Canada: les Autochtones surreprésentés dans les refuges pour sans-abris

À l’échelle nationale, les refuges atteignent 92 % de leur capacité chaque nuit, une augmentation de 10 points par rapport à 2005.
Photo: David Afriat Le Devoir À l’échelle nationale, les refuges atteignent 92 % de leur capacité chaque nuit, une augmentation de 10 points par rapport à 2005.

Ottawa — Les refuges pour itinérants au pays sont 10 fois plus utilisés par les Autochtones que par la population en général, et ce taux grimpe à 20 fois pour les aînés autochtones.

De nouvelles données fédérales sur la fréquentation des quelque 200 refuges d’urgence pour sans-abris au pays indiquent que les Autochtones y sont toujours surreprésentés, peu importe la région.

Sur quelque 137 000 itinérants recensés, près de 3000 sont des vétérans et 45 820 d’entre eux sont des Autochtones, révèlent le recensement fédéral, qui a analysé les données de 200 refuges sur une période de 10 ans.

Présence des vétérans


C’est la première fois que le gouvernement fédéral tente d’estimer le nombre d’Autochtones qui fréquentent les refuges d’urgence pour sans-abris, mais aussi le nombre d’anciens combattants qui sont sans domicile fixe au Canada.
 

Les chercheurs du gouvernement estiment ainsi que 2950 vétérans fréquentent les refuges d’urgence, soit 2,2 % de la fréquentation totale. Jusqu’ici, les chercheurs chiffraient à 2250 le nombre d’anciens combattants qui fréquentent les refuges. Ces vétérans étaient en règle générale des hommes, plus âgés par ailleurs que les autres usagers des refuges, qui ont en moyenne 40 ans.

Par contre, la nouvelle étude révèle que plus de la moitié des anciennes combattantes qui ont fréquenté les refuges pour sans-abris avaient moins de 30 ans.

Séjours plus longs

À l’échelle nationale, les refuges atteignent 92 % de leur capacité chaque nuit, une augmentation de 10 points par rapport à 2005. Les auteurs du rapport notent que la capacité globale du système d’hébergement d’urgence du Canada, qui est d’environ 15 000 lits, n’a pas changé de façon significative depuis 2005.

Alors que le nombre total d’utilisateurs des refuges a diminué, la durée de leur séjour est devenue plus longue. Les familles et les personnes âgées, par exemple, sont susceptibles de rester plus de trois semaines dans des abris par rapport à une moyenne de neuf jours en 2005.

« Le fait que les gens restent plus longtemps dans les abris est un mauvais signe, parce que ça va coûter plus cher. Plus une personne reste longtemps en situation d’itinérance, plus sa vie se détériore et plus il est difficile de lui redonner un toit et une stabilité », a déclaré Stephen Gaetz, directeur de l’Observatoire canadien sur les sans-abri.