Sécurité maximale

La Belgique a encore en mémoire la brève évasion rocambolesque de Marc Dutroux il y a six ans et les autorités n'entendent négliger aucune précaution pour le procès du pédophile.

Le 23 avril 1998, Marc Dutroux avait réussi à subtiliser le revolver d'un policier chargé de le surveiller alors qu'il consultait son dossier au palais de justice de Neufchâteau et à s'enfuir en volant d'une voiture.

Il avait été retrouvé trois heures plus tard par un garde-chasse dans un bois à proximité de la frontière française.

L'évasion du détenu censé être le mieux surveillé de Belgique avait été considérée comme une nouvelle preuve du laxisme des policiers du royaume, après les ratés de l'enquête sur les disparitions d'enfants.

Elle avait entraîné la démission du ministre de l'Intérieur de l'époque, Johan Vande Lanotte, et de son homologue de la Justice, Stefaan De Clerck.

Pour le procès d'Arlon, «il y aura un haut niveau de sécurité», a assuré la semaine dernière le commissaire divisionnaire de la ville, Jean-Yves Schul.

Plus de 330 policiers spécialement formés pour l'occasion seront chargés d'assurer la protection du palais de justice d'Arlon, un bâtiment moderne et relativement petit situé dans le centre-ville.

Un «périmètre de dissuasion», interdit à la circulation, sera installé autour du bâtiment renfermant la cour d'assises. Toute personne voulant y accéder devra se soumettre à une fouille de sécurité.

A l'intérieur de la salle d'audience, l'«ennemi public numéro un» et ses coaccusés comparaîtront dans un box séparé du reste de la salle d'audience par des vitres blindées. Ils s'adresseront à la cour en utilisant des micros et à leurs avocats grâce à des téléphones internes.

À l'exception de Michel Nihoul, qui comparaîtra libre, les prévenus seront quotidiennement transférés de la prison d'Arlon, située à quelques centaines de mètres, selon un itinéraire que les autorités n'ont pas souhaité dévoiler.