Les meilleurs voeux de… Marie-Thérèse Fortin

La femme de théâtre et actrice Marie-Thérèse Fortin
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir La femme de théâtre et actrice Marie-Thérèse Fortin

Que retenez-vous de 2016 ? Quels sont vos plus grands espoirs pour 2017 ? Le Devoir a sondé l’âme de cinq personnalités qui vous partagent leurs pensées. Première d’une série de cinq capsules — en textes et en vidéo — avec la comédienne et femme de théâtre Marie-Thérèse Fortin.

 


L’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis a profondément bouleversé la comédienne québécoise Marie-Thérèse Fortin. Près de deux mois après le soir fatidique du 8 novembre dernier, l’artiste peine encore à comprendre ce qui a bien pu se passer. « Pour moi, ça illustre vraiment bien ce phénomène que les médias ont qualifié de “post-vérité”, souligne l’artiste. Pour ça, l’année 2016 a été assez affolante. C’est curieux de voir que la raison et l’analyse des faits perdent du terrain par rapport à des projections émotives, que la perception qu’on a des choses devient plus forte que la réalité elle-même. »

Au Québec, bien que moins marquée, cette ère postfactuelle s’est tout de même fait sentir, notamment avec la place de plus en plus importante laissée à certaines tribunes populistes, avance la femme de théâtre. Tribunes qui, comme autant de porte-étendard, ont alimenté le cynisme et creusé encore davantage le clivage existant entre une partie de la population et les institutions. 2016 aura donc été une année de désengagement, de grande désillusion même.

Plus encore, ajoute Marie-Thérèse Fortin, l’année qui s’achève aura été marquée par l’élargissement du fossé entre « les mieux nantis de notre société et les gens ordinaires ». Cet écart de plus en plus grand contribue, selon elle, à l’inquiétant clivage décrit plus tôt.

Pour le pallier, la comédienne estime qu’il est plus que temps que le Québec — et, plus largement, le monde — redonne à l’éducation les lettres de noblesse qui lui reviennent. « Il faut remettre notre attention dans ce segment de l’activité humaine et sociale », insiste-t-elle, convaincue.

Marie-Thérèse Fortin espère donc de tout coeur que l’on fasse, collectivement, une plus grande place à l’éducation et que l’on se donne le temps de faire un grand chantier de réflexion sur ces importantes questions. Plus encore, elle se — nous — souhaite un réinvestissement massif dans ce secteur. « Je pense que c’est l’une des seules façons d’éviter les écueils et les dérives qui surgissent quand on occulte les faits au profit d’idéologies qui vont dans tous les sens. »