Les meilleurs voeux de… Aurélie Lanctôt

Aurélie Lanctôt
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Aurélie Lanctôt

Que retenez-vous de 2016 ? Quels sont vos plus grands espoirs pour 2017 ? Le Devoir a sondé l’âme de cinq personnalités qui partagent pour vous leur pensée. Nous poursuivons notre série de capsules — en textes et en vidéo — avec l’essayiste et féministe Aurélie Lanctôt.

L’année 2016 en aura été une de grand ressentiment, soutient l’auteure Aurélie Lanctôt. D’abord latent, puis bouillonnant, tant à l’étranger qu’à l’intérieur même des frontières québécoises, ce sentiment de dépossession aura bousculé une forme de statu quo au courant de la dernière année. « On ne peut pas passer à côté de 2016 sans parler du ressentiment, de la rage qui a eu une large tribune. Ç’a eu une incidence considérable sur la scène internationale. »
 

« J’ai l’impression qu’il y a un sentiment de désarroi profond chez une grande partie de la population », renchérit la jeune femme. Population qui a été amenée à s’exprimer à quelques reprises au courant des derniers mois, menant à des résultats surprenants, voire choquants, selon celle qui s’est jointe, sur le tard, au mouvement populaire « Faut qu’on se parle », dont la tournée d’assemblées de cuisine a fait largement jaser cet automne.

« On n’a qu’à penser aux résultats du Brexit ou à l’élection de Donald Trump aux États-Unis », qui sont selon elle deux exemples patents de cette méfiance galopante à l’égard d’une élite « déconnectée ». « De toute évidence, il y a une méfiance qui s’est exprimée à l’égard d’un certain establishment qui dans les 30, voire les 40 dernières années a oublié de faire son autocritique. Ça a peut-être contribué à alimenter le cynisme chez certaines personnes. En tout cas, ça s’est exprimé de façon très tranchée en 2016. »

Au Québec, le mécontentement généralisé est sans doute dû aux nombreuses mesures d’austérité budgétaire imposées par le gouvernement depuis l’élection en 2014, insiste Aurélie Lanctôt. « Il y a beaucoup de gens qui sont tout simplement épuisés. » Et l’épuisement est, très certainement, un terreau fertile pour le ressentiment, lâche-t-elle avec un soupir.

Bien que réaliste quant aux possibles changements à venir, Aurélie Lanctôt demeure optimiste pour l’année à venir. Reste à savoir comment on répondra au mécontentement ambiant. « Ça peut aller d’un côté comme de l’autre, avance prudemment la jeune femme. Ça peut mener à davantage de haine et de division, mais je reste convaincue que, si on y répond avec solidarité et unité, on pourra avoir une meilleure année 2017. »

3 commentaires
  • Gaston Bourdages - Abonné 4 janvier 2017 06 h 15

    Et si pour devenir conscient l'être humain se doit...

    ...de passer par la souffrance ? Dont celle consécutive au «ressentiment» ? Pourquoi le ressentiment ? Comment en sommes-nous devenus habités par un tel désagréable et non constructif sentiment ?
    Fort louable ce souhait de «solidarité et d'unité» sauf que sa réalisation à une époque de nombrilisme...? Ou de «selfie» ? Je lève les épaules, habité par un doute.
    Je continue à avoir foi dans l'être humain dont je suis. Et, avec fierté non entachée de narcissisme, j'ai foi en moi et dans la vie m'habitant. Foi aussi de et dans ma dignité.
    Sans prétention aucune.
    Gaston Bourdages,
    Écrivain.

  • Raynald Rouette - Abonné 4 janvier 2017 10 h 46

    Vent de fraîcheur à l'horizon


    Présence remarquée au dernier Bazzo!

    Articulée, cohérente, maîtrise les sujets, structurée, capable de débattre en profondeur avec l'establishment politique ou médiatique.

    Madame Lanctôt parle de ressentiment dans la population avec raison, voilà plus de 35 ans que le Québec est littérallement saigné financièrement et économiquement par le camp fédéraliste complice le l'establishment financier.

    Le Québec est redevenu une colonie dans la grande colonie britannique qu'est le Canada. Que faisait la reine d'Angleterre en conclusion du Bye Bye 2016? Quelle arrogance et mépris des fédéralistes. Ça donne un bon aperçu de la profonde régression du Québec et du rôle joué par Radio-Canada au Québec.

    Y aurait-il un lien entre le populisme ambiant et le ressentiment en ébullition chez-nous comme ailleurs?

  • Raynald Blais - Abonné 5 janvier 2017 08 h 43

    Collaborationnistes

    Hé oui! Encore cette année, cette gauche-là nous promet de convaincre suffisamment de capitalistes pour faire changer les choses. Toutefois, ils admettent que cette stratégie pousse une partie du peuple dans les bras de leader à la Trump, mais c'est la seule stratégie qu'ils ont à offrir, celle de la collaboration de classe.