Ce qu’il ne fallait pas manquer cette semaine

Des policiers de l'escouade antiémeute prennent position devant des partisans de Jean Ping à Libreville, mercredi.
Photo: Marco Longari Agence France-Presse Des policiers de l'escouade antiémeute prennent position devant des partisans de Jean Ping à Libreville, mercredi.
Des controverses présidentielles au Brésil et au Gabon à la visite diplomatique du premier ministre canadien en Chine, en passant par la suspension des audiences publiques de l'ONÉ et un changement de statut pour les bélugas du Saint-Laurent, voici ce qu'il ne fallait pas manquer cette semaine dans l'actualité.


Photo: Evaristo Sa - Agence France-Presse

Cette semaine marque un tournant dans la politique du Brésil. Au terme d’une longue et controversée procédure de destitution, le Sénat du pays a voté mercredi pour écarter définitivement du pouvoir la présidente de gauche Dilma Rousseff, jugée coupable de crimes de responsabilité et, notamment, de maquillage des comptes publics.

Sur les 81 parlementaires, 61 ont voté pour sa destitution alors que 20 ont voté contre.

Quelques heures après la décision, Michel Temer, ancien vice-président de Mme Rousseff devenu son rival, a prêté serment au Sénat et est devenu président intérimaire du Brésil, mettant fin à 13 ans de gouvernements de gauche dans le plus grand pays d’Amérique latine.

Michel Temer hérite toutefois d’un Brésil toujours en crise. Le parti qu’il dirige, le PMDB (centre droit), est, tout comme le Parti des travailleurs de Mme Rousseff, coincé dans des scandales de corruption.

Quant à Dilma Rousseff, qui conserve malgré tout ses droits civiques, elle a promis à ses partisans de revenir à la charge contre ce qu’elle a qualifié de « gouvernement putschiste ». La présidente destituée a d’ailleurs interjeté appel de la décision jeudi auprès de la Cour suprême afin d’annuler le jugement du Sénat et de tenir un nouveau procès.

À lire aussi : « Une gauche qui s’est égarée », de notre éditorialiste Guy Taillefer.

Photo: Adrian Wyld - La Presse canadienne
 

Le premier ministre Justin Trudeau a entamé mardi une mission diplomatique de dix jours en Chine. Lors de son séjour, il s’arrêtera à Pékin, Shanghai, Hong Kong et Hangzhou pour y transmettre le message d’un Canada ouvert à la mondialisation et au commerce.

Le premier ministre canadien a parlé d’un « nouvel âge d’or » pour les relations entre le Canada et la Chine. Relations qu’il souhaite « relancer », après une décennie de règne conservateur marquée par des rapports sino-canadiens plutôt tièdes.

Toutefois, ces années ont aussi vu une croissance fulgurante du commerce entre les deux pays, dont Le Devoir a dressé une brève chronologie.

À Shanghai, jeudi soir, M. Trudeau a évoqué la délicate question des droits de la personne, insistant sur les bienfaits de la liberté d’expression, valeur cardinale au Canada selon lui, ainsi que de la bonne gouvernance.

Il s’est aussi montré optimiste sur les effets positifs qu’un rapprochement entre les deux pays pourrait avoir en Chine, notamment en ce qui concerne la primauté du droit et la gouvernance, mais aussi l’amélioration de la réputation de cette dernière sur la scène internationale.

Le premier ministre Trudeau participera au sommet du G20, qui se tiendra à Hangzhou les 4 et 5 septembre. Sa mission diplomatique doit prendre fin le mercredi 7 septembre.


Photo: Marco Longari - Agence France-Presse

L’annonce officielle de la réélection d’Ali Bongo Ondimba à la présidence du Gabon a débouché dans la nuit de mercredi à jeudi sur d’importants affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, notamment dans la capitale, Libreville.

La commission électorale a donné vainqueur le président sortant Ali Bongo, 57 ans, pour un deuxième septennat, avec 49,8 % des voix contre 48,2 % à son opposant Jean Ping, 73 ans, ex-cacique du régime du défunt Omar Bongo. Soit un mince écart représentant à peine 5594 voix, sur un total de 627 805 inscrits, dans ce petit pays pétrolier de 1,8 million d’habitants. Un résultat rapidement contesté par le camp Ping, qui réclame un deuxième dépouillement.

Les partisans de l’opposition sont massivement descendus dans la rue, où des heurts ont éclaté. « Jean Ping président », « On nous a volé les élections », ont scandé les manifestants, visant Ali Bongo, qu’ils accusent de perpétuer la dynastie commencée par Omar Bongo, resté pendant 41 ans au pouvoir, et poursuivie avec l’élection d’Ali Bongo en 2009.

Assemblée nationale incendiée, quartier général de l’opposition encerclé et fouillé par l’armée, émeutes et pillages dans les villes : le pays a été porté au bord du chaos dans les heures suivant l’annonce du résultat.

La tension reste vive dans le pays. Malgré les pressions de la communauté internationale et de l’opposition, le président Bongo s’est montré ferme jeudi et a rejeté la responsabilité des violences, qui ont fait au moins trois morts, sur des « groupuscules formés à la destruction ». Plus d’un millier d’interpellations par les forces policières ont aussi été annoncées par le gouvernement gabonais à la suite des violences.

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

L’Office national de l’énergie (ONE), dont la crédibilité est de plus en plus remise en question, a décidé mardi de suspendre jusqu’à nouvel ordre les audiences publiques sur le projet de pipeline Énergie Est. Suspension qui doit permettre de décider du sort de deux des trois commissaires qui ont rencontré Jean Charest alors que celui-ci agissait comme consultant pour TransCanada, entreprise responsable du projet de pipeline.

Les audiences publiques, qui débutaient lundi, ont été perturbées par des manifestants opposés au projet d’oléoduc, forçant leur annulation pour la journée.

La décision a été saluée mercredi par le maire de Montréal, Denis Coderre, qui continue de croire que la métropole n’a pas besoin d’un nouvel oléoduc. M. Coderre souhaite que les audiences soient réorganisées autour de nouveaux commissaires.

Le ton était encore plus ferme du côté de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, selon laquelle l’ONE devrait tout simplement mettre un terme à l’examen du projet Énergie Est.

Au niveau fédéral, le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, a insisté sur l’importance de l’indépendance et la neutralité de l’ONE, semblant partager l’avis du maire Coderre sur la nécessité de nommer de nouveaux commissaires pour l’exercice.

Quant à TransCanada, l’entreprise a réagi rapidement après l’annonce de la suspension des audiences et a dit attendre « les directives de l’ONE quant à la suite des événements ».



Photo: Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM)


Des avis scientifiques l’avaient recommandé et c’est maintenant chose faite : le béluga de l’estuaire du Saint-Laurent changera de statut sur la liste des espèces en péril. Selon l’annonce officielle du gouvernement fédéral faite mercredi, le béluga passera d’espèce menacée à espèce en voie de disparition.

La décision fait suite au constat par les scientifiques d’un déclin dans cette petite population de cétacés, passée de 1000 individus au début des années 80 à environ 880 aujourd’hui.

Ce nouveau statut légal s’accompagne d’une protection améliorée en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Il pourrait ainsi aller à l’encontre de projets économiques majeurs qui nécessiteront un trafic maritime accru dans des zones hautement fréquentées par les bélugas.

Ottawa devra en outre mettre en place un plan de rétablissement, conjointement avec de nombreux acteurs liés au milieu.

Le déversement de certains polluants, les bouleversements dans l’écosystème du Saint-Laurent ainsi que le dérangement continuel dont sont victimes les bélugas seraient en cause dans la dépopulation de l’espèce.