Homa Hoodfar: 20 anciens rapporteurs spéciaux de l’ONU interviennent

<p>Mme Hoodfar est accusée de <em>« collaborer avec un gouvernement hostile »</em>, ainsi que de <em>« baigner dans des activités féministes ».</em></p>
Photo: Amanda Ghahremani / La Presse canadienne

Mme Hoodfar est accusée de « collaborer avec un gouvernement hostile », ainsi que de « baigner dans des activités féministes ».

Ottawa — Vingt anciens rapporteurs spéciaux des Nations unies pour les droits de la personne ont demandé mercredi la libération immédiate de Homa Hoodfar, une enseignante de l’Université Concordia emprisonnée en Iran.

Mme Hoodfar est accusée de « collaborer avec un gouvernement hostile », ainsi que de « baigner dans des activités féministes ».

Elle se trouverait en isolement complet à la tristement célèbre prison d’Evin depuis une centaine de jours, où les problèmes neurologiques particuliers dont elle souffre se seraient détériorés. Elle aurait été brièvement hospitalisée en août, étant incapable de parler ou de marcher.

Les anciens rapporteurs se demandent, par voie de communiqué, comment le « féminisme » peut menacer la sécurité nationale de l’Iran et rappellent que Téhéran s’est engagée à faire la promotion de l’égalité des sexes. Ils reprochent à l’Iran de faire fi de sa propre Constitution et de ses propres lois.

Ils se déclarent par ailleurs « outrés » que Mme Hoodfar ait été placée en isolement, ce que la loi internationale considère être une forme de torture, et qu’elle soit privée de son droit de liberté d’expression. Ils demandent aux gouvernements du Canada, de l’Irlande et de l’Iran de prendre les mesures nécessaires pour qu’elle soit libérée immédiatement.

Mme Hoodfar est née en Iran, mais elle détient la double nationalité canadienne et irlandaise.

Mardi, le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s’est dit « vivement préoccupé » par les informations selon lesquelles la professeure se serait vue refuser la présence de son avocat à son procès

Mme Hoodfar habitait Montréal depuis une trentaine d’années. Elle s’était rendue en Iran au début février pour visiter des proches et mener des recherches, avant d’être arrêtée une première fois en mars. On lui a alors interdit de sortir du pays. Elle a été arrêtée à nouveau le 6 juin et incarcérée à la prison d’Evin, là même où a péri la photojournaliste canadienne Zahra Kazemi.

6 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 14 septembre 2016 09 h 31

    Je ne vois pas la gouvernement du Canada et spécialement le ministre Stéphane Dion intervenir, alors que ce dernier, la bouche en cul de poule et le jabot gonflé au maximum se fend généralement de déclaration délirantes sur l'inocuité des armes qu'il vend à l'Arabie Saoudite...

    Mais c'est vrai que madame Hoffa se trouve dans un pays ennemi de l'Arabie Saoudite.

    Alors.... Alors on laissera agir les rapporteurs de l'ONU.

    Et tout le monde saura que Trudeau qui aime bien fréquenter les mosquées, hé bien c'est de la frime, comme le reste...

    • Cécile Comeau - Inscrite 14 septembre 2016 11 h 53

      Monsieur Théberge, lisez ceci. Justin Trudeau a nommé en décembre 2015 Omar Alghabra au poste de secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères. Alghabra est en faveur de l'implantation de tribunaux de la charia au Canada et il a siégé comme président de la Canadian Arab Foundation, un organisme déclaré « radical et antisémite » par le gouvernement canadien.

      source : voir la page du Huffington Post du 01-07-2016

      http://quebec.huffingtonpost.ca/francois-doyon/isl

      Qui va se décarcasser à Ottawa pour sortir cette dame de son enfer iranien, à votre avis?

  • Johanne Fontaine - Inscrite 14 septembre 2016 10 h 07

    100 jours à Evin; une initiative

    Ben quoi, Homa, faut comprendre,
    c'était nos vacances!
    Et puis, par-dessus le marché,
    vous êtes féministe...

  • Nicole Delisle - Abonné 14 septembre 2016 10 h 26

    Pourquoi encore fermer les yeux?

    Pourquoi ces pays délinquants et tortionnaires font-ils encore des affaires avec le reste du monde? Ils devraient être tout simplement isolés et laissés à eux-mêmes.
    Transiger avec eux, c'est les encourager à continuer leurs basses œuvres de non-respect de la personne. Ils devraient payer le prix de leur idéologie de "je m'en fous!"
    Ce système anti-démocratique qui utilise une fausse justice et la torture devraient être banni de tous les pays dits civilisés. Tant que l'Occident va fermer les yeux le régime continuera de se délecter de sa dictature. Les changements peuvent être pensables quand ils seront abandonnés à leur sort. Alors, la population se mobilisera
    pour du changement. Arrêtons d'être complice de ces bourreaux!

  • Michel Lebel - Abonné 14 septembre 2016 11 h 02

    Qu'elle soit libérée!

    Ne faisons pas de la petite politique avec l'emprisonnement de Mme Hoodfar en Iran. Tout doit être fait pour la sortir le plus rapidement de ce pays.

    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne, UdM et UQAM

  • Jules Desrosiers - Abonné 15 septembre 2016 03 h 16

    Pitié!

    Quelle tristesse, quelle misère! C'est inhumain !
    J'en appelle au bon sens, j'en appelle à la pitié, j'en appelle au droit!
    Il s'agit d'une personne humaine, comme vous et moi.
    Laissez ma voisine rentrer chez elle!
    Jules Desrosiers