Stages - Camps... de travail

Pédagogiques, internationaux, en entreprise, rémunérés ou non, les définitions et formules de stages sont fort nombreuses. Les objectifs demeurent toutefois les mêmes: confronter les connaissances acquises à la réalité du monde du travail, sortir du cadre habituel de l'enseignement pour vivre de nouvelles expériences.

L'excellente réputation de l'Université de Sherbrooke est en grande partie due à son régime coopératif de stages avec alternance études-travail, formule qu'elle a été la première à instaurer au Québec. Depuis, des initiatives de même nature ont cours à l'Université du Québec à Chicoutimi et à l'Université du Québec en Outaouais.

«En 2003, affirme Rénald Mercier, directeur du service des stages coopératifs et du placement de l'Université de Sherbrooke, nos étudiants ont gagné plus de 30 M$. L'été, nous avons environ 1500 étudiants et étudiantes en stage, en majorité au Québec mais aussi en Ontario et aux États-Unis. Les stages sont véritablement intégrés à la formation: nous déterminons le mandat et sélectionnons les employeurs, avons du personnel pour encadrer les stagiaires et veiller à l'accomplissement des objectifs... C'est un moyen privilégié pour développer la relève. Quand l'étudiant aura terminé son programme — certains d'entre eux comportent jusqu'à cinq stages —, il aura une année d'expérience à son actif et sera plus apte à intégrer le marché du travail. D'ailleurs, 55 % de nos étudiants se trouvent un emploi dans le cadre de leur stage.»

Effet de saison

Cette année, les employeurs présélectionnés rencontreront les postulants stagiaires pour l'été entre le 1er et le 12 mars. Les stages débuteront le 3 mai. S'il y a davantage de stagiaires l'été, il s'agit pour l'institution d'une session identique aux autres, hormis le fait que la température favorise les activités de terrain, par exemple en kinésiologie, en génie civil, ou dans le nouveau programme de géomatique appliquée à l'environnement.

Éric Razurel est coordonnateur des stages en sciences, au département des sciences biologiques. «Comme dans d'autres formations offertes à Sherbrooke, dit-il, le baccalauréat en biologie est basé sur une alternance entre les sessions d'études et de stages. Durant sa formation, l'étudiant fait au moins un stage d'été, que ce soit en entreprise, avec des ONG, au gouvernement ou dans un centre de recherche. Le rythme de travail est différent des autres saisons, où il y a davantage de réunions, de prises de décisions. L'été, on fait plus de terrain, d'études d'impact environnemental, de gestion et d'échantillonnage de la faune et de la flore. À la fin de son bac, l'étudiant a un aperçu global du travail.»

M. Razurel se dit fort impressionné par la faculté d'adaptation des étudiants, qui sont appelés à déménager aux quatre mois. En fait, 80 % des stages ont lieu à l'extérieur de l'Estrie; selon le cas, les étudiants peuvent avoir à dormir dans une tente (en écologie, particulièrement), dans un refuge ou à l'hôtel. Il arrive que les employeurs payent l'hébergement ou le transport.

«Un stage, précise M. Razurel, coûte 325 $ alors que l'étudiant, qui travaille la plupart du temps dans un domaine connexe à son champ d'expertise, gagnera entre 6000 $ et 8000 $. On peut considérer que c'est un bon investissement!» Le coût du stage comprend une préparation à la recherche d'emploi, un encadrement et un suivi de la progression. Au milieu du stage, un superviseur se rend sur place pour rencontrer étudiant et employeur afin de faire le point.

Penser la beauté

À l'école d'architecture de paysage de l'Université de Montréal, le mode de stages proposé relève d'une tout autre philosophie. D'aucuns parleraient davantage de voyages d'étude. À la fin de l'été 2002, après quatre années de collaboration, l'école abandonnait ses traditionnels stages estivaux aux Jardins de Métis pour se tourner vers de nouveaux horizons.

Pour l'été 2004, trois stages hors du Québec sont proposés, chacun donnant trois crédits. Entre le 2 et le 14 mai, 10 étudiants du premier cycle se rendront en Lorraine, plus précisément à Pont-à-Mousson, pour, dans le cadre d'un concours, réaliser un jardin. Du 10 au 27 mai, un atelier sur le thème de la mise en valeur d'un jardin d'hacienda se tiendra dans la région de Jalapa, au Mexique. «Il s'agit, précise le professeur Stefan Tischer, d'un stage de trois semaines: deux pour visiter et la dernière pour dessiner les plans d'un jardin dans un contexte que nous appelons "la charrette", c'est-à-dire un stage intensif où la nuit n'a pas de fin! Il y a une possibilité que l'un des plans soit réalisé.»

En août, on propose à ceux et celles possédant déjà des notions de dessin, qu'ils soient étudiants ou professionnels, un cours d'apprentissage du dessin en Italie. Au menu, Florence, Rome et Venise pour poursuivre l'approfondissement de techniques de dessin de nature, de place publique et de jardins.

Si les stages en France et au Mexique sont déjà contingentés, il reste encore de la place pour celui en Italie, la date limite d'inscription étant le 1er mars. Le coût est de 2600 $, ce qui comprend cours, billet d'avion, hébergement, nourriture et déplacement. Les frais d'inscription (de 250 $) sont en sus. À remarquer que le coût du stage pourrait être moindre, en fonction de subventions ou de dons potentiels. C'est ainsi que le coût du stage au Mexique a été ramené de 2000 à 900 $!