Renvoi pour port du voile: un tribunal condamne l’employeur

Selon les magistrats, l’employeur a violé le droit constitutionnel à la liberté de conscience et de croyance de son employée.
Photo: Axel Heimken Agence France-Presse Selon les magistrats, l’employeur a violé le droit constitutionnel à la liberté de conscience et de croyance de son employée.

Genève — Un tribunal suisse a condamné une entreprise qui avait renvoyé une employée musulmane après qu’elle eut commencé de porter le voile, a rapporté dimanche un média helvétique.

Une cour régionale de Berne a jugé le mois dernier que cette femme serbe de 29 ans avait été victime d’un licenciement abusif de la part de l’entreprise de blanchisserie chez qui elle travaillait, a indiqué l’hebdomadaire Le Matin Dimanche.

L’employeur, qui invoquait des motifs d’hygiène, a été condamné à verser trois mois de salaire et une indemnité de 8000 francs suisses (10 700 $ environ) à la plaignante, identifiée par son seul prénom, Abida.

Selon les magistrats, l’employeur a violé le droit constitutionnel à la liberté de conscience et de croyance de son employée.

Ce cas est l’un des premiers du genre à être porté devant la justice en Suisse, selon Le Matin Dimanche, qui ne signale qu’une seule autre affaire connue remontant à 1990, quand un industriel de l’est du pays avait été condamné pour le renvoi d’une femme à cause de son voile.

Le jugement a été salué par certaines association musulmanes. « Peu importe que les femmes portent un voile ou que des hommes portent une kippa juive, au travail, les compétences sont le critère et pas le vêtement que l’on porte », a déclaré Onder Günes, de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS), cité par l’hebdomadaire.

À l’inverse, Saida Keller-Messahli, présidente du Forum pour un islam progressiste, a souligné que « le voile est un accessoire des islamistes. »