Béchard tentera d'atteindre les objectifs de Place à l'emploi

Le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, a confirmé hier que son opération Place à l'emploi n'a toujours pas permis aux nouveaux demandeurs d'aide sociale d'être dirigés vers Emploi-Québec dans un délai de 24 heures, mais plutôt en six semaines.

Devant cette embardée révélée vendredi dernier par Le Devoir, le ministre Béchard entend corriger le tir et s'assurer que l'objectif consistant à remettre le plus rapidement possible en action les assistés sociaux est bien compris. Dès la semaine prochaine, il rencontrera «sur le terrain» les dix-sept directions régionales de la Sécurité du revenu et d'Emploi-Québec pour vérifier à la source l'origine du problème. Mais, d'ores et déjà, son équipe au ministère lui a expliqué qu'il y aurait des problèmes de cueillette et de traitement des données informatiques.

«Ça ne répond pas aux attentes qu'on avait, mais on maintient le cap. J'ai demandé à avoir d'ici deux semaines la situation dans chacun des centres locaux d'emploi pour savoir qu'est-ce qui accroche [...]. Si c'est une question de compressions, de ressources, chacun des représentants des CLE va me le dire et on va regarder les moyens pour le régler si c'est réglable», a indiqué Claude Béchard.

Depuis la mise en application de Place à l'emploi en juillet dernier, seulement 13 % des prestataires de l'aide sociale ont reçu le service gouvernemental en 24 heures. Et, parmi toutes les personnes admissibles au service de référence, seulement 41 % ont été dirigées vers Emploi-Québec pour être accompagnées dans une démarche de recherche d'emploi ou de formation.

Ce n'est que la semaine dernière que le ministre a pris connaissance des ratés de Place à l'emploi, même si, depuis décembre, il soutient sur toutes les tribunes publiques que cela fonctionne. Selon M. Béchard, c'est à Montréal que le fonctionnement de l'opération est le plus cahoteux.

Par ailleurs, le ministre s'est dit dérangé par l'application subjective de certains critères discriminatoires pour ne pas rediriger certains demandeurs d'aide sociale. L'évaluation réalisée par le ministère indique que, lorsque les personnes sans contrainte à l'emploi ont une charge familiale, connaissent des problèmes de transport ou viennent de divorcer, la Sécurité du revenu juge qu'elles n'ont pas «une chance raisonnable de s'intégrer en emploi».

«Peut-être qu'il y a trop de personnes qui arrivent et qu'on se dit qu'on n'est pas capable de tout faire en même temps. [...] Mais je veux qu'on rencontre tout le monde en 24 heures, indépendamment de leur situation. Par la suite, peut-être que, pour certaines personnes, c'est plus compliqué que pour d'autres et que ça demande plus d'effort», a affirmé M. Béchard.

Quant aux sanctions financières qui devaient être imposées aux assistés qui ne déploient pas assez d'effort pour décrocher un emploi ou s'inscrire à l'une des mesures actives d'Emploi-Québec, le ministre Béchard a donné l'assurance qu'il n'y avait eu aucun virage. «J'ai toujours mentionné qu'il n'y aurait pas de pénalité d'appliquée si nous on n'était pas prêt à répondre en 24 heures et à offrir des programmes. L'objectif n'est pas d'augmenter le nombre de pénalités, mais d'appliquer la loi telle qu'elle est si on est capable de répondre aux besoins. C'est à ça qu'on s'attelle», a fait valoir Claude Béchard.