Projet pilote: Uber craint de perdre des chauffeurs en raison des règles

L’entente en matière de covoiturage urbain entre le gouvernement du Québec et Uber avait été conclue au début du mois de septembre.
Photo: Michael Monnier Le Devoir L’entente en matière de covoiturage urbain entre le gouvernement du Québec et Uber avait été conclue au début du mois de septembre.

L’entreprise Uber craint de perdre des chauffeurs en raison des règles « complexes et contraignantes » du projet pilote adopté cet automne par le gouvernement du Québec pour lui permettre de fonctionner.

En point de presse lundi matin, le président d’Uber, Jean-Nicolas Guillemette, s’est toutefois dit satisfait que le projet pilote soit pleinement en vigueur depuis vendredi, car le cadre offre une tranquillité d’esprit et un soulagement aux chauffeurs qui n’ont plus à s’inquiéter de voir leurs véhicules saisis, entre autres choses.

Il dit que son entreprise et les chauffeurs sont prêts à travailler en respectant les règles.

Uber va évaluer l’impact du projet pilote sur son modèle d’affaires au cours des prochains mois.

Mais M. Guillemette craint déjà que l’obligation pour les chauffeurs de se procurer un permis de classe 4-C, qui est un permis pour la conduite de taxis et de limousines, ne soit une barrière pour eux, surtout pour ceux qui ne voulaient travailler qu’un nombre réduit d’heures par semaine. Une bonne proportion des chauffeurs travaillent pour Uber à temps partiel.

Il n’a toutefois pas encore de données sur des pertes de chauffeurs, car l’entrée en vigueur des règles est très récente, dit-il.

Le projet pilote impose des frais supplémentaires pour les courses, que M. Guillemette qualifie d’élevés, et il s’inquiète que cela ne limite aussi l’utilisation d’Uber.

Il va continuer à militer pour avoir un cadre réglementaire plus « innovateur ».

L’entente en matière de covoiturage urbain entre le gouvernement du Québec et Uber avait été conclue au début du mois de septembre. Le projet pilote doit durer un an.

2 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 31 octobre 2016 13 h 17

    Les chauffeurs vont plutôt fuir l'exploitation d'Uber!

    Il ne faut pas appeler cette conglomération avec des chiffres d'affaires dans les milliards, «du covoiturage!» C'est très loin d'être une entreprise d'économie coopérative et sociale! Uber doit comprendre que nous sommes plus dans l'ère de l'âge d'or quand les cowboys exploitaient tout le monde à leur guise, sans ni lois ni règles. Les chauffeurs d'Uber ne vont pas fuir la réglementation, mais plutôt l'exploitation d'Uber!

  • Pascal Barrette - Abonné 31 octobre 2016 15 h 27

    Le mensonger «covoiturage»

    «L’entente en matière de covoiturage urbain entre le gouvernement du Québec et Uber…», combien de fois faudra-t-il le rappeler? Le covoiturage, ce sont deux voisins qui partagent les frais d’une même voiture pour un voyage ou habituellement l’aller-retour boulot-dodo. Transporter des personnes sur demande contre rémunération en fonction du temps et de la distance, c’est du taxi. Uber a instillé la mensongère notion de covoiturage pour squatter le taxi. À voir le «covoiturage» toujours lié à Uber dans les rapports gouvernementaux ou municipaux donne une fois de plus tristement raison à Voltaire: «Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose».

    Pascal Barrette, Ottawa