L’éducation au coeur des préoccupations

Les membres du groupe Faut qu’on se parle se réunissaient jeudi soir au Club Soda, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les membres du groupe Faut qu’on se parle se réunissaient jeudi soir au Club Soda, à Montréal.

Deux mois et demi, 174 assemblées de cuisine et dix consultations publiques plus tard, le rideau est tombé sur Faut qu’on se parle, jeudi soir à Montréal. La réflexion collective sur l’avenir du Québec se sera promenée d’un bout à l’autre du territoire dans l’objectif de dégager des consensus sur les aspirations et les priorités des Québécois.

De tous les thèmes traités lors des consultations publiques et des rencontres tenues chez de simples citoyens, c’est celui de l’éducation qui est ressorti le plus souvent, non seulement dans la métropole, mais également dans l’ensemble des régions, ont noté les neuf membres du collectif fondé à l’instigation de Jean-Martin Aussant, Claire Bolduc, Maïtée Labrecque-Saganash, Gabriel Nadeau-Dubois et Alain Vadeboncoeur.

« S’il y a une grande constante, c’est ça, confirme Mme Bolduc, une agronome et ex-présidente de Solidarité rurale. Les participants l’ont rappelé de toutes les manières, sous toutes les formes. À toutes les fois qu’on abordait un problème, on revenait à l’essence : l’éducation. Si les gens ne sont pas en santé, s’ils ne sont pas intéressés par la politique, l’éducation c’est tout ça. »

Plus urgemment, les citoyens se sont montrés inquiets de l’état actuel du système éducatif. « Ils ont parlé de l’état des écoles, de la valorisation des enseignants, du soutien aux élèves en difficulté, de décrochage, d’analphabétisme », énumère l’ex-militant étudiant Gabriel Nadeau-Dubois.

Démocratie

L’examen de conscience collectif a également permis d’établir certaines priorités en matière de démocratie. Bien que ses membres soient pour la plupart identifiés à la gauche, Faut qu’on se parle se voulait foncièrement non partisan. La tenue de référendums d’initiative populaire tel qu’on en voit dans certains États américains a été abordée moult fois, tout comme un financement des partis politiques entièrement assuré par l’État. « Ce sont des idées innovantes. Les citoyens souhaitent prendre part de façon plus active, plus concrète à la démocratie », observe Mme Bolduc.

Ouvert à tous, et pas uniquement aux accros de la politique ainsi qu’aux citoyens les plus politisés, FQSP croit avoir atteint son objectif à cet égard, poursuit M. Nadeau-Dubois. « La division gauche-droite ou fédéraliste-souverainiste n’est pas perçue comme importante. Les gens ont des préoccupations très concrètes. Ils veulent de belles écoles pour leurs enfants. Ils ne trouvent pas normal que leur enfant puisse voir un orthopédagogue une fois tous les neuf jours. On leur demandait : comment on fait pour régler ces problèmes-là ? »

À toutes les fois qu’on abordait un problème, on revenait à l’essence: l’éducation

 

L’environnement et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la création de nouvelles taxes et impôts, voire la gratuité du transport en commun et la fin du commerce de l’eau en bouteille figuraient parmi les thèmes et idées populaires. Lors des consultations publiques, les participants ont été appelés à voter à main levée, ou par l’entremise de leurs téléphones et tablettes.

De ces « consensus », le groupe d’intellectuels produira un bilan, sous forme de rapport, en février ou mars prochain. L’ouvrage devrait être publié chez Lux éditeur. Mais les propositions majeures récoltées par Faut qu’on se parle seront également accessibles dans leur entièreté en ligne, explique la Crie Maïtée Labrecque-Saganash. « Cette base de données, on la crée parce qu’on veut rendre ces données publiques et accessibles. On espère que les gens vont les reprendre, ces idées et propositions, se les approprier et en faire des revendications. »

Et qu’adviendra-t-il du collectif lui-même, une fois la rédaction du livre terminée ? « Non, il n’y en aura pas, de parti politique ! » s’esclaffe la jeune femme.

7 commentaires
  • Claude Trudel - Abonné 9 décembre 2016 07 h 44

    Double demande


    Je souhaite que Le Devoir publie dans ses pages et sur son site l’intégralité des allocutions d’ouverture de Maïtée Labrecque-Saganash et de clôture de Gabriel Nadeau-Dubois prononcées lors de la dernière rencontre de cette exceptionnelle et exemplaire consultation citoyenne.

  • Richard Lépine - Abonné 9 décembre 2016 08 h 28

    Oui

    Deux allocutions rassembleuses.

  • Yvon Bureau - Abonné 9 décembre 2016 08 h 33

    Merci d'avoir créé cet astre

    Ce qui demande humilité, audace et ténacité.

    Quant à l'enlignement des astres, cela ne nous appartient pas. Le Tout est tellement grand!

    Mon utopie : le budget de l'Éducation devient supérieur à celui de la Santé.

    Oui+++ à une démocratie plus participative.

    Gang, MERCI+++

  • François Dugal - Inscrit 9 décembre 2016 08 h 34

    La première priorité

    Nommez le parti politique qui a dit :"Votez pour moi, pis vous aurez une éducation publique de qualité, c'est ma première priorité".

    • Claude Bariteau - Abonné 9 décembre 2016 13 h 55

      C'est un enjeu incontournable, qu'il importe de bien cadrer dans l'histoire. Voir mon commentaire plus bas.

  • Nadia Alexan - Abonnée 9 décembre 2016 08 h 52

    Une belle initiative.

    Bravo, au groupe «Faut qu'on se parle». La démocratie participative, une belle initiative citoyenne, en espérant que ça se traduit en action concrète.