Un premier Canadien pourrait être poursuivi en vertu de la loi contre le tourisme sexuel

Vancouver — Un employé d'hôtel de Vancouver pourrait devenir le premier Canadien à être poursuivi en vertu de la loi contre le tourisme sexuel.

Lors de son arrestation, en décembre, dans un parc d'un quartier défavorisé de la ville, Donald Bakker avait en sa possession une caméra et des bandes vidéo qui comportaient des images de violence impliquant des prostituées, mais également des images montrant divers actes sexuels commis avec de jeunes enfants de l'extérieur du Canada. L'enquête sur cette affaire a «des ramifications internationales», avait déclaré la police.

Bakker, qui est marié et a un enfant, est sous le coup de cinq chefs d'accusation d'agressions sexuelles armées et d'un chef de séquestration de trois femmes. L'enquête porte aussi sur au moins neuf enfants d'Asie du Sud-Est.

La police a fait savoir qu'elle pourrait porter 25 accusations de plus et que celles-ci pourraient inclure des chefs d'accusation relevant d'une disposition rarement invoquée et relativement nouvelle du Code criminel. Cette disposition sur le tourisme sexuel, entrée en vigueur en 1997, permet de poursuivre des Canadiens au Canada s'ils ont agressé ou exploité sexuellement des enfants hors du Canada.

Une première

Aucune poursuite n'a encore été intentée au Canada en vertu de cette loi depuis son entrée en vigueur, a indiqué Carole Morency, du ministère de la Justice à Ottawa. À l'étranger, par ailleurs, des Canadiens ont été poursuivis avec succès.

De 1996 jusqu'au printemps dernier, une soixantaine de Canadiens sont soupçonnés d'avoir molesté des enfants à l'étranger, a déclaré Mme Morency. Ces agresseurs sont poursuivis en vertu des lois du pays où les accusations ont été portées contre eux.

Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Reynald Doiron, des Canadiens auraient effectivement été poursuivis et reconnus coupables: un à Cuba, trois au Mexique, un au Costa Rica et un au Guatemala. À sa connaissance, il n'y aurait eu à ce jour aucune condamnation en Asie.

Mais, en vertu de la loi sur le tourisme sexuel, le Canada peut poursuivre un suspect si celui-ci rentre au Canada et que le pays étranger transmet les preuves dont il dispose, a dit M. Doiron.