Congés parentaux: relance des négociations

Gatineau — Québec et Ottawa se sont formellement engagés hier à relancer des négociations dans le but de mettre sur pied, «le plus rapidement possible», un programme plus généreux de prestations pour les femmes enceintes et les parents de nouveaux-nés.

Mais du même souffle, le ministre fédéral des Ressources humaines, Joseph Volpe, a confirmé que le gouvernement fédéral en appellera du jugement rendu le mois dernier par la Cour d'appel du Québec, qui déclarait inconstitutionnel le régime actuel mis en place par Ottawa. «Nous sommes demeurés d'accord pour que le fédéral prenne ses propres décisions au sujet de la Cour d'appel du Québec», a déclaré M. Volpe à l'issue d'une rencontre avec Claude Béchard, ministre québécois de la Solidarité sociale et de la Famille.

«Ce sont des questions juridiques qui vont être finalisées par la Cour suprême, a-t-il ajouté. Mais nous allons continuer à travailler ensemble.»

Québec s'est ainsi engagé à présenter rapidement à Ottawa des «paramètres» pour encadrer les pourparlers qui s'amorcent. Le ministre Volpe a quant à lui promis de soumettre ces paramètres au cabinet fédéral et d'obtenir en retour un mandat clair pour la suite des négociations.

Cette reprise du dialogue survient au moment où les libéraux de Paul Martin tentent de faire oublier la colère populaire suscitée par le scandale des commandites, qui risque d'affecter leurs résultats lors des prochaines élections, attendues à la mi-mai.

Le ministre Béchard s'est d'ailleurs montré enthousiaste sur une résolution rapide du litige avec Ottawa. «Sans fixer d'échéancier, je vous dirais que c'est une question de semaines ou de mois, a-t-il avancé. On espère en arriver à une entente le plus rapidement possible.» M. Béchard n'a pas voulu se fixer d'objectif précis quant au montant qu'il espérait soutirer d'Ottawa pour mettre sur pied son propre programme de congés parentaux. Il a toutefois convenu que le montant de 650 millions, avancé par le précédent gouvernement péquiste, demeurait valable. «On ne peut pas arriver aujourd'hui et dire: on a besoin de 600 quelque millions, de 622 ou de 623 millions, a soutenu Claude Béchard. Ça fera partie des discussions.»

Le ministre québécois s'est aussi gardé de s'indigner du fait qu'Ottawa en appelait du jugement de la Cour d'appel. Il n'a même pas voulu voir la victoire de Québec devant ce tribunal comme un levier lors des négociations. «Bien sûr, il y a eu la décision de la Cour d'appel, a-t-il reconnu. C'est un élément de plus, mais peu importe les éléments que nous aurions entre les mains, s'il n'y avait pas cette volonté commune que nous avons aujourd'hui de régler ce dossier pour les familles québécoises, il n'y aurait pas de discussions possibles. Et on trouverait sans doute d'autres raisons de ne pas s'entendre.»