Des femmes autochtones veulent entendre les policiers à l’émission «JE»

La députée Manon Massé a elle aussi rejeté l’idée d’une table de concertation proposée par le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La députée Manon Massé a elle aussi rejeté l’idée d’une table de concertation proposée par le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.

Plusieurs femmes autochtones seront rivées au petit écran mardi soir afin d’entendre les témoignages de policiers qui ont été suspendus il y a plus d’un an à la suite du reportage de l’émission Enquête faisant état d’abus et d’agressions sexuelles envers des femmes autochtones à Val-d’Or.

L’émission JE présentera à TVA une entrevue avec, notamment, deux des policiers suspendus, soit Émilie Langlois et Simon Drouin, qui espèrent rétablir leur réputation par le biais de cet entretien.

En conférence de presse à Québec mardi matin, une porte-parole de Femmes autochtones du Québec, Donna Larivière, a fait valoir que leur témoignage était à la fois légitime et aussi d’un grand intérêt pour certaines femmes autochtones.

« Je crois qu’ils ont aussi leur droit, comme les femmes autochtones, d’aller exprimer ce qu’eux aussi ont vécu », a-t-elle déclaré lorsque questionnée sur le sujet.

« Peut-être que, par l’émission, nous aussi on va voir ce qu’ils pensent, c’est quoi la situation au poste de police à Val-d’Or, ce qu’ils vivent eux aussi », a ajouté Mme Larivière.

« Personnellement, ça ne me fâche pas, parce que je pense que [je vais l’écouter] religieusement juste pour savoir ce que se passe dans la tête des policiers de Val-d’Or », a-t-elle expliqué.

Les deux policiers, selon TVA, n’auraient pas été suspendus en lien avec des allégations à caractère sexuel, mais plutôt pour des questions d’abus de pouvoir.

Québec solidaire appuie la demande d’enquête

Donna Larivière s’est exprimée sur le sujet alors qu’elle participait à une conférence de presse organisée par Québec solidaire, qui a offert un appui inconditionnel à la demande des communautés autochtones d’une commission d’enquête judiciaire indépendante sur les relations entre Autochtones et forces policières au Québec.

Faisant écho aux propos de leaders autochtones, qui ont réitéré cette demande la veille à Montréal, la députée Manon Massé a elle aussi rejeté l’idée d’une table de concertation proposée par le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley.

Selon Mme Massé, cette table ne donnerait rien de plus que ce que l’on sait déjà sur les besoins des communautés autochtones alors que c’est plutôt une analyse plus fine de la source du problème qui est requise.

« Les Premières Nations nous disent : nous avons besoin que ce geste de reconnaissance des fossés qui nous séparent s’exprime dans un premier temps par la mise sur pied d’une enquête indépendante qui nous permettra de voir comment le racisme systémique opère sur l’ensemble du territoire québécois », a-t-elle affirmé.

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