D'autres cas de mauvais traitements mis au jour dans un CHSLD

Québec — Des personnes âgées et malades subissent de mauvais traitements à la résidence Cooke du Centre d'hébergement et de soins de longue durée Le Trifluvien, à Trois-Rivières, selon des employés de cet établissement.

Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a annoncé hier la tenue d'une enquête plus approfondie, en vue de connaître «les pratiques en vigueur à la résidence Cooke qui peuvent menacer le respect des droits des usagers et leur intégrité tant physique que psychologique».

Intimidation verbale exercée par des employés, atteintes à la dignité et remarques déplacées à l'endroit des patients font partie des travers que d'autres employés de ce centre ont dénoncés auprès d'une équipe d'observateurs mandatée par le ministère québécois de la Santé pour enquêter dans les centres d'hébergement.

L'équipe s'est rendue à la résidence Cooke le 18 février dernier et a aussitôt prévenu le ministre de la Santé de ce qu'elle avait pu entendre et observer.

L'enquête a été confiée à la présidente de l'Agence de développement des réseaux locaux de services de santé de la région, Michèle Laroche, et le rapport est attendu d'ici le 12 mars.

«Tout manquement à la dignité des gens est intolérable», a dit le ministre lors d'un point de presse tenu à Québec.

Interrogé au sujet des faits précis qui pouvaient être reprochés à certains employés de la résidence Cooke, le ministre a répondu: «Intimidation verbale à l'endroit de certaines personnes, atteintes à la dignité sous forme de bris de leur intimité, personnes exposées à la vue de tous dans des situations où la dignité est compromise, remarques verbales faites sur un ton agressif».

La résidence Cooke compte 149 lits et est dirigée depuis quatre ans par Micheline Bonner-Lesage, qui doit prendre sa retraite sous peu. Elle a reconnu que des problèmes existaient dans l'établissement et a fait valoir à l'équipe d'enquêteurs du ministère que des mesures de redressement avaient déjà été prises.

On ne sait pas combien d'employés ont été impliqués dans ces incidents. Le ministre a tenu à dire que des mesures seraient prises pour s'assurer que les employés qui ont accepté de témoigner et de dénoncer leurs collègues ne seront pas victimes de représailles.

À la suite des incidents survenus à la résidence Saint-Charles-Borromée, à Montréal, en novembre dernier, le ministre avait annoncé, en janvier, que des équipes d'experts visiteraient une quarantaine de centres d'hébergement de soins de longue durée d'ici la mi-avril, afin de vérifier la qualité des services offerts aux personnes âgées ou malades.

Le ministre Couillard s'était alors engagé à réagir rapidement si des faits troublants étaient portés à son attention.

Jusqu'à maintenant, environ le tiers des 40 CHSLD (Centres d'hébergement pour les soins de longue durée) sélectionnés ont été visités et la résidence Cooke est le premier établissement où des problèmes majeurs ont été observés.

Le ministre a dit que son intervention rapide à la résidence Cooke démontrait que la formule privilégiée — les visites sur place d'une petite équipe, à 24 heures d'avis — était préférable à une vaste commission d'enquête, que certains avaient réclamée au moment de la crise survenue à Saint-Charles-Borromée.

Chaque équipe comprend quatre personnes, soit des représentants de l'Association des directeurs généraux d'établissements du réseau, de l'agence régionale concernée, du Conseil de protection des malades ainsi que de la Table régionale de concertation des aînés de la région en cause.

Les observateurs rencontrent la direction, les bénéficiaires, les familles et le personnel.

En décembre dernier, le ministère de la Santé avait dû mettre sous tutelle l'hôpital Saint-Charles-Borromée, parce que la situation y était devenue intolérable. Contentions abusives, manque de respect, familiarités, isolement, brusqueries, abus physiques et psychologiques étaient le lot de plusieurs patients, selon le rapport de l'enquête menée dans l'établissement, qui héberge des patients lourdement handicapés.

M. Couillard a dit qu'il songeait à instaurer un mécanisme d'examen régulier des CHSLD.