Camps d'été - Prendre la clé des champs

La fin des classes sonne le début d'une récréation de deux mois pour les enfants. Pour plusieurs, c'est aussi un chemin direct vers les camps de jour traditionnels, dans un rayon plus ou moins éloigné de la maison. Pourtant, dès l'âge de 6 ans, la pause estivale peut mener tout droit à la campagne. Invitation à prendre la clé des champs.

Fabriquer du pain, du beurre ou des chandelles comme le faisaient nos ancêtres, apprivoiser les animaux de la ferme, découvrir la faune marine du Saint-Laurent, apprendre musique et chanson avec la pêche comme toile de fond... les camps de vacances proposés en région n'ont rien des clichés habituels. Depuis une dizaine d'années, une série de camps de vacances nouveau genre ont effectivement vu le jour ça et là au Québec. Terminée donc l'époque où les seules activités de canotage, randonnées pédestres et tir à l'arc étaient proposées une fois sorti des grands centres. Que l'on soit porté sur les arts, les sports ou encore les sciences, on peut trouver chaussure à son pied... en pleine nature.

Écologie

Fondé il y a 40 ans, le camp de vacances du Centre écologique de Port-au-Saumon dans Charlevoix propose par exemple, depuis plusieurs années déjà, des camps scientifiques. Météorologie, astronomie, écologie forestière, ornithologie, océanographie, en tout, dix champs de connaissances peuvent être explorés par les campeurs. «Les activités du camp favorisent l'apprentissage par projet et le développement d'une démarche scientifique», explique le directeur, Michel Tardif. Concrètement, en fonction de leur champ d'intérêt, les enfants choisissent un sujet d'étude et cumulent de l'information le concernant tout au long de leur séjour.

Au terme de leurs six ou douze nuits passées sur place, ils présentent aux autres participants les résultats de leurs analyses. L'exploration scientifique occupe cinq heures par jour dans la vie des campeurs, après quoi ils peuvent effectuer différentes activités de loisirs sur les quelque

95 hectares de terrain mis à leur disposition: escalade, baignade et autres. Le centre accueille les enfants dès l'âge de 7 ans, et ce, jusqu'à 16 ans. Fait à noter, les 15-18 ans peuvent aussi bénéficier d'un camp intensif de 25 jours.

Port-au-Saumon n'est pas le seul endroit au Québec à offrir ce genre d'activités. Toujours dans la région de Charlevoix, l'Ère de l'estuaire à La Malbaie accueille aussi, bon an mal an, une cinquantaine d'enfants de 9 à 17 ans. Ici toutefois, les sciences naturelles partagent la vedette avec les arts et les sports, puisque les campeurs peuvent aussi opter pour un programme axé sur le théâtre et la vidéo ou encore sur l'escrime et le kayak de mer.

Même scénario à Rimouski où, pour la saison estivale, l'Institut maritime du Québec ouvre ses portes aux 11-17 ans. L'élément marin y étant omniprésent, l'essentiel des activités du Camp maritime Ulysse sont orientées vers la mer: simulation de navigation, jeu-combat des incendies, voile, plongée, etc. Le tout, pour un séjour oscillant entre six et douze nuits.

Gastronomie, arts et langues

Dans un tout autre créneau, les férus de cuisine, de musique et d'expression artistique en général peuvent trouver satisfaction dans plusieurs camps de vacances situés en campagne. Le camp Géronimo, à Lachute dans les Laurentides, invite par exemple les enfants de 9 à 16 ans à une session intensive d'activités de cirque. Trapèze, jonglerie, fil de fer, gymnastique, rien n'est négligé, jusqu'au spectacle de fin de séjour.

