Les écoles font de bons incubateurs à radicaux

Les chercheurs du Centre de prévention de la radicalisation ont examiné le cas du Collège de Maisonneuve, mais leurs conclusions valent pour toutes les maisons d’enseignement du Québec selon eux.
Photo: Valerian Mazataud Le Devoir Les chercheurs du Centre de prévention de la radicalisation ont examiné le cas du Collège de Maisonneuve, mais leurs conclusions valent pour toutes les maisons d’enseignement du Québec selon eux.

Les écoles du Québec représentent un terreau fertile pour la radicalisation d’élèves en quête de sens. Entre 20 et 30 jeunes Québécois bien éduqués et issus de la classe moyenne ou supérieure, dont la moitié est des femmes, se sont rendus en Syrie pour combattre avec le groupe armé État islamique.

La majorité de ces jeunes, et un nombre important d’autres ayant cherché à se rendre en Syrie, ont été manipulés par des « agents de radicalisation », qui profitent de la quête identitaire des étudiants pour les amener à prôner la violence.

De tels agents extérieurs de radicalisation, qui agissent « le plus souvent aux frontières de la légalité », ont été à l’oeuvre au Collège de Maisonneuve entre 2013 et 2015, révèle un rapport du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV). Cette étude détaillée décrit les circonstances ayant mené 11 étudiants du collège à se rendre en Syrie ou à tenter de s’y rendre pour mener la « guerre sainte » contre le régime du dictateur Bachar al-Assad.

Les chercheurs du Centre de prévention de la radicalisation ont examiné le cas du Collège de Maisonneuve, mais leurs conclusions valent pour toutes les maisons d’enseignement du Québec selon eux. Ils affirment que d’autres établissements sont aux prises avec des élèves radicalisés, sans vouloir les nommer.

« La radicalisation en milieu scolaire, c’est un enjeu au Québec », dit Benjamin Ducol, responsable de la recherche au CPRMV. La radicalisation, c’est d’abord dans les écoles que ça se passe, explique-t-il. « Il y a très peu de cas d’autoradicalisation. Ça prend toujours une influence extérieure [pour mener à l’islam radical]. »

Genèse d’une radicalisation

Les experts du CPRMV indiquent que le Collège de Maisonneuve a pris les mesures qui s’imposent pour ramener la paix sociale entre ses murs. La direction a cependant échoué durant deux ans à calmer des tensions qui ont éclaté entre un groupe d’étudiants radicalisés, influencés par un ou des prédicateurs, et le reste de la communauté du collège, révèle le rapport.

Le document ne mentionne nulle part le nom du prédicateur Adil Charkaoui, qui a eu accès à des locaux au collège avant que l’établissement mette fin à l’entente, au cours des derniers mois. Le rapport ne fait pas mention non plus de l’imam Hamza Chaoui, que le maire Denis Coderre a dénoncé à cause de ses idées extrémistes.

Les chercheurs du CPRMV ont établi la genèse de la radicalisation au Collège de Maisonneuve en menant une série d’entrevues avec des élèves qui sont allés en Syrie ou qui ont tenté d’y aller, avec leurs parents, leurs amis, des professeurs et des membres de la direction. Ils ont aussi interrogé des représentants d’autres maisons d’enseignement, sans nommer lesquelles.

Le rapport dresse un portrait des Québécois tentés par l’islam radical : ce sont des jeunes de 20 ans et moins. Fait à noter, plusieurs couples se convertissent ensemble. Ces gens sont issus de familles peu religieuses et connaissent mal les religions. Nés au Québec ou arrivés au pays en bas âge, ils ont été élevés dans des familles de la classe moyenne ou aisée.

La joie par le djihad

Ces jeunes ont « le goût de l’aventure, de se sentir utiles, de donner un sens à leur vie ». Plusieurs des élèves radicalisés rêvent de devenir médecins ou infirmières, note le document. Plusieurs disent aller en Syrie pour faire du travail humanitaire.

Les djihadistes subissent un choc en débarquant au Moyen-Orient. Ils découvrent un pays en ruines, sans électricité ni eau courante, où toutes les factions se livrent à des massacres. Au Québec, des prédicateurs charismatiques les avaient pourtant convaincus qu’ils allaient défendre de pauvres musulmans victimes de l’impérialisme occidental.

« Il y avait un prêcheur qui n’arrêtait pas de dire que nous étions des hypocrites de rester là sans rien faire, alors que nos frères et nos soeurs musulmans étaient tués en Syrie. Il ne nous incitait pas directement à partir là-bas, mais c’était comme pour nous faire sentir coupables de ne rien faire », raconte un proche de jeunes Québécois partis vers la Syrie, cité dans le rapport.

Comme les « gourous d’une secte », ces prédicateurs sont des maîtres de la manipulation, notent les experts du Centre de prévention de la radicalisation. Ces gourous ciblent les jeunes les plus vulnérables, qui vivent une crise d’identité — l’adolescence est en soi une crise. Ils donnent à ces jeunes l’impression d’appartenir à un groupe et les incitent à rompre avec leur famille et leurs amis.

Avant de partir en Syrie, tous les jeunes radicalisés ont abandonné leurs études. La seule chose qui compte, c’est le djihad. Se comporter comme de « vrais » musulmans.

Les autres, tous ceux qui continuent de vivre hors des préceptes de l’islam radical, deviennent des « infidèles », des « mécréants ».

Sources de frustrations

« Dans bien des cas, ces agents de radicalisation ont considérablement participé à attiser la colère, à “semer la haine”, en insistant sur le rejet collectif des musulmans et de l’islam de la part de la société québécoise, ainsi que sur l’impossibilité pour ces jeunes musulmans d’affirmer leur identité musulmane au Québec », indique le rapport.

Le débat sur la charte des valeurs, mis en avant en 2013 par le gouvernement du Parti québécois, a créé une énorme frustration au sein de la communauté musulmane. Ce débat est sain en démocratie, mais les musulmans ont été la cible de commentaires déplacés de la part du public, explique-t-on. De plus, « certains débats [autour de la charte] ont été instrumentalisés par des agents de radicalisation », dit Herman Deparice-Okomba, directeur du CPRMV.

Autre source de frustrations au Collège de Maisonneuve : la direction a accordé le droit à un groupe d’élèves de prier dans un local qui était inoccupé. Un autre endroit de méditation, de prière et de rencontres religieuses, appelé la Source, a été toléré dans une cage d’escalier. Des membres du personnel et des élèves ont été choqués par ces entorses à la neutralité religieuse d’une institution d’enseignement. Le climat s’est envenimé au collège. L’accès aux locaux de prière a été retiré au début de l’année 2015, quand il a été connu que des élèves du collège s’étaient convertis au djihad.

34 commentaires
  • Jacques Morissette - Abonné 20 août 2016 06 h 59

    Je trouve que l'analyse est plutôt superficielle. Pourquoi des «agents de manipulations» arrivent à manipuler ces jeunes? Ces agents profiteraient de la quête d'identité de ces jeunes pour les manipuler? Quant à moi, la nature a horreur du vide, ainsi ces jeunes se laissent appâter par ces manipulateurs parce qu'il y a en eux un vide, qui n'est pas simplement quête d'identité, mais entre autres une solitude qui les habite, un sentiment de solitude qui pèse.

    Un ami m'avait dit une fois, parlant de son enfance, mon père m'avait présenté un de ces amis, très enthousiaste, il s'intéressait à ses lectures, lui qui aimait lire, etc. Il m'avait confié ceci : dans mon sentiment, c'est simple, j'aurais bien aimé qu'il eût été mon père. Ici, au font, ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Plein d’autres raisons peuvent expliquer pourquoi ces jeunes se laisseraient séduire par ce genre de choses en soi très démoniaque? Lisez Jean-Jacques Rousseau, plutôt que de lire des auteurs un peu simpliste disant que les humains sont des méchants par nature. Quand ils deviennent méchants, c'est qu'un besoin ou un autre n'est pas vraiment comblé.

    Mille et une raison peuvent pousser ces jeunes, il y a une quête d'identité aussi, à se laisser manipuler. C'est juste pour dire que les jeunes sont peut-être un peu plus complexes que certains experts pourraient penser. Quant à moi, les jeunes sont comme des arbres dans un jardin, ils ont peut-être besoin aussi d'un jardinier qui peut s'occuper d'eux, au besoin. Ces agents manipulateurs, probablement un peu plus vieux qu'eux, jouent peut-être un rôle très dévastateur à cause du manque? Sur ce plan, je sais que vous n'aimerez pas, ils sont comme les animaux de la nature. Ils ont besoin d'apprendre des adultes, d'être conseillé, etc, le tout dépendant de la façon dont les adultes proches s'y prennent, et surtout les aiment.

    • Jean-Serge Baribeau - Abonné 20 août 2016 11 h 09

      À mon humble avis, beaucoup d'adultes ont démissionné face à leur responsabilité d'être des agents de transmission et d'éducation.

      JSB, sociologue

    • Johanne St-Amour - Abonnée 20 août 2016 12 h 07

      Mais qui sont ces prêcheurs? On parle du terreau fertile des écoles, mais on passe complètement sous silence les prêcheurs! La prévention ne commencerait-elle pas par ces agents de radicalisation?

      Je suis suprise également qu'on parle de la charte des valeurs comme prétexte pour les jeunes radicalisés. Quel est le prétexte des jeunes radicalisés de l'Ontario, du Manitoba, de l'Alberta et d'autres provinces?

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 20 août 2016 13 h 46

      Voyons Johanne, toutes les analyses, les études, les rapports, etc en arrivent toujours à la même conclusion: c'est la faute au PQ.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 21 août 2016 07 h 53

      Le directeur du CPRMV, M. Deparice-Okomba affirme : «Le débat sur la charte des valeurs, mis en avant en 2013 par le gouvernement du Parti québécois, a créé une énorme frustration au sein de la communauté musulmane.» Mais quelle généralisation!

      M. Deparice-Okomba parle au nom de toute la communauté musulmane alors que plusieurs musulmans étaient pour la charte, pour la laïcité. Cette partie de la communauté musulmane qu'on n'entend pas, entre autres, parce que plusieurs ont peur de s'afficher comme tel face aux autres musulmans réprobateurs.

      De plus, le CPRMV semble affirmer que les autorités judiciaires n'ont aucun pouvoir face aux agents de radicalisation qui agissent « le plus souvent aux frontières de la légalité». Donc, impossible de régler le problème à la «source»? Extrêmement rassurant!

  • François Dugal - Inscrit 20 août 2016 07 h 33

    Les incubateurs

    Les écoles québécoises sont des incubateurs qui forment une jeunesse paresseuse et sans jugement. En "normalisant" les notes et en baissant les exigences pédagogiques pour atteindre les seuils de diplomation décrétés par les eunuques pédagogiques de notre cher ministère de l'Éducation, des Loisirs et des Sports, l'éducation québécoise produit des jeunes sans jugement et sans logique, habitués à avoir "tout cuit dans le bec" sans faire d'efforts.
    Ils sont vulnérables?
    Affirmatif, mon colonel.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 20 août 2016 10 h 25

      Mais Monsieur Dugal, on parle de radicalisation.

      Par ailleurs, je viens de prendre connaissance d'une partie du rapport du Centre de radicalisation et je suis sidérée et outrée de ce que j'y lis:

      «D’ailleurs, les radicaux peuvent jouer un rôle très positif – tant dans leur communauté que dans un contexte politique plus large. À preuve, la plupart de nos progrès sont le résultat d’une certaine forme de radicalisation : Martin Luther King, Gandhi ou encore le mouvement des suffragettes furent tous considérés, en leur temps, comme des éléments « radicaux » par rapport aux revendications et au contexte dans lesquels ils ont pu exister.»

      Combien de personnes ont tué ou voulu tuer Martin Luther King, Ghandi et les suffragettes?

      Martin Luther King luttait pour la paix et les suffragettes luttaient pour l'égalité de droits. Et que dire de Ghandi, dirigeant politique et guide spirituel, «un pionnier et un théoricien du satyagraha, de la résistance à l'oppression par la désobéissance civile de masse, fondée sur l'ahimsa, « non-violence » (Wikipedia)!

      De toutes façons, le terme radicalisation pose problème. Ces jeunes ne sont pas radicalisés, ils sont embrigadés pour une guerre qui ne dit pas son nom.

      Quelle «commande» ces auteurs ont-ils reçu? La banalisation du phénomène? Là, ils viennent d'éclabousser des personnes nobles et dignes et minimiser les desseins de l'EI.

    • Christian Labrie - Abonné 20 août 2016 13 h 46

      Je pense que vous ne devez pas avoir d'enfant pour avoir tant de préjugés. Et ce n'est pas un jeune qui parle mais un père.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 20 août 2016 16 h 02

      Le terme radicalisation en fait est très mal choisi. On devrait davantage parler d'embrigadement! On éviterait ainsi d'écrire qu'il y a des radicalisés non violents et des violents. Et mettre des hommes et des femmes qui ont travaillé pour l'avancement des droits, soit des Noirs, soit des femmes, soit pour l'indépendance de l'Inde pratiquement en comparaison avec des intégristes islamistes. Qui eux, ne sont jamais nommés!

      Le rapport du Centre de prévention de la radicalisation souligne, page 55-56, également que les demandes d'«adaptation» du religieux à l'école (un mot plus «doux» pour ne pas parler d'accommodements!) pose problème et que «l'accommodation de la pratique confessionnelle est un besoin réel».

      Une imploration pour un certain retour du religieux à l'école? En permettant aux élèves d'avoir des locaux de prière. Mais qui demande ces locaux?

  • Eric Lessard - Abonné 20 août 2016 07 h 46

    Un école peu productrice de sens

    Un des problèmes de notre système scolaire, c'est qu'il est bien peu producteur de sens. Les élèves devraient apprendre notamment certaines valeurs comme le respect d'aurtui et le respect des différences.

    Or souvent, les professeurs ont tendence à se limiter à la matière à enseigner et osent rarement aborder les problématiques sociales.

    Quels élèves peuvent répondre à des questions aussi simples que ce qu'est la civilisation occidentale, quels on sont ces valeurs, que-ce que le société québécoise, etc.

    Quand on voit par exemple le problème de l'intimidation dans les écoles, on voit bien que le système a du mal à gérer ce genre de problématiques.

    Les profs sont à l'aise pour enseigner des conceps abstraits, des règles de calcul ou de grammaire, mais pour tout ce qui concerne le sens de la vie, les valeurs fondamentales d'une société, les conflits sociaux, la politique, les problèmes identitaires, souvent on évite le sujet car on veut rester neutre, mais l'élève se retrouve alors sans défense face à des manipulateurs qui ont beau jeu, car il sait que l'élève, dans son ignorance de la géopolitique mondiale et autres faits sociaux, est d'une facilité déconcertante à manipuler.

    • Maryse Veilleux - Abonnée 20 août 2016 08 h 18

      Je pense exactement comme vous, et j'ajouterais que le peu de considération de l'État (ministère de l'éducation) pour les cours de religion, philosophie et tous les autres qui poussent à la réflexion, pour que l'individu se construise comme personne sociale, sont dévalorisés et jugés peu utiles. Rappelez-vous de monsieur Couillard qui a reproche aux parents de politiser leurs enfants lors des chaînes humaines devant les écoles. Le Québec tel qu'on le connait, par son présent gouvernement, veut faire de ses citoyens des cancres faciles à contrôler. Et j'ajouterais, lorsque l'on regarde le financement des entreprises dans les facultés universitaires, venant biaiser les recherches de niveau doctorat, que l'on veut qu'ils soient des écrous d'un tout dénué de sens.

    • Raymond Lutz - Inscrit 20 août 2016 08 h 32

      J'abonde dans le sens général de votre commentaire, mais le 'sens de la vie' est un concept pas mal abstrait merci. Donc les profs pourraient l'enseigner... s'il le trouvent 8-)

      Ce que nous demandons aux écoles actuelles est de former des consommateurs et des ouvriers. Pas d'eduquer.

      Oh et quand vous aurez trouvé "que-ce que la société québécoise"... vous nous le direz SVP? Puisque pour vous c'est une question simple.

    • Jean-Serge Baribeau - Abonné 20 août 2016 09 h 36

      L'école existe, d'abord et avant tout, pour l'instruction. L'éducation, c'est autre chose, et cela ne relève pas seulement de l'école. Moi, je pense que c'est le vide sociétal qui explique, partiellement, ce qu'on appelle "la radicalisation". Nos sociétés ont peu à offrir. La publicité promet le bonheur "ici et maintenant". Les religions promettaient, et promettent encore, un autre genre de bonheur. Nos sociétés sont désenchantées, et certains jeunes cherchent de la transcendance plus que de la consommation permanente.

      Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias et écrivain public

    • Jean-Yves Arès - Abonné 20 août 2016 09 h 39

      Très bien vu !

    • Hélène Boily - Abonnée 20 août 2016 10 h 17

      M. Lessard, si je peux me permettre, quelle expérience de l'école avez-vous? Certainement celle d'étudiant, mais y avez-vous enseigné, travaillé? C'est que le problème de l'école m'apparaît très complexe. Merci.

    • Stéphanie Rouleau - Abonnée 20 août 2016 10 h 52

      Vous seriez étonné des sujets à portée sociale qui sont abordés en classe par des enseignants autant du primaire, que du secondaire et du collégial. On fait tout de même de la philosophie dans les classes du primaire de nos jours, ce qui n'est pas rien en terme d'évolution. Par ailleurs, l'école ne sert pas à élever les enfants, mais bien à les éduquer. C'est désolant, mais il semble que ce soient les parents qui échouent à inculquer à leurs enfants la valeur du respect d'autrui et des différences, comme vous le dites. Peut-être devraient-ils commencer par la cultiver eux-mêmes.

    • Claude Coulombe - Abonné 20 août 2016 16 h 16

      @Jean-Serge Baribeau

      Votre commentaire m'interpelle! Ces jeunes cherchent un sens à la vie, un sens à leur vie. Ils sont en quête d'identité et d'utilité et la société de consommation n'est pas la réponse. Il veulent sauver le monde!

      Offrons leur un projet de société emballant basé sur des valeurs universelles comme celles de la révolution française « Liberté, égalité, fraternité », la lutte contre la pauvreté, la survie de notre planète, la préservation de l'environnement ou la quête de la vérité scientifique et vous les verrez soulever des montages avec l'énergie de leur jeunesse.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 20 août 2016 18 h 49

      Mme Stéphanie Rouleau frappe dans le mille en mentionnant le rôle crucial des parents et de l‘école dans l’éducation civique des enfants. Quant à moi, je pense qu’on ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 14 ans. On n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre, leur jugement ni leur sens critique. Au Québec, l'article 248 de la Loi sur la protection du consommateur stipule que sous réserve de ce qui est prévu par règlement, nul ne peut faire de la publicité à but commercial destinée à des personnes de moins de 13 ans. Faudrait-il avoir moins de respect pour le cerveau des enfants que pour le portefeuille de leurs parents?

      Il est incroyable de constater que l’on accorde une telle valeur aux croyances le plus souvent farfelues des quelques 40 000 religions qui sévissent dans le monde, et qui sont la source profonde de tant de conflits sociétaux et guerriers.

    • Cyril Dionne - Abonné 20 août 2016 20 h 16

      Je ne suis pas d'accord avec vous M. Lessard. Les cours de philosophie et de sciences sociales n'arriveront pas à contrer l'absence de valeurs sûres dans la vie de ces jeunes. Et il ne faudrait pas oublier, la plupart de ces jeunes sont parmi la première génération de cette immigration musulmane à être née au Québec. Et arrêtons de blâmer les écoles et les autres pour des problèmes qui ont été créés de toute pièce par un multiculturalisme débridé qui nous a conduit à cette dérive communautarisme.

      L'école commence à la maison. Avec un curriculum surchargé, des enfants rois et des parents rois qui veulent que les autres éduquent leurs enfants, voilà la dérive de notre société. Cumulez à cela, la mollesse des entités institutionnelles publiques qui n'arrêtent pas de dire que tout le monde est beau et gentil, ceci nous conduit à la présente situation. C'est le vide existentiel médiatisé sur une échelle sociétale qui a détourné ces générations hyper-individualistes des vrais enjeux qui les guettent puisqu’ils se sont refugiés artificiellement dans le confort vide de la société de consommation et du moi.

      Et présentement, nous sommes infiltrés par des gens qui cultivent la haine et le mépris des autres et c'est toujours plus facile de convaincre des jeunes qui sont en dérive sociale et culturelle. Il faudrait un jour avoir le courage de nommer un chat, un chat. Cette idéologie politico-religieuse qui prêche la haine des autres et qui essaie de s'enraciner en Amérique utilise nos lois, nos chartes et tous les moyens légaux pour y arriver.

      Franchement, dites-le, on sait tous qui était l'agent de radicalisation dans cette institution. Et pour cette religion venue d'ailleurs, tous les moyens sont bons pour convertir. Quel est la différence entre l'odieux concept de filiation (l'endoctrinement des enfants) ou la radicalisation d'adolescent ? C'est bonnet blanc et blanc bonnet.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 21 août 2016 07 h 25

      Madame Veilleux, je ne crois pas que les cours de religion soit aptes à faire de meilleurs citoyens. Des gens comme Nadia El Mabrouk et le groupe Pour les droits des femmes Québec, dénoncent les stéréotypes véhiculés dans les manuels du cours Ethique et culture religieuse.

      D'abord, ces religions étant dirigées par des hommes, les images ou photographies des manuels présentent naturellement davantage d'hommes. Et on y voit plus souvent qu'autrement des femmes qui remplissent des tâches domestiques tandis que les hommes ont des tâches autres. On dirait les «John and Mary» de notre temps parfois!

      Il faudrait également considérer le sexisme des religions où rarement les femmes occupent des fonctions élevées.

      Pourquoi ne pas remplacer par des cours d'éthique et de morale et d'éducation à la citoyenneté? Les valeurs qui fondent une société respectueuse sont universelles et n'appartiennent à aucune religion.

  • Josée Duplessis - Abonnée 20 août 2016 07 h 48

    À mon avis c'Est beaucoup plus ce que les gens en ont fait du débat sur la charte que la charte elle-même.
    C'Est bien plus la molesse que l'encadrement qui a nui.

  • Raymond Lutz - Inscrit 20 août 2016 07 h 52

    La radicalité des jeunes Occidentaux candidats au djihad préexiste à leur islamisation

    dixit Olivier Roy, politologue et spécialiste de l’islam.

    Non, sérieusement, si les jeunes se tenaient en masse dans les ccentres sporifs, on établirait que les centres sportifs sont de bons lieux de radicalisation. Si les jeunes fréquenatient en masse les bibbliothèques municipales, on établiraient que celles-ci sont de bons lieux de radicalisation.

    Les jeunes recrues sont _déjà_ radicalisés. Révoltés contre un système qu'ils ne savent pas comment changer/intégrer. On leur pointeraient le capital comme ennemi, on en ferait des communistes. On leur pointerait l'Islam comme adversaire on en ferait des Croisés. Le nihilisme est la source de la radicalisation.

    Et sans école, il y aurait pas mal plus de jeunes désoeuvrés, découragés, donc plus de radicalisation. Conclusion: l'école est un bon moyen de limiter la radicalisation.