Une foule de citoyens d’origine chinoise se rassemble contre la violence

Les manifestants  sont venus déposer fleurs et bougies devant l’hôtel de ville en hommage à Zhang Chaolin, 49 ans, père de deux enfants, mort vendredi après cinq jours de coma.
Photo: Alain Jocard Agence France-Presse Les manifestants  sont venus déposer fleurs et bougies devant l’hôtel de ville en hommage à Zhang Chaolin, 49 ans, père de deux enfants, mort vendredi après cinq jours de coma.

« On a trop subi, ça suffit » : une foule d’habitants d’origine chinoise s’est rassemblée dimanche devant la mairie d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis, en France), en mémoire d’un Chinois décédé après une agression et pour protester contre la violence dont ils se disent la cible. « La violence empire d’année en année », a affirmé Seneque, 22 ans. « Là, c’était M. Zhang, mais ça aurait pu être moi », a ajouté cet étudiant en statistiques qui vit à Aubervilliers.

Les manifestants — 4000 selon les organisateurs — sont venus déposer fleurs et bougies devant l’hôtel de ville en hommage à Zhang Chaolin, 49 ans, père de deux enfants, mort vendredi après cinq jours de coma. Cet homme, couturier de profession selon sa famille, avait été agressé le 7 août par trois personnes, alors qu’il marchait en compagnie d’un ami, lui aussi d’origine chinoise, dans une rue d’Aubervilliers. Cette ville du nord-est de Paris compte une importante communauté issue de ce pays, active dans le secteur du textile.

Un « crime raciste abject »

« Il a reçu un coup de pied au sternum et est tombé lourdement. Sa tête a sans doute heurté le trottoir, ce qui lui a occasionné un traumatisme crânien », avait expliqué une source proche du dossier. Selon elle, les agresseurs « voulaient voler la sacoche de l’autre homme ».

Une enquête, confiée à la sûreté territoriale de Seine-Saint-Denis, a été ouverte pour homicide involontaire. Une autopsie doit être pratiquée. « Cette barbarie criminelle ne peut pas rester impunie », a tweeté la présidente du Front national Marine Le Pen, au lendemain de la mort de Zhang Chaolin. La maire PCF d’Aubervilliers, Meriem Derkaoui, a dénoncé un crime au « mobile crapuleux » et au « ciblage raciste ». Stéphane Troussel, le président PS du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, a fustigé un « crime raciste abject ».

Une pétition pour dénoncer les « agressions anti-asiatiques » a été lancée sur le site Change.org. Elle avait recueilli près de 8000 signatures dimanche après-midi. Les signataires demandent aux élus « des propositions et des initiatives fortes ».

À l’initiative de la municipalité, une centaine de personnes s’étaient réunies jeudi soir devant la mairie d’Aubervilliers, ville de 80 000 habitants où vivent entre 3 000 et 4 000 habitants d’origine chinoise selon Ling Lenzi, conseillère municipale Les Républicains.