L’hôpital St. Mary mis en cause par un coroner pour le décès d’un patient

Mark Blandford, considéré comme un pionnier de la télévision au pays, s’était rendu par lui-même à l’urgence de l’hôpital St. Mary pour des douleurs abdominales, le 2 novembre 2015.
Photo: Jean Gagnon / CC Mark Blandford, considéré comme un pionnier de la télévision au pays, s’était rendu par lui-même à l’urgence de l’hôpital St. Mary pour des douleurs abdominales, le 2 novembre 2015.

La confusion était totale au Centre hospitalier de St. Mary (CHSM) en novembre 2015, suivant la décision de l’hôpital de ne plus réaliser de chirurgies vasculaires. C’est en partie — mais pas uniquement — ce qui explique les délais dans les traitements qu’auraient dû recevoir le réalisateur, producteur et scénariste Mark Blandford, décédé au Centre universitaire de santé McGill après avoir attendu en vain qu'on le traite au CHSM, conclut le coroner dans un rapport rendu mercredi.

La lacune la plus importante dans ce dossier « demeure le manque de planification et d’organisation, incluant le manque de communication concernant la réorganisation des activités en chirurgie vasculaire au CHSM », écrit la coroner Krystyna Pecko, jugeant la situation « difficilement acceptable ».

Il y a de « sérieuses lacunes dans la planification de la réorganisation des activités en chirurgie vasculaire » au centre hospitalier, ajoute-t-elle.

Mark Blandford, considéré comme un pionnier de la télévision au pays, s’était rendu par lui-même à l’urgence de l’hôpital St. Mary pour des douleurs abdominales, le 2 novembre 2015. L’homme de 73 ans a été vu au triage puis retourné à la salle d’attente, où il a été retrouvé inconscient un peu plus tard. Des manoeuvres de réanimation avaient été entreprises, une échographie révélant une rupture d’anévrisme de l’aorte abdominale. « La chirurgie vasculaire a été demandée et la décision de transférer la personne a été prise », soulignait alors l’administration du Centre intégré universitaire de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal au lendemain des faits.

Décès non lié au délai

Dans son rapport, la coroner souligne par ailleurs que la période critique pour une intervention médicale « se situait dans les 24 heures avant l’arrivée de M. Blandford à l’hôpital et que son décès ne peut être associé à des délais déraisonnables des activités menées au CHSM ».

La coroner appuie la décision du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal de ne plus offrir la chirurgie de l’anévrisme de l’aorte au CHSM, « celle-ci étant basée sur les standards reconnus par les communautés médicales et scientifiques : minimum de 3 chirurgiens spécialisés et de 30 à 50 cas par an pour maintenir l’expertise », note l’hôpital dans un communiqué.

« Cependant, le fait de cesser ces chirurgies sans planification cohérente ni préavis suffisant est difficile à comprendre », nuance la Dre Pecko dans son rapport.

Mercredi, le CIUSSS a soutenu avoir déjà apporté certains correctifs. Il s’engage à implanter les recommandations de la coroner dans leur entièreté.