Gilles Vaillancourt prend le chemin de la prison

L'ex-maire de Laval à son arrivée au palais de justice jeudi matin. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'ex-maire de Laval à son arrivée au palais de justice jeudi matin. 

L’ancien maire de Laval Gilles Vaillancourt a pris le chemin de la prison après avoir plaidé coupable, jeudi, au palais de justice de Laval, de complot pour fraude, de fraude et d’abus de confiance. L’accusation de gangstérisme à laquelle il faisait face a été abandonnée. 


Gilles Vaillancourt reviendra en cour le 15 décembre pour connaître sa sentence. La suggestion commune des parties est une peine de six ans.

« Je regrette très sincèrement les erreurs que j’ai commises et surtout la peine imposée à ma famille, mes amis et, surtout, aux citoyens de Laval. Je ressens une très grande douleur qui, je sais, m’accompagnera jusqu’à la fin de ma vie. J’ai accompli de grandes choses à Laval, mais les erreurs que j’ai commises ne sont pas acceptables. Je souhaite purger ma peine le plus rapidement possible et redevenir un citoyen actif au sein de la société », a déclaré l’ex-maire de Laval au tribunal.
 

Les crimes reprochés à Gilles Vaillancourt ont été commis à Laval ou ailleurs dans la province de Québec entre le 1er janvier 1996 et le 30 septembre 2010.


M. Vaillancourt remboursera plus de 8 millions à la Ville de Laval. Cette restitution est déjà entamée puisqu’une somme de 1,7 million a été transférée dans le compte du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Un montant de 5,2 millions est quant à lui en transit depuis des comptes en Suisse. M. Vaillancourt a également versé 300 000 $ en argent comptant ainsi qu’une somme identique provenant de sa pension de la Ville de Laval au cours des derniers jours.

Le condo de l’ancien maire de Laval, évalué à 1 million de dollars, a aussi été cédé à la Ville de Laval.

L’avocate de M. Vaillancourt a tenu à souligner que M. Vaillancourt « se permet […] d’espérer que [les gens] se souviendront aussi des accomplissements qu’il a faits au cours de sa vie politique. C’est un homme qui a consacré toute sa vie à la politique et il l’a fait avec passion et talent. Il a 75 ans, bientôt 76, et il est en recherche de paix. »

Gilles Vaillancourt devra purger une peine de six ans de pénitencier. Les facteurs aggravants, ayant mené à cette sentence : « préméditation, fréquence, ampleur et durée de la fraude ». Le fait que M. Vaillancourt a reconnu sa culpabilité et a restitué des sommes d’argent importantes fait partie des facteurs atténuants.

L’actuel maire de Laval, Marc Demers, a publié, jeudi, une vidéo pour commenter le procès :

 

 

En conférence de presse, après l’annonce du plaidoyer, M. Demers s’est montré satisfait de l’entente survenue entre l'administration municipale et son prédécesseur.
 

Le maire actuel de Laval a précisé qu’il s’était montré ouvert à négocier avec Gilles Vaillancourt au printemps dernier, mais qu’il souhaitait d’abord « être convaincu » que celui-ci mettrait tous ses actifs sur la table. Cela étant fait, il a accepté les engagements de remboursement pris par l’ex-maire.
 

Marc Demers s’est cependant retrouvé dans une situation délicate lorsqu’il a appris que Revenu Québec réclamait 1,8 million $, sur la somme provenant des comptes suisses.

Il a donc écrit au premier ministre Philippe Couillard pour lui manifester son inconfort devant cette situation et affirme attendre toujours sa réponse.
 

Le juge a entériné le changement de plaidoyer après que Gilles Vaillancourt eut reconnu son intention de commettre les crimes qui lui sont reprochés. Interrogé à ce sujet, l’ex-maire de Laval avait d’abord répondu : « Je n’avais pas l’intention. » Le juge avait alors suspendu les audiences pour une quinzaine de minutes afin que l’accusé puisse parler à son avocate.

 

La couronne s’est engagée à ne pas contraindre Gilles Vaillancourt à témoigner dans les procès de ses 34 coaccusés.

 

Gilles Vaillancourt avait démissionné de son poste de maire le 9 novembre 2012 à l’issue d’un règne incontesté à Laval pendant 23 ans.

10 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 1 décembre 2016 09 h 38

    Au voleur!

    Le crime paie.
    La justice est embourbée.
    Les citoyens deviennent (forcément) cyniques (on le serait à moins).

    Sommes-nous dans une république de bananes?
    Si on se fie aux apparences, c'est le constat que l'observateur est inexorablement amené à faire, mon colonel.

  • Placide Couture - Inscrit 1 décembre 2016 10 h 45

    Un bon "deal" dans les circonstances disent certains...mais s'il nous avait volé de 100 ou de 200 millions ou même plus...!? Quelle est la proportion entre la peine et le chatiment !? Difficile à dire quand tout est secret...

    • Pierre Brosseau - Abonné 1 décembre 2016 16 h 16

      Il y a plusieurs années, j'avais effectué une recherche pour la préparation d'un livre dont l'inspirateur était un ancien gardien de prison. J'avais alors eu la permission, en trois occasions, de rencontrer les autorités,de parler à des détenus et de visiter les installations de la prison de Cowansville.

      Un des détenus m'avait candidement avoué qu'il n'avait jamais voulu "être une boîte à lunch" (quelqu'un qui se lève tous les matins pour aller travailler) et qu'il calculait ses risques en fonction des revenus que lui procuraient ses crimes. Plus les risques de se faire prendre et d'aller en prison étaient élevés, plus les revenus devaient également l'être. Un vrai esprit criminel.

      Gilles Vaillancourt faisait-il les mêmes claculs ?

  • Yvon Bureau - Abonné 1 décembre 2016 10 h 54

    Ferme et à ses frais

    Si condamné à six ans, que ce soit à six ans fermes, et à ses frais.

    Place à la Justice, et moins au Droit.

  • François Dugal - Inscrit 1 décembre 2016 11 h 00

    La vérité ?

    Pendant des années, monsieur Vaillancourt clame haut et fort son innocence.
    Surprise, maintenant, il plaide coupable : elle est où, la vérité?

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 1 décembre 2016 11 h 17

    Le cover-up

    Pas de procès, pas d'enquiquinage pour les amis du régime et donc pas de condamnation pour les amis du PLQ. Ça doit suinter la satisfaction dans la officines du gouvernement Couillard.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 1 décembre 2016 20 h 07

      Entre amis(malfaiteurs)on se protege mutuellement.J'ai vu une jeune mere monoprentale etre condamnée a une forte amendr pour avoir voler un paquet de steak haché.La Justice est incroyable....