L’UNICEF note des problèmes dans l’alimentation des tout-petits

L’étude réalisée par l’UNICEF s’est concentrée sur les nourrissons d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. La pauvreté ne serait pas le seul facteur en cause dans ces carences alimentaires.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’étude réalisée par l’UNICEF s’est concentrée sur les nourrissons d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. La pauvreté ne serait pas le seul facteur en cause dans ces carences alimentaires.

La moitié des enfants de six mois à deux ans ne consomment pas le nombre minimum de repas nécessaires en supplément à l’allaitement maternel, selon une récente étude de l’UNICEF. En Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, cinq enfants sur six de moins de deux ans ne consomment pas suffisamment d’aliments nutritifs pour leur âge.

La nourriture qui doit arriver en soutien à l’allaitement maternel n’est pas assez variée, et elle n’est pas non plus fournie à l’enfant en quantité nécessaire.

Les données rassemblées par l’UNICEF dans le cadre de cette étude concernent des enfants d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie. Les enfants d’Amérique du Nord et d’Europe de l’Ouest, dits des pays industrialisés, en sont exclus.

L’UNICEF, de concert avec l’Organisation mondiale de la santé, recommande depuis plusieurs années aux femmes de nourrir exclusivement l’enfant au sein durant six mois.

Varier

« À partir de six mois, le lait maternel n’est pas suffisant », explique France Bégin, conseillère principale pour la nutrition chez UNICEF.

« Pour combler les besoins de l’enfant, il faut qu’ils reçoivent une alimentation adéquate, variée et fréquente ».

Selon France Bégin, la pauvreté économique n’est pas seule responsable des carences alimentaires des enfants. Certaines croyances, voulant par exemple que le poisson soit mauvais pour les enfants en bas âge, ou que ces derniers ne soient pas capables de manger des légumes, sont aussi en cause. « Il y a certains tabous, dit-elle. Dans certaines cultures, on croit qu’un enfant ne peut pas manger un oeuf avant l’âge d’un an. »

L’UNICEF remarque d’ailleurs une carence particulière en matière de protéines animales chez les très jeunes enfants.

Ce problème est aussi lié au prix élevé de ces denrées sur le marché, ce que différents programmes d’aide peuvent pallier. Le gouvernement et l’entreprise privée devraient contribuer à résoudre le problème, avance l’organisme. Une meilleure alimentation permettait de sauver 100 000 vies par année, selon l’UNICEF.

Pour maximiser les bienfaits de l’allaitement, l’UNICEF préconise aussi que l’enfant prenne le sein maternel dans l’heure qui suit l’accouchement. Le lait maternel contient en effet du colostrum, un élément riche en nutriments, dans les trois premiers jours de vie de l’enfant.

À l’heure actuelle, ce sont 77 millions d’enfants qui ne sont pas allaités dès leur naissance. L’UNICEF remarque que, dans certaines régions, cette tendance est à la hausse dans le cadre d’accouchements assistés, ce qui indiquerait qu’une formation des intervenants serait nécessaire. Dans le cas des accouchements par césarienne, par exemple, on ne donnerait pas de lait maternel à la naissance.

Dans certaines cultures, le colostrum est jeté, parce que les adultes croient qu’il est mauvais pour l’enfant, explique France Bégin.

L’étude de l’UNICEF insiste sur le fait que la nutrition de l’enfant durant les premières années de sa vie a un impact majeur sur tout son développement ultérieur, y compris ses habitudes alimentaires.

Dimanche était la Journée mondiale de la sécurité alimentaire.