorgement routier au Canada

1. Toronto, l’autoroute 401 entre la 427 et la rue Yonge

2. Toronto, Don Valley Parkway/Autoroute 404 entre Don Mills et l’avenue Finch

3. Montréal, l’autoroute 40 entre le boulevard Pie-IX et la 520

4. Toronto, l’autoroute Gardiner entre South Kingsway et Bay Street

5. Montréal, l’autoroute 15 entre la 40 et le chemin de la Côte-Saint-Luc

6. Toronto, l’autoroute 401 entre l’avenue Bayview et la rue Don Mills

7. Toronto, l’autoroute 409 entre la 401 et l’avenue Kipling

8. Montréal, l’autoroute 25 entre l’avenue Souligny et la rue Beaubien

9. Vancouver, la rue Granville au niveau de la Southwest Marine Drive

10. Vancouver, la rue Georgia Ouest entre Seymour et Pender

 
1 commentaire
  • André Labelle - Abonné 11 janvier 2017 16 h 10

    LES COÛTS LIÉS ?

    On peut certainement évaluer les coûts vertigineux de toutes ces heures perdues dans les bouchons, le coût de l'essence consommé sans rouler, les coûts au niveau des assurances lors des milliers d'accrochages, etc., etc. Des milliards de dollars ...

    Qu'attendent nos gouvernements, les employeurs, les syndicats, bref tous les citoyens de la société pour s'intéresser un peu plus au télé-travail, au travail à domicile.

    C'est complètement effarant que personne ne semble disposé à mieux structurer et faire la promotion de cette simple alternative. Tout est là pour aller dans ce sens: la technologie, les économies, tout. Alvin Toffler l'évoquait déjà en 1980 dans son ouvrage prophétique sur bien des points : La Troisième Vague.

    À l'évidence même nos cerveaux sont embouteillés ...

    «Le temps ne fait rien à l'affaire ; quand on est con, on est con.»
    [Georges Brassens]