La police de Québec empêche des manifestants de prendre la rue

Au moment de remettre leur itinéraire au SPVQ, les organisateurs se sont butés au refus des policiers.
Photo: Vania Wright-Larin Au moment de remettre leur itinéraire au SPVQ, les organisateurs se sont butés au refus des policiers.

Malgré qu’ils aient remis un itinéraire à la police le matin de leur manifestation, des responsables de groupes communautaires de Québec disent s’être fait refuser le droit de déambuler dans la rue par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Des agents auraient menacé les marcheurs de se voir donner un constat d’infraction s’ils n’obtempéraient pas à la consigne de circuler sur le trottoir.

La manifestation, organisée par des groupes communautaires de la région de la capitale, avait pourtant commencé comme prévu, sans anicroche, vers 7 h 45 vendredi. Une centaine de personnes s’étaient donné rendez-vous devant le terminal de croisières de Québec afin de former un « comité d’accueil » aux croisiéristes. « Les croisières sont un symbole, puisque nous critiquons l’évasion fiscale, qui nous prive de réinvestissements dans les programmes sociaux », explique Vania Wright-Larin, coordonnateur au Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches.

Or, les manifestants avaient prévu quitter la zone portuaire pour se rendre à la place Royale, dans le Vieux-Québec, en longeant la rue Dalhousie sur une distance de moins de 500 mètres. Au moment de remettre leur itinéraire au SPVQ, les organisateurs se sont butés au refus des policiers.

Valérie Bilodeau, directrice d’un groupe communautaire de Charlevoix, s’est portée volontaire pour agir en tant que médiatrice entre les policiers et la manifestation. Elle affirme qu’un agent « portant des épaulettes », qu’elle n’a pas idenfitié, lui a indiqué que les manifestants s’exposaient à des constats d’infractions en empruntant la rue ou en bloquant le trottoir. « Il nous a dit : “Oubliez ça, la marche, il n’y en aura pas.” »

Après négociations, la marche a finalement eu lieu, vers 10 h 30, mais sur le trottoir, où il leur était interdit de s’arrêter. Les manifestants auraient obtempéré aux ordres, de sorte qu’aucun constat d’infraction n’a été remis.

Mme Bilodeau indique que le policier avec qui elle a négocié n’a pas été impoli. « Il était ouvert à la discussion, mais très rigide sur ce que nous ne pouvions pas faire. Dès que quelqu’un mettait le pied dans la rue, on venait nous voir pour nous dire qu’on se “magasinait un ticket”. » Elle précise que des agents ont filmé la manifestation, qui est demeurée pacifique.

Le lieutenant Francis Pétrin, du SPVQ, a confirmé au Devoir que la police a empêché la manifestation de prendre la rue vendredi matin. Citant le règlement 1091 de la Ville de Québec, il a indiqué que les forces de l’ordre n’ont pas accepté l’itinéraire présenté au moment de l’événement, puisqu’il n’a pas été remis suffisamment à l’avance.

Le Règlement 1091 sur la paix et le bon ordre ne précise aucun délai, mais définit une manifestation comme illégale si la police n’a pas été informée de l’heure, du lieu ou de l’itinéraire.

1 commentaire
  • Julien Villeneuve - Inscrit 1 octobre 2016 01 h 20

    Je ne suis pas juriste, mais selon ma compréhension des règlements en cause le geste du SPVQ est entièrement illégal et mérite 1) désobéissance future et 2) minimalement une plainte à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse en ce qui concerne cet événement.