Possible abaissement des normes dans les résidences pour aînés autonomes

Le ministre avait présenté un projet de règlement, en octobre 2015, pour resserrer les normes concernant les résidences pour aînés, à la suite de la tragédie de l'Île-Verte.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le ministre avait présenté un projet de règlement, en octobre 2015, pour resserrer les normes concernant les résidences pour aînés, à la suite de la tragédie de l'Île-Verte.

Un document ministériel obtenu par La Presse stipule que Québec pourrait permettre à des bénévoles, plutôt que des préposés aux bénéficiaires formés, de surveiller les résidences pour aînés autonomes, le jour comme la nuit, et ce, malgré les recommandations du rapport Delâge sur la tragédie de L’Île-Verte.

Mardi matin, le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette a soutenu que la décision n’était pas ferme. « La décision n’est pas prise. Le document fait état des consultations qui ont été faites lorsqu’il y a eu prépublication du règlement », a-t-il indiqué en entrevue sur les ondes d’ICI Radio-Canada Première.

« C’est la recette de la catastrophe », a pour sa part déploré la présidente de l’Association québécoise de défense des droits des retraités et préretraités, Judith Gagnon.

Le ministre avait présenté un projet de règlement, en octobre 2015, pour resserrer les normes concernant les résidences pour aînés. Ce règlement n’est pas encore entré en vigueur.

Le ministre affirme être devant un dilemme. Dans le cas de résidences pour personnes autonomes sans but lucratif (OSBL), en raison des coûts de la surveillance, « nos règles pourraient forcer des aînés à quitter leur logement pour des motifs purement économiques. Est-ce qu’on met ces [résidences] en péril ou leurs locataires ? » a questionné M. Barrette en ondes.

Il a tenu à rappeler que l’installation obligatoire de gicleurs, elle, tenait toujours.

La décision n’est pas prise. Le document fait état des consultations qui ont été faites lorsqu’il y a eu prépublication du règlement.

Selon le Réseau québécois des OSBL d’habitation, la moitié des 600 résidences pour aînés à but non lucratif ont été forcées de renoncer à leur certification depuis que les critères ont commencé à être resserrés, en 2013, pour des raisons économiques. « C’est 85 % de nos locataires qui ont moins de 20 000 dollars par an de revenu », indique son directeur général, Stéphane Corriveau.

Selon lui, la surveillance peut très bien être assurée par des locataires bénévoles en toute sécurité, puisque les locataires sont autonomes. Il estime qu’il en coûterait plus de 37 millions de dollars pour embaucher du personnel de surveillance 24 heures sur 24, une facture qui entraînerait des hausses de loyer trop importantes compte tenu de la précarité des locataires de ces logements. L’installation obligatoire de gicleurs pose aussi un enjeu financier important pour ces résidences.

Québec se défend d’avoir décidé d’abaisser les normes en matière de surveillance de résidences pour aînés.

 

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