Inquiétudes pour les réfugiés qui sont en route

«On sait que Donald Trump pourrait donner l’ordre d’arrêter les démarches pour accueillir des Syriens», dit une jeune musulmane américaine.
Photo: Spencer Platt / Getty Images / Agence France-Presse «On sait que Donald Trump pourrait donner l’ordre d’arrêter les démarches pour accueillir des Syriens», dit une jeune musulmane américaine.

Depuis la victoire de Donald Trump, qu’elle qualifie de « républicain conservateur, homophobe et anti-immigrant », Nawar Muhsin s’inquiète. Cette Irakienne d’origine, qui vit au Massachusetts, s’inquiète surtout pour les réfugiés qui s’apprêtent à immigrer, en particulier cinq familles de Syriens qui sont attendues dans sa ville, Quincy, au sud de Boston. Une première famille a déjà ses billets d’avion et arrivera au milieu de la semaine prochaine. Nawar Muhsin s’occupera de la traduction et de les aider à remplir des papiers, à trouver des vêtements, un logement… « On espère qu’ils n’auront pas de problèmes et que les autres après non plus, dit-elle. On sait que Donald Trump pourrait donner l’ordre d’arrêter les démarches pour accueillir des Syriens. » Or ces gens vivent déjà de grands traumatismes, souligne-t-elle.

Elle rappelle les bourdes grossières du clan Trump, dont celle du fils du nouveau président, Donald fils, qui avait comparé les réfugiés à des friandises. « Si j’avais un bol de Skittles et que je te disais que trois d’entre eux étaient empoisonnés, en prendrais-tu une poignée entière ? Tel est notre problème avec les réfugiés syriens », avait-il dit devant un auditoire, pendant la campagne.

Le Massachusetts ayant voté pour les démocrates, Nawar Muhsin dit avoir moins à craindre. Cela n’empêche pas la jeune femme, qui porte le voile, d’avoir peur de se promener ailleurs au pays. « J’ai peur de visiter des endroits plus au Sud qui ont voté pour Trump. Surtout là où il y a des hommes blancs, plus âgés, ceux qui ont voté pour Trump. Et ça me fait peur, dit celle qui a les nationalités canadienne et américaine. Ça me fait peur pour ma famille, mes enfants. Je suis écoeurée des commentaires contre l’islam et l’immigration. »

On déménage au Canada !

Advenant l’élection de Trump, la chanteuse Barbra Streisand, l’écrivain Stephen King et l’ex-animateur du Daily Show, Jon Stewart, avaient déclaré qu’ils immigreraient au Canada. Cher, elle, voulait aller sur une autre planète. Et, apparemment, ils n’ont pas été les seuls à menacer de quitter les États-Unis pour déménager. Le site Internet d’Immigration Canada en a fait les frais mardi soir, peu avant minuit, alors qu’il est tombé en panne en raison d’un trop grand nombre de visiteurs, a confirmé le Bureau du Service national des technologies de l’information du ministère, dans un courriel envoyé à ses employés, dont Le Devoir a obtenu copie.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a, quant à lui, attiré l’attention sur les réseaux sociaux partout dans le monde, avec son tweet diffusé mardi soir : « Veuillez prendre note : notre Bureau d’intégration des nouveaux arrivants sera exceptionnellement ouvert après le vote américain ». L’information s’est révélée être une plaisanterie. « C’est mon style. Je ne commencerai pas à changer. Dans le day to day, il faut utiliser aussi l’humour. Ce n’est pas ma faute s’il y a des gens qui veulent venir davantage à Montréal, ça va nous faire plaisir », a-t-il dit en évoquant le crash du site d’Immigration Canada.

Également en mode humoristique, un site Internet se targuait de pouvoir offrir de belles maisons abordables à 400 km de la frontière américaine, au… Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.