Boutique de cannabis démantelée à Québec

Le nombre de clients de la boutique dépassait les 2000 personnes.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le nombre de clients de la boutique dépassait les 2000 personnes.

Le Service de police de la Ville de Québec a arrêté jeudi au moins six employés de la boutique de cannabis Weeds dans le centre-ville de Québec. Le propriétaire disait pourtant pouvoir mener ses activités grâce à une zone grise dans les lois fédérales.

La boutique, située sur la rue Saint-Joseph, acceptait de vendre de la marijuana à quiconque présentait une prescription, quelle qu’en soit la nature. La police de Québec lui reproche toutefois de ne pas avoir obtenu de permis de Santé Canada pour mener ses activités.

« Il n’y a pas de contrôle par Santé Canada », a expliqué le commandant Sylvain Gagné, alors que la perquisition se poursuivait jeudi midi.

La boutique appartient à Michel Dumond. Elle fait partie de la chaîne de magasins Weeds Glass and Gifts, détenus par l’homme d’affaires Don Brière. Cet ardent défenseur de la légalisation de la marijuana, qui a déjà fait de la prison pour trafic, possède une vingtaine d’établissements au pays. Récemment, M. Dumond a dit vouloir ouvrir deux nouveaux établissements à Québec pour répondre à la demande. À Montréal, une boutique devait aussi ouvrir ses portes en septembre sur la rue Ontario, dans Hochelaga.

Nombreux clients

L’intervention de la police a attiré son lot de curieux jeudi, dont de nombreux clients. « C’est un coup d’épée dans l’eau », a lancé l’un d’eux en évoquant le fait que la marijuana doit bientôt devenir légale au pays.

Le nombre de clients de la boutique dépassait les 2000 personnes. Selon plus d’une source, les prix y étaient plus élevés que sur le marché noir, mais les consommateurs pouvaient choisir le type de produit (et d’effet souhaité) en évitant les mauvaises surprises, a expliqué un habitué.

Un autre client doté d’un permis de Santé Canada pour raisons médicales a fait valoir que les produits qui étaient vendus sur Saint-Joseph étaient de moins bonne qualité que ceux qu’il se procure via le service gouvernemental pour sa maladie.

La police a saisi tout le matériel contenu dans l’établissement. Six employés ont été arrêtés et deux autres arrestations devaient suivre. Ils sont accusés de possession de stupéfiants et de trafic. Aucun client n’a été arrêté.

Concernant la soi-disant zone grise dans la loi et la légalisation annoncée par le gouvernement Trudeau, M. Gagné rétorque que c’est « la prétention » du propriétaire qu’une telle zone grise existe.

« Nous, en collaboration avec Santé Canada, le ministère de la Justice et la Direction des poursuites criminelles, on a monté un dossier depuis juin et on a les éléments de preuve qui nous permettent de faire la perquisition. »

Le gouvernement Trudeau s’est engagé à légaliser la consommation de marijuana à des fins récréatives au printemps 2017. Les modalités de la future loi restent toutefois à dévoiler.

Au Québec, l’établissement Weeds était le premier du genre à faire son apparition. Des perquisitions comme celle de jeudi ont toutefois été menées ailleurs au Canada ces derniers mois dans des clubs compassion, notamment à Toronto et Saskatoon.