Une journaliste qui a couvert les manifestations accusée au criminel

Cette photo datant du 3 septembre dernier montre des Sioux et leurs partisans devant des pelles mécaniques sur un site de construction d’un controversé pipeline au Dakota du Nord.
Photo: Robyn Beck Agence France-Presse Cette photo datant du 3 septembre dernier montre des Sioux et leurs partisans devant des pelles mécaniques sur un site de construction d’un controversé pipeline au Dakota du Nord.

Une journaliste américaine, de passage ce week-end au Canada pour le Festival international du film de Toronto, fait l’objet d’un mandat d’arrêt aux États-Unis pour s’être introduite avec des centaines de manifestants sur un site de construction d’un controversé pipeline au Dakota du Nord.

Amy Goodman, journaliste engagée et animatrice de l’émission Democracy Now (« Démocratie maintenant »), diffusée sur le Web, a couvert le 3 septembre une importante manifestation contre le passage du pipeline Dakota Access près de la réserve sioux Standing Rock. Son reportage, diffusé mardi, est devenu viral et montre des agents de sécurité de Dakota Access utiliser des chiens de garde contre les manifestants autochtones.

Photo: Facebook Amy Goodman

Mme Goodman se trouvait à Toronto ce week-end pour la présentation du film All Governments Lie (« Tous les gouvernements mentent »), samedi. Dans un tweet, la militante altermondialiste Naomi Klein a écrit, dimanche : « Je viens de parler à Amy Goodman — elle est en sécurité, de retour du Canada. Aux États-Unis pour gérer toute cette connerie. »

Le mandat d’arrêt contre Mme Goodman, délivré par l’État du Dakota du Nord, a été publié en ligne par des journalistes américains. On peut y lire que la journaliste fait face à des accusations criminelles pour une intrusion effectuée le 3 septembre. « C’est une violation inacceptable de la liberté de presse. Je faisais mon travail », a écrit la principale intéressée sur son site de nouvelles alternatives.

Le reportage militant intitulé « La compagnie Dakota Access Pipelines attaque des autochtones américains avec des chiens et du poivre » semble montrer la journaliste suivre de près des centaines de manifestants au-delà de la clôture érigée par la compagnie, faisant reculer des bulldozers. Les images de confrontation avec les agents de sécurité de la compagnie, d’une grande violence, sont entrecoupées d’entrevues avec des manifestants.

Tracé controversé

Le projet de 3,8 milliards de dollars est destiné à relier Stanley, village du Dakota du Nord situé à 90 km de la frontière avec la Saskatchewan, à Patoka, en Illinois, traversant aussi le Dakota du Sud et l’Iowa. Le pipeline de la compagnie Energy Transfer Partners est conçu pour transporter 500 000 barils de pétrole brut par jour.

Les affrontements de cette semaine font suite à plusieurs mois de manifestations là où le pipeline doit traverser la rivière Missouri, soit juste en amont de la réserve Standing Rock. Le site est revendiqué par les Sioux comme un lieu de sépulture traditionnel. Un camp a été dressé par les manifestants, qui accueillent depuis la mi-août des autochtones de partout aux États-Unis, selon les médias locaux.

C’est une violation inacceptable de la liberté de presse

Vendredi, le département américain de la Justice a suspendu les travaux de construction sur une trentaine de kilomètres de part et d’autre du Missouri, considérant que la communauté sioux n’a pas été suffisamment consultée dans le processus fédéral d’approbation du pipeline.

Cette suspension est survenue à peine quelques minutes après qu’un juge eut rejeté la demande d’injonction de la nation sioux, qui mène aussi sa bataille devant les tribunaux. The Atlantic a révélé qu’au lieu d’attendre la décision de la Cour sur la demande d’injonction, Dakota Access a poursuivi les travaux, détruisant certains sites archéologiques. En plus de l’importance culturelle du lieu, les manifestants craignent qu’une éventuelle fuite compromette la qualité de l’eau, source des 8000 résidants de la réserve.

1 commentaire
  • Gilles Théberge - Abonné 12 septembre 2016 12 h 20

    J'ai vu ce reportage sur internet qui a fat l'objet d'une large diffusion fort heureusement.

    Quand on voit ces représentants de la compagnie arriver avec les chiens, on se dit qu'ils sont prêts à tout...

    Il faut que ce soit vu par le plus de monde possible. Bientôt chez nous ce sera la même chose.

    Et comme Trudeau le fils de l'infâme semble vouloir faciliter les oléoducs, il faut qu'on sache qu'elles méthodes ils sont prêts utiliser.

    Ces hommes n'ont qu'un dieu, l'argent.