Maintenant bien connu pour son festival de la chanson, le village de Petite-Vallée en Gaspésie offre également un camp d'une semaine aux amoureux de la musique de

9 à 17 ans. «Les jeunes peuvent suivre des ateliers de formation en chant, scène et écriture avec Nelson Minville et Annie Cotton. On leur propose un parcours du répertoire québécois. Ils sont invités à monter un spectacle. Ils peuvent écrire des chansons, de la musique. Tout est scénographié et présenté devant public à la fin du camp. En une semaine, ils vont aussi être invités à voir au moins quatre spectacles et à rencontrer des professionnels de la chanson invités dans le cadre du festival», explique le responsable Alan Côté. Relativement récent, le camp, mis en branle en 2000, accueille toutefois un nombre restreint de campeurs, soit 22 au total.

De même, le camp Aventurier du Mont-Vidéo, situé à Barraute en Abitibi, propose un camp spécialisé en musique ouvert à 68 enfants de 6 à 16 ans. Échelonné sur une semaine, le programme alterne entre le plein air et l'apprentissage ou l'approfondissement de certains instruments.

Des programmes spécialisés d'enseignement de la langue anglaise sont aussi légion. Plusieurs sont offerts dans les Laurentides, dont le camp «La grande aventure... en anglais» situé à Saint-Donat, et le camp Oolahwan-YMCA de Sainte-Marguerite-Estérel. Les enfants de 7 à 16 ans y vivent l'immersion complète, en plus de pratiquer diverses activités de plein air, dont la marche en montagne et le canot-camping.

Les bonnes fourchettes trouveront par ailleurs matière à se rassasier avec le camp extérieur de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. Organisé à Bromont dans les Cantons-de-l'Est, le camp d'une durée d'une semaine est ouvert aux 12 ans et plus. Il alterne entre la cuisine intensive, la dégustation et les activités de plein air, dont un camp de golf et d'équitation, offert conjointement avec d'autres organismes de la région.

À la ferme

Finalement, il est difficile de parler d'activités de plein air à la campagne sans parler de contact avec les animaux. Les chevaux restent de loin les plus accessibles grâce à la multitude de camps équestres existants. Le Camp-ranch Massawippi à Granby est largement connu à ce chapitre, tout comme le Centre équestre Nature de La Malbaie et le Camp-école d'équitation La Licorne de Sainte-Croix, dans Chaudière-Appalaches. Dans la majorité des cas, ces camps sont accessibles à partir de 7 ans, jusqu'à 15 ans. Plus rarement, des initiations avec poney sont offertes aux enfants de 5 ans. Les activités sont alors réparties sur cinq demi-journées. En plus d'apprendre à monter, les enfants peuvent se familiariser avec les soins à donner aux chevaux, leur alimentation et les caractéristiques de chacune des races.

Toujours dans le même créneau, la Ferme pédagogique Marichel de Sainte-Agathe-de-Lotbinière accueille chaque année 34 enfants intéressés à apprendre les soins à donner aux animaux: moutons, cochons, poules, vaches et chèvres. Appelés à vivre au rythme de la ferme, «les enfants apprennent aussi à faire des semis, à effectuer les récoltes et à transformer les légumes, laines et fruits, dont les pommes au moyen d'une presse manuelle», explique la responsable de l'animation, Louise Fortin.

Les 6 à 14 ans peuvent choisir entre deux programmes, soit l'Original, définitivement orienté sur la vie et le travail à la ferme, ou encore le Temps-Temps, au cours duquel ils sont mis en contact avec certaines techniques ancestrales dont la fabrication du pain, du beurre et de la laine. Les jeunes intéressés par le métier d'agriculteur peuvent par ailleurs pousser l'aventure plus loin en s'inscrivant au programme Apprenti-agriculteur et ainsi rencontrer différents professionnels du domaine: vétérinaire, agronome, etc. «Parfait pour les adolescents en quête d'orientation professionnelle», précise la responsable.

Comme pour la majorité des camps de jour offerts en centres urbains, les camps de vacances en région acceptent les inscriptions à partir de la mi-janvier jusqu'au début juin. À quand le départ?