Près de 50 millions pour atténuer les maux de tête des Montréalais

Parmi les grands chantiers en branle dans la métropole, il y a notamment celui du pont Mercier.
Photo: David Afriat Le Devoir Parmi les grands chantiers en branle dans la métropole, il y a notamment celui du pont Mercier.

Disant comprendre la frustration des automobilistes qui ont à circuler dans la région de Montréal, le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal et les autorités concernées dans le domaine du transport ont annoncé jeudi plusieurs mesures pour tenter d’atténuer les difficultés en prévision des chantiers qui se multiplieront cet automne.

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, a annoncé qu’une somme de 46 millions sera consacrée à diverses mesures d’atténuation, qui existent déjà ou qui seront ajoutées, comme la mise en place d’une voie réservée sur l’autoroute Bonaventure en direction du centre-ville et des mesures tarifaires incitatives à l’utilisation du transport collectif, entre autres choses.

Ainsi, 13 lignes d’autobus de la Société de transport de Montréal pourront faire 130 voyages supplémentaires aux heures de pointe.

De même, une somme de 17 millions sera accordée à la STM pour qu’elle achète de nouveaux autobus, particulièrement pour le sud-ouest de Montréal, c’est-à-dire la zone qui sera la plus touchée par les travaux de construction, a signalé le ministre Daoust.

« Il y a beaucoup de ces travaux-là où on se pose la question : est-ce qu’on rénove ou on remplace ? Et quand on en est rendu à l’étape de remplacer, c’est parce qu’on a échappé la période de rénover. Il y a beaucoup de ces travaux-là qui sont dus depuis longtemps », a justifié le ministre des Transports.

« Comprenons bien qu’on a des structures qui sont en fin de vie utile. Vous savez, le pont Champlain, les sommes fabuleuses qui sont dédiées simplement pour le tenir debout jusqu’à tant que l’autre arrive… », a lancé le ministre Daoust en faisant référence au futur pont que construira le gouvernement fédéral entre Montréal et la Rive-Sud.

Chantiers majeurs

Les grands chantiers responsables de ce branle-bas de combat sont ceux de l’échangeur Turcot, du pont Champlain et de l’autoroute Bonaventure, du secteur de l’autoroute 25 et du pont-tunnel Louis-H. Lafontaine, de l’autoroute 720 et du pont Mercier et de l’échangeur Saint-Pierre.

De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a invité les automobilistes et même les citoyens à se montrer compréhensifs, rappelant que ces chantiers auront une fin.

« Je comprends la frustration, souvent, des gens. Je vous incite à la patience, mais je vous invite, surtout, à prendre d’autres moyens de transport et à travailler ensemble pour qu’on puisse faire partie de la solution, comme le covoiturage », a affirmé le maire Coderre.

Parmi les autres mesures annoncées, il y aura également des places de stationnement supplémentaires. Ainsi, d’ici la fin de 2016, on aménagera un stationnement incitatif de 200 places sur les terrains situés à la jonction des autoroutes 15 et 40 avec un service de navette de la STM vers la station de métro Du Collège.

De plus, 200 places seront ajoutées au terminus Le Carrefour, à Laval, 165 au stationnement Montcalm-Candiac, 124 au stationnement Châteauguay et 550 au terminus Panama, près du pont Champlain.

4 commentaires
  • Nicole Delisle - Abonné 18 août 2016 14 h 14

    Un peu tard pour penser aux citoyens!

    Si les travaux s'étaient échelonnés sur le long terme, depuis belle lurette, on n'en serai pas là à gérer en catastrophe et à prendre les gens en otage. C'est la plus mauvaise gestion par des gens incompétents qui ont préféré gouverné en se fermant les yeux sur les problemes et en remettant toujours à plus tard. On voit ce que cela donne aujourd'hui! C'est leur nouvelle façon d'accueillir les touristes et les dignitaires
    du monde entier. Quelle belle initiative! Bravo messieurs, vous méritez le trophée des
    pires gestionnaires au Québec.

    • Jean Santerre - Abonné 19 août 2016 09 h 31

      Mme Delisle, vous êtes très rapide.
      Vous publier un commentaire daté du 18 août pour un article daté du 19!
      Il reste que votre commentaire est pertinent, bien que dans le cas des travaux en question, ce n'est pas de la gestion, c'est une absence de gestion et de la servitude coloniale.
      Cela fait partie de la tyrannie des budgets "équilibrés" et des éternels tiraillements pour savoir qui paie quoi avec l'argent de qui.
      Mais Montréal est sous tutelle provinciale d'un gouvernement tellement fier de faire partie de l'unité canadienne qui ne leur viendrait jamais à l'esprit d'exiger la part qui nous revient pour nos besoins.

  • Robert Bernier - Abonné 19 août 2016 09 h 39

    On aurait voulu tuer Montréal ...

    On aurait voulu tuer Montréal qu'on n'aurait pas fait autrement et ça fait à peu près 10 ans que ça dure. Des cônes oranges partout, des rues barrées partout, des détours plus ou moins bien indiqués partout, des signalisations presqu'incompréhensibles pour le (non)stationnement partout. Comment voulez-vous qu'un visiteur de l'étranger s'y retrouve? Encore chanceux, pour l'industrie du tourisme, que les visiteurs n'aient pas encore renoncé à visiter Montréal.

    Robert Bernier
    Mirabel

    • Jean Richard - Abonné 19 août 2016 12 h 16

      Pour tuer Montréal, il suffisait de ne pas investir dans un réseau moderne de transport en commun, desservant d'abord et avant tout la ville. Et voilà : on les a négligés les transports en commun. Les derniers développements majeurs, la ligne bleue, remontent à 30 ans.

      Comme si ne pas investir et moderniser ne suffisait pas, on a laissé dépérir le réseau d'autobus (pour s'en débarrasser un jour). Sans voies dédiées et mesures préférentielles, l'autobus devient de plus en plus lent, prisonnier d'une congestion toujours grandissante. Il devient une sorte de mal aimé (alors que c'est l'inverse dans certaines villes) et c'est voulu. La STM est une société publique qu'on aimerait bien voir disparaître au profit du privé, ce n'est pas un secret.

      Mais Montréal a résisté, au grand désarroi de Québec (l'état, pas la ville). Une lente, timide mais sensible réappropriation de l'espace urbain commence à poindre dans certains quartiers. La vie urbaine n'est pas morte et c'est ça que les touristes vont venir partager. Les grands chantiers périurbains n'ont rien de si dissuasif pour eux. Ils en ont vu d'autres (dans des villes où on a mis le tramway moderne sur ses rails, ça a été précédé par des chantiers majeurs de 3 à 4 ans en moyenne, ce que les gens ont accepté en échange d'une mobiilté urbaine améliorée